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vendredi, février 3, 2023

Une anomalie algérienne : les entreprises les moins rentables sont celles qui offrent les meilleurs salaires aux travailleurs

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C’est une véritable anomalie économique. Une anomalie purement algérienne. Dans notre pays, les entreprises les moins rentables sont celles qui offrent les meilleurs salaires aux travailleurs algériens. C’est du moins ce que l’on peut conclure d’une vaste enquête menée récemment par l’Office National des Statistiques (ONS). Explications.  

En effet, d’après les résultats de cette enquête menée en 2019 auprès de plus de 700 entreprises, le secteur public affiche des salaires moyens plus élevés par rapport au privé : le salaire mensuel net moyen est de 58.400 dinars dans le secteur public, alors qu’il n’est que de 34.100 dinars dans le secteur privé, soit une différence de 24.300 dinars.

La même enquête nous apprend, par ailleurs, que le salaire net moyen mensuel d’un cadre est de 88.600 dinars dans le secteur public, contre 73.700 dinars dans le privé, celui d’un agent de maîtrise est de 64.100 dinars, contre 38.000 dinars dans le privé et enfin le salaire d’un agent d’exécution dans le public est de 40.100 dinars contre 26.900 dinars dans le privé, détaille la même enquête menée par l’ons.

« Ce niveau « relativement élevé » du salaire dans le public s’explique par l’existence, dans ce secteur, de certaines entreprises importantes en termes d’effectifs et de chiffres d’affaires avec un système de rémunération « avantageux ». C’est le cas notamment des entreprises activant dans les industries extractives (secteur des hydrocarbures et services pétroliers), les transports et communications et les activités financières », ont expliqué à ce propos les experts de l’ONS. Or, leur explication ne tient pas du tout la route pour la simple raison que Sonatrach et ses filiales sont les seules entreprises publiques effectivement rentables dans notre pays dégageant des bénéfices.

Or, tout le groupe Sonatrach emploie seulement 200 mille employés à travers 154 filiales. C’est une infime partie des 4,09 millions de travailleurs, soit 37% de la population occupée qui est de 11,048 millions de travailleurs, absorbée par le secteur public. En clair, les salaires des employés de Sonatrach ne peuvent en aucun justifié l’énorme différence qui sépare le secteur public du secteur e privé en Algérie.

Ce dernier emploie, rappelons-le, plus de 6,95 millions de travailleurs, soit 63% de l’emploi total en Algérie. En vérité, si les salaires des travailleurs du secteur étatique sont anormalement plus élevés par rapport au privé, c’est principalement en raison du soutien financier excessif accordé par l’Etat algérien aux entreprises étatiques. Un soutien qui se traduit par des lignes de crédit quasiment illimitées et des subventions publiques renflouant sans cesse les caisses de ces entreprises régulièrement déficitaires.

Ce soutien financier octroie toujours une trésorerie confortable aux entreprises étatiques qui peuvent, ensuite, se permettre d’offrir des avantages onéreux à leurs employés alors que la productivité est aux abonnés absents et la rentabilité de l’entreprise tout bonnement inexistante. Ces salaires élevés du secteur public sont donc une pure absurdité sur le plan économique parce qu’ils ne correspondant à aucune création de richesse ou une quelconque productivité positive pour le pays. Pour rappel, sur les près de 1000 entreprises étatiques que compte encore l’Algérie, plus de 900 sont déficitaires et ne survivent que grâce aux subventions publiques et crédits des banques étatiques.

Signalons enfin que l’administration publique (hors secteur sanitaire) est le 2e secteur qui emploie le plus grand nombre des travailleurs en Algérie avec pas moins de 1,73 million d’employés (15,7%). Le 4e plus grand secteur employeur en Algérie est celui de la santé et l’action sociale avec 1,56 million (14,1%) de travailleurs. Ces deux secteurs sont presque entièrement étatiques. C’est dire que la majorité des emplois créés par le secteur public ne sont pas créés dans les secteurs productifs de l’industrie ou des services tournés vers l’innovation.

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3 COMMENTS

  1. Une économie, qui est ni ouverte ni fermée, un « truc » hybride ou la redistribution se fait par la rente par médiocrité, paresse, manque d’ambition, népotisme, incompétence , vision/ stratégie, qui ne crée ni de richesses (par opposition elle en détruit) ni valeurs ajoutées , ne peut se faire dans le social le plus dégradant pour acheter la paix sociale en tuant l’esprit Entreprenarial, la méritocratie, la compétence, la valeur travail!!! On a des exemples criant de manque de courage, de vision/stratégie, de reculades comme les dossiers des subventions, Open Sky ( vs Air Algerie), l’industrie (notamment automobile), la gestion de l’eau et des énergies,… A cela on rajoute les différents extrémismes qui bloquent l’évolution politico economique du pays en plus des Compradores, comme les Islamistes, les Berberistes et l’Ultra Gauche dont les points communs sont le dogmatisme, l’arrierisme, l’obsolescence, le populisme primaire et le passéisme!