L’inquiétant recul des exportations algériennes sur les marchés européens et internationaux

0
975

Faute d’une stratégie de bonne gouvernance et d’un véritable plan d’action pour limiter les dégâts de la pandémie du COVID-19 sur l’économie nationale, l’Algérie est en train de perdre depuis le début de l’année 2020 des parts de marchés très élevées sur les marchés européens en particulier et internationaux en général. Et ces pertes élevées risquent de s’aggraver dans les mois à venir à cause de l’immobilisme qui paralyse le régime algérien incapable d’innover et de préparer une feuille de route de changements afin de moderniser l’économie algérienne. 

C’est  dans ce contexte-là que le montant des exportations algériennes, durant les trois premiers mois de l’année 2020, vers de nombreux pays européens et étrangers ont connu une régression terrifiante par par rapport aux mêmes mois de l’année 2019. Les chiffres officiels de la Direction des Etudes et de la Prospectives des Douanes (DEPD) indiquent effectivement des chutes phénoménales.

En Espagne, l’un des plus importants partenaires commerciaux de l’Algérie, les exportations algériens n’ont pas dépassé les 627 millions de dollars, soit une baisse de      52,83% par rapport à la même période de l’année 2019. Cela signifie que l’Algérie a perdu presque 600 millions de dollars sur le marché espagnol. Cela s’explique, surtout, par le recul des exportations du gaz et du pétrole de Sonatrach vers ce pays européen. Sonatrach noyé dans les problèmes de mauvaise gestion et de clanisme est en train de céder ses parts de marchés à ses concurrents internationaux sur le marché espagnol. Et personne ne réagit face à ces pertes scandaleuses au plus haut sommet du pouvoir algérien.

En Italie, encore un autre important partenaire commercial pour l’Algérie, les exportations algériens ont reculé durant le premier trimestre de l’année 2020 de plus de 33 %. L’Algérie n’a pas pu exporter plus 1.175 milliards de dollars vers ce pays. Là encore, c’est le management défectueuse de Sonatrach et son incapacité d’anticiper les défis du marché italien qui ont provoqué toutes ces pertes sans oublier les aléas du marché mondial du gaz et du pétrole.

L’Algérie a également perdu plus de 31,22 % de ses parts de marchés sur le marché français durant ces trois premiers mois de l’année 2020. En Amérique du Nord, les exportations algériennes sont en train de s’effacer dangereusement puisqu’elles ont reculé de plus de 58 % ! L’Algérie n’a pas pu exporter au-delà de  322 millions de dollars vers les Etats-Unis d’Amérique.

En Belgique, les exportations algériens ont reculé de plus de 18 %. Aux Pays