Confidentiel. Méga-projet du phosphate de Tébessa : les autorités algériennes font marche arrière à la suite des révélations d’Algérie Part

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Les autorités algériennes ont décidé de faire marche arrière concernant le choix de l’heureux bénéficiaire qui va réaliser le méga-projet du phosphate de Tébessa, présenté comme le plus grand projet industriel enivsagé en Algérie depuis ces 30 dernières années. A la suite des révélations détaillées d’Algérie Part, le ministère algérien de l’Energie a annulé la cérémonie de signature d’un protocole d’investissement avec la société chinoise Wuhuan Engineering. Cette cérémonie était prévue hier mardi 28 décembre à Alger et l’évènement devait permettre au gouvernement algérien d’annoncer officiellement le lancement du le projet phosphatier intégré (PPI) de Tébessa. 

Cette annonce a été ainsi reportée et l’accord avec Wuhuan Engineering a été annulé à la suite d’une instruction communiquée en toute urgence par le Premier-ministère au ministère de l’Energie, a confirmé Algérie Part au cours de ses investigations. Cette instruction communiquée par Aïmene Benabderrahmane à Mohamed Arkab, le ministre de l’Energie, a exigé le gel de toutes les discussions entamées avec Wuhuan Engineering. Cette décision s’explique par les relations liant Wuhuan Engineering à un autre groupe chinois spécialisé dans le phosphate naturel et les engrais. Il s’agit de la société Yunnan Yuntianhua qui devrait être présente le 28 décembre à Alger pour officialiser cet accord d’investissement autour du PPI de Tébessa.

Or, comme il a été révélé par Algérie Part, Yunnan Yuntianhua est un groupe chinois dominé depuis 2016 par un important actionnaire israélien, à savoir le groupe Israel Chemicals (ICL) qui est entré en janvier 2016 au capital du Chinois Yunnan Yuntianhua. Il avait pris 15 % des parts de ce groupe spécialisé chinois en échange d’environ 250 millions de dollars. Les autorités algériennes ont diligenté discrètement une enquête pour vérifier les informations rapportées et révélées par Algérie Part le 21 décembre dernier.

Et cette enquête a abouti aux mêmes conclusions qui ont été révélées par Algérie Part : Mohamed Arkab et les principaux responsables du ministère de l’Energie ont bel et bien voulu confier l’exploitation de son plus grand gisement de phosphate à un partenaire chinois détenu partiellement par des Israéliens. Une décision qui nuit gravement aux intérêts sécuritaires et géostratégiques de l’Algérie ouvertement hostile à toute normalisation des relations avec Israël et volontairement engagée dans une guerre froide de plus en plus tendue avec le Maroc, l’allié régional d’Israël.

Dans l’espoir de réaliser ce méga-projet de phosphate, le ministère de l’Energie a même envisagé des concessions très onéreuses au profit des partenaires chinois. Il était effectivement question de procéder à la révision de la loi minière 2014-05 du 24 février 2014 pour permettre aux actionnaires chinois d’obtenir pas moins de 61 % des parts de ce méga-projet concédant ainsi uniquement 39 % au partenaire algérien, le groupe Asmidal, filiale de Sonatrach.

A cause de toutes ces pratiques controversées et opaques, le PPI de Tébessa a été une nouvelle fois bloqué, ralenti et gelé au grand dam de l’économie algérienne. La gestion sulfureuse du ministère de l’Energie de ce dossier stratégique est en train de provoquer un sabotage caractérisé du plus grand projet industriel dont dispose le pays.

Ce mercredi 29 décembre, une longue réunion de crise a été organisée au ministère de l’Energie par Mohamed Arkab et ses principaux collaborateurs. Aucune avancée majeure n’a été enregistrée à l’issue  de cette réunion de crise et le gouvernement algérien se dirige tout droit vers un scandale politico-financier d’une ampleur inédite.

Rappelons enfin que la Rédaction d’Algérie Part a fait durant plusieurs semaines de nombreuses révélations sur les anomalies scandaleuses qui entourent la gestion du méga-projet du phosphate de Tébessa. Dans chacune de nos enquêtes et investigations, nous avions expliqué comment de nouvelles manipulations émanant du ministère de l’Energie, noyauté par des lobbys affairistes mercantiles, ont retardé la réalisation de ce méga-projet qui aurait pu créer plus de 50 mille d’emplois directs et pas moins de 150 mille emplois indirects. Algérie Part avait expliqué au cours de ses précédentes investigations que le ministère de l’Energie dirigé par Mohamed Arkab a procédé tout bonnement à la mise à l’écart du géant chinois CITIC alors qu’il était le seul et premier porteur de ce méga-projet nécessitant un investissement colossal de 6 milliards de dollars. Une mise à l’écart dont le seul but était de confier le PPI de Tébessa à la petite société chinoise Wuhuan Engineering adoubée et parrainée par des personnalités influentes issues de l’entourage direct du Président Abdelmadjid Tebboune. 

 

8 COMMENTS

  1. Le plus important c’est que la matiere premiere est en Algerie! C’est une matiere premiere qui se rarifie dans tous le monde et est necessaire pour l’agriculture! Plus il y a un ralentissement plus c’est benefique pour les futures decideurs qui esperons vienderont du peuple.

  2. Donc, ceux qui s’empressent d’accuser Semmar d’agent du makhzen et d’Israël doivent lui faire amende honorable
    « dare-dare » sous peine d’apparaître comme de faux-c…., (à vous de choisir le qualificatif qu’il vaut faut) !

  3. À boussad
    D’accord avec toi pour que les lèches boules fassent des plates excuses à Abdou Semmar pour toutes les insultes et accusations en tout genre portées à son égard.
    Quand aux grabataires ignares et incultes, preuve en est encore une fois avec ce mega projet de phosphate, qu’ils sont dans l’incapacité de gérer quoique ce soit.
    Pauvre Algérie.

