Une enquête démontre que les Algériens ne font pas confiance aux médicaments fabriqués localement

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Les Algériens font majoritairement confiance aux médicaments importés depuis l’étranger et se méfient énormément des médicaments fabriqués localement, nous apprend une enquête de terrain menée par des chercheurs et universitaires algériens à Oran et dont les résultats ont été publiés en 2018 par International Journal of Business & Economic Strategy, une prestigieuse revue académique diffusée par l’International Publisher & C.O (IPCO), une organisation qui promeut la recherche Scientifique et technique dans le monde entier, sans aucune discrimination. Il agit comme un Pont entre les jeunes et les professionnels expérimentés à travers des revues scientifiques.

Cette étude algérienne a été menée par Ouardia DJELOUAT et Chérif LAHLOU, deux chercheurs universitaires de la Faculté des Sciences Economiques, Commerciales et des Sciences de gestion de l’Université d’Oran Mohamed Ben Ahmed 2. Ces chercheurs algériens ont étudié de près le comportement des patients algériens dans plusieurs pharmacies de la ville d’Oran à travers des questionnaires bien fouillés contenant au moins 13 questions diverses sur la nature des médicaments achetés ou consommés par les patients algériens qui se rendent dans les pharmacies de la ville d’Oran, deuxième ville du pays.

Et c’est au cours de cette enquête de terrain que les deux chercheurs algériens ont constaté que le « choix d’une manière générale d’un médicament se fait pour plus de la
moitié de la population étudiée pour son efficacité, et que la plus part préfèrent plus précisément les médicaments importés pour leur efficacité », nous apprennent-ils.

D’après cette source, seule une minorité préfèrent réellement  « les médicaments nationaux ». Et ces patients algériens choisissent les médicaments fabriqués localement en raison de leur disponibilité au niveau des pharmacies étant donné que les médicaments importés sont régulièrement « en rupture de stock ».

Par ailleurs, la même étude de terrain dévoile que 70 % des patients algériens font la différence entre le médicament générique et le princeps. 86 % des clients des pharmacies algériennes préfèrent molécule mère qui est le princeps et se méfient des génériques fabriqués localement en Algérie.

Les malades chroniques algériens, les plus gros consommateurs de médicaments et de traitements médicaux en raison de leurs maladies, préfèrent de loin les médicaments importés au détriment des médicaments made in  Algérie. 67% de ces malades chroniques cherchent les médicaments importés lorsqu’ils se rendent chez leurs pharmaciens. En revanche, 40 % de ces patients ne connaissent pas la différence entre un médicament générique algérien et le médicament original importé depuis l’étranger.

Cependant, 27 % d’entre eux connaissent cette différence et choisissent de manière délibérée les médicaments étrangers parce qu’ils se méfient du générique algérien.

La même étude indique également que  60% des patients algériens ont déjà pris des médicaments de production nationale qu’ils ont qualifié comme étant « inefficaces ».

Au final, seuls les patients souffrant de maladies légères sont satisfaits de la qualité des médicaments fabriqués en Algérie.  44% de ces patients légers choisissent les médicaments made in Algérie. 24 % d’entre eux consomment des produits nationaux en général et 20% seulement consomment  des médicaments génériques conçus en Algérie. La disponibilité de ces médicaments et leurs prix avantageux permettent à ces malades légers de les utiliser en toute sérénité.  Ceci dit, à la lumière des résultats de cette étude de terrain, il s’avère que les producteurs locaux en Algérie doivent encore fournir beaucoup d’efforts pour rassurer les consommateurs et les conquérir une fois pour toute.