Tarek Harkat et plusieurs officiers de la gendarmerie nationale condamnés à la prison ferme dans un nouveau scandale inédit

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Les affaires scabreuses se multiplient au sein de la gendarmerie nationale en Algérie. Ce dimanche 31 janvier, le tribunal militaire de Blida a condamné plusieurs officiers gradés et anciens structures stratégiques de ce corps sécuritaire à de la prison ferme pour leur implication dans un nouveau scandale inédit consistant à fuiter de documents, d’informations classées « secret défense », d’affaires d’escroquerie, d’abus de confiance et de trafic d’influence.

Tarek Harkat, l’ex-patron de la brigade de recherche et d’investigation de la gendarmerie nationale de Club-des-Pins, affiliée à la section de recherches de la compagnie de gendarmerie de Chéraga, figure parmi les premiers officiers condamnés ce dimanche par le tribunal militaire de Blida. Tarek Harkat a écopé d’une peine de 3 ans de prison ferme.

Tarek Harkat  a été relevé de ses fonctions au mois d’août 2020. Il a été ensuite interpellé dans le cadre d’une vaste enquête sur des réseaux de corruption dans lesquels sont impliqués de nombreux hauts responsables de la gendarmerie nationale. Cette enquête avait débouché sur des révélations scabreuses sur l’ampleur dramatique de la corruption dans les rangs de la gendarmerie nationale et ce depuis le limogeage brutal le 3 août 2020  de l’ex-commandant de la gendarmerie algérienne, le général-major Abderrahmane Arrar.

La chute de Tarek Harkat a entraîné, ensuite, celle du Procureur de la République principal près le tribunal de Chéraga, Alaeddine Bouchiba. Ce dernier a été relevé de ses fonctions et remplacé par un nouveau Procureur de la République à partir du 17 août 2020. Tarek Harkat et Alaeddine Bouchiba sont cités dans le gros scandale judiciaire qui implique également le milliardaire et député FLN Abdelmalek Sahraoui.

Au début du mois de mars dernier, le procureur Alaeddine Bouchiba en complicité avec Tarek Harkat ont monté de toutes pièces un dossier judiciaire contre une dizaine de personnes qui menaçaient les intérêts mercantiles et politiques du député milliardaire Abdelmalek Sahraoui. Tarek Harkat a fabriqué des PV d’audition totalement bidonnés permettant ainsi au Procureur de la République principal près le tribunal de Chéraga, Alaeddine Bouchiba d’inculper sans aucune preuve palpable des personnes innocentes dont le seul tort est de faire l’objet d’une forte animosité cultivée par le milliardaire Abdelmalek Sahraoui.

Aujourd’hui, Tarek Harkat a fini dans une cellule de prison après avoir été à l’origine de l’incarcération arbitraire de plusieurs innocents qui ont dérangé les intérêts de ses amis et protecteurs des milliardaires ou des politiciens véreux.

Ce dimanche, le tribunal militaire de Blida a condamné également l’ex-commandant du groupement de la gendarmerie d’Alger, le colonel Abdelkader Boukhalda , à 4 ans de prison ferme. Ces officiers de la gendarmerie algérienne ont été reconnus coupables d’avoir créé une « bande organisée » ou une « association de malfaiteurs » avec l’ex-joueur de l’ASO Chlef et du club saoudien Najran SC, Farid Cheklam.

Ce dernier avait été arrêté le 9 août 2020 dans le cadre d’une vaste enquête menée par la Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée (DCSA) sur une « bande criminelle en lien avec des instigateurs à l’intérieur et à l’extérieur du pays et pour une affaire d’argent corrompu ».

Ce dimanche 31 janvier, l’ancien joueur de l’équipe nationale a été également condamnée à trois ans de prison ferme. Soulignons enfin que plusieurs sources sécuritaires ont assuré à Algérie Part que Farid Cheklam était lié au chef de Groupement territorial de la Gendarmerie nationale d’Alger avec lequel il manoeuvrait secrètement pour « arranger » les affaires privées de certains businessmans véreux. Farid Cheklam est accusé aussi, soulignent les mêmes sources sécuritaires, d’avoir entretenu des échanges suspects avec l’entourage du général « corrompu » Ghali Belkecir, l’ex-commandant de la gendarmerie nationale, en fuite à l’étrange depuis la fin de l’été 2019. Cette affaire a fait couler beaucoup d’encre en été 2020 avant de disparaître totalement des radars jusqu’à ce que le tribunal militaire de Blida rende officiellement son verdict ce dimanche.

 

 

 

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