Le général-major Mahfoud, l’énorme déception

0
1603

Le malaise ne cesse de croître dans les bureaux de la Direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE), à savoir le renseignement extérieur algérien, l’un des bras armés des services secrets algériens. Pendant plus de 7 ans de règne du général-major Bouzit Youcef, déchu et incarcéré récemment à la prison militaire de Blida comme il a été rapporté dans les révélations d’Algérie Part, les jeune officiers de la DDSE ont connu toutes les formes de persécution, les brimades et d’injustice à cause de la politique malsaine et clanique de ce haut gradé considéré comme le fossoyeur des talents du renseignement extérieur qui subit aujourd’hui une inquiétant déchéance morale. 

Le général-major Youcef Bouzit et pendant 7 ans a instauré le clanisme, le favoritisme, l’intimidation et la marginalisation des compétences. Youcef Bouzit subissait énormément l’influence des simples sous-officiers ou officiers épaulés par la haute sphère du pouvoir algérien. Il était un général qui ne souciait que de ses intérêts personnels au détriment de ceux du pays, mais les bouleversements ayant ébranlé le pays depuis 2019 ont permis l’arrivée de Kamel Remli à partir  d’avril 2019 à la tête de la DDSE.

Ce jeune colonel qui a pris les commandes du renseignement extérieur algérien en dépit des circonstances délicates qui prévalaient dans le pays à l’époque, s’est lui-aussi rapidement retrouvé otage des officiers malintentionnés qui l’ont vite transformé en un tremplin pour concrétiser leurs ambitions carriéristes et leurs fins personnelles. Le colonel Kamel Remli va rester à peine une année à la tête de la DDSE et sous égide, rien de bon ou de salutaire ne fut accompli.

Mais le pire est arrivé lorsque le général-major Youcef Bouzit est rappelé à partir d’avril 2020 par le nouveau régime à la tête du renseignement extérieur algérien fragilisé d’ores et déjà par de multiples crises et dysfonctionnements chroniques. Ce retour a suscité énormément de désespoir au sein des officiers les plus jeunes et honnêtes de la DDSE.

Dès son arrivée, Youcef Bouzit a juré de se venger et de sévir contre tous les officiers qui ont refusé de cautionner ses manoeuvres individualistes qui nuisaient à l’intérêt suprême du pays. Le dossier libyen a pu dévoiler tout au long de l’année 2020 la médiocrité et l’inefficacité de ce général-major prétendument présenté comme le meilleur expert algérien du Sahel et de Libye. De purs fantasmes sans aucun fondement.

Fin janvier 2021, Youcef Bouzit est « dégagé » et remplacé par le général-major Mahfoud,Nour-Eddine Mekri. L’espoir renaît au sein des troupes de la DDSE car cet officier supérieur est présenté comme « sage », cultivé, intellectuel et expérimenté.

Malheureusement, 3 mois après sa prise de fonction, cet espoir s’évapore et le général-major Mahfoud a suscité une nouvelle grande déception. Malade, très âgé, manquant cruellement de charisme, le vieux général se laisse rapidement dominé par des officiers réhabilités par l’institution militaire dans des conditions troublantes en raison de leur passé sulfureux et leur implication dans de nombreux scandales de corruption ou de trafic d’influence.

Le général-major Mahfoud a fait finalement pire que Youcef Bouzit. Il s’est entouré uniquement de certains officiers recommandés par des hauts responsables de l’Etat-Major de l’ANP ou de la Présidence de la République. La méritocratie, la compétence, l’intelligence, le goût du travail, toutes ces valeurs ont été effacées par ce vieux général qui a vite déçu et fait craindre une énième déchéance au renseignement extérieur algérien.

Régulièrement absent à cause de sa maladie handicapante, le général-major Mahfoud déserte ses responsabilités et cède de plus en plus son pouvoir à des officiers qui ont collectionné les échecs durant leur carrière sans oublier leur implication dans divers scandales politiques ou financiers. Il s’agit du colonel Boualem Bendhina, du colonel Hocine Hamid, du colonel Issam, du lieutenant-colonel Ramel alias Tarek Amirat, etc., tous ces officiers sur lesquels Algérie Part a fait de nombreuses révélations fracassantes ont aujourd’hui pris le pouvoir au sein d’une DDSE méconnaissable et affaiblie par autant de médiocrité et d’immoralité.

Au lieu de défendre la sécurité nationale et de se dresser contre les menaces potentielles en provenance de l’étranger, la DDSE traque les journalistes exilés, les opposants pacifiques esseulés, espionnent leurs familles, exercent des pressions sur leurs enfants ou harcèlent leurs proches. Un spectacle désolant qui dure depuis l’arrivée d’un vieux général impuissant et malade. Au sein du sérail algérien, des voix s’élèvent de plus en plus pour appeler au départ du général-major Mahfoud et au redressement du renseignement extérieur dans un contexte de « guerre » que livre l’Algérie sur plusieurs fronts géopolitiques. Une guerre dans laquelle elle est privée de son principal bras armé, à savoir le renseignement extérieur, qui est préoccupé uniquement par la neutralisation des opposants algériens à l’étranger en s’en prenant à leurs familles esseulées et infortunées.