  4. Ainsi les actionnaires chinois auraient obtenu pas moins de 61 % des parts de ce méga-projet concédant ainsi uniquement 39 % au partenaire algérien, le groupe Asmidal, filiale de Sonatrach.

    En vérité ce marché laisse songeur. Car ce sont les chinois qui deviennent les principaux bénéficiaires du méga-projet du phosphate de Tébesssa. En fait, ils en deviennent les vrais propriétaires : Ils aménagent le site ; ils construisent les infrastructures et les usines de transformation, ils mettent en place les systèmes de conditionnement, ils commercialisent les produits et les exportent suivant leur propre filière.

    Comme nous leur devons déjà 3 milliards de $ US (peut-être plus) et que nous n’avons pas un centime pour faire le plus petit investissement, ils nous avanceront les capitaux sous forme de prêts. Lesquels, s’ils ne sont pas remboursés en argent sonnant et trébuchant, seront remboursés sur la part des ventes des phosphates qui nous reviendraient théoriquement. Enfin la situation de l’économie mondiale milite pour que le montant initial de 6 milliards de dollars US d’investissement soit revu à la hausse.

    Pour plus d’informations il suffit de se reporter aux contrats que nos grands amis chinois ont signés avec le Zimbabwe (Pays sous domination économique chinoise depuis des années et dont l’économie actuelle est en faillite), le Gabon, la RDC et le fameux contrat du siècle signé par Kabila, et de nombreux autres pays africains.

    Qu’est ce qui caractérise la gouvernance actuelle? Notre économie est faible et fragile comme les institutions internationales l’ont mise à jour. Nos négociateurs semblent ne pas avoir les compétences nécessaires devant les énormes enjeux pour notre pays que ce méga projet va engendrer. Nous vivons une situation de politique intérieure indécise, aggravée par la covid 19, le changement climatique, la démographie. Et surtout une classe dirigeante inadapté à l’époque que nous vivons.

    Ainsi, nous livrons notre économie aux chinois alors que la mise en concurrence de firmes internationales auraient amenée plus de clarté dans les tenants et aboutissants de cette négociation. D’autant que l’opinion publique algérienne n’y comprend rien.

    Considérer qu’une entreprise chinoise dont un actionnaire est israélien ne peut en aucun cas investir en Algérie est un non sens. Sachant que la Chine et l’entité juive entretiennent depuis longtemps des relations économiques et scientifiques intenses. Bon nombre d’entreprises chinoises ont pour actionnaires des israéliens surtout dans la haute technologie.

    Peut-être qu’il faudrait chercher d’autres raisons dans la suspension de la signature de ce marché. Au niveau de la gouvernance peut-être ?

  5. Selon les déclaration du patron de Sonatrach du 02 décembre 2021, il y’a eu plusieurs offres de partenaires étrangers, et pas que chinois.
    Les conditions imposées aux différents soumissionnaires sont
    – l’expérience dans le développement et l’exploitation des mines et du phosphate,
    – la transformation des quantités de phosphate et d’ammoniaque,
    – la production des engrais outre l’expérience dans le domaine de commercialisation des produits finis,
    et si possible la justification d’un réseau international de distribution des engrais
    Quand à la règle du 51/49, elle a nous fait perdre du temps et de l’argent pour rester poli
    Aucun investisseur étranger ne prendra le risque de venir investir des milliards de $ ( ou même des millions de $) ,de rester minoritaires et de ne pas pouvoir rapatrier la partie des dividendes lui revenant
    Ce projet très important pour l’économie algérienne qui a une obligation de se diversifier et rapidement sinon c’est la faillite ….oui la faillite…
    Mr Semmar défend la société CITIC, société sélectionné par Mr commission, Ould Keddour de l’ère Boutef…
    Le Groupe CITIC n’a jamais été écarté du nouveau appel d’offre bien au contraire mais il a été mis en concurrence avec d’autres multinationales ( Chinoise, américaine, et indonésienne)
    Les américains ( ou les occidentaux) n’accepteront jamais de financer tout ou partie de ce projet avec cette règle du 51/49, les chinois si, car ils ont des moyens de se faire payer autrement au pays de la Tchipa

  6. Exact, Mohamed Arkab a bien dit qu’il y avait eu plusieurs offres de partenaires étrangers mais Mohamed Arkab n’a jamais dévoilé qui étaient les autres soumissionnaires.

    Il n’a pas non plus indiqué qu’elle a été la procédure qui avait été mise en place. Est-ce la procédure classique d’Appel d’offre ou le recours à la procédure du Gré à gré qui permet, en cas de manque de soumissionnaires de traiter avec seul un partenaire qu’on aura préalablement choisi.
    Ou plus sérieusement de choisir une société chinoise tout simplement.

    D’autre part, pour un tel marché en Algérie, si une société occidentale avait postulé, beaucoup de journaux en aurait rendu compte dans leur rubrique économique. Car ces sociétés à actions n’hésitent pas à communiquer sur leurs projets comme sur les marchés qu’elles conquièrent. Il est vrai que dans le monde des affaires, tout le monde sait que notre pays est dans la main de la Chine.

    Maintenant si vous connaissez les noms des personnes qui composent le groupe d’experts en charge d’évaluer les propositions qui ont été présentées, ce serait extraordinaire car dans le cas de l’Autoroute Est-Ouest, on n’a jamais su. Le peuple n’a rien à voir dans leurs affaires n’est ce pas?

    Il est vrai que le peuple se suffit d’être Champion de monde arabe de foot, le reste c’est trop compliqué.
    Bonne soirée à vous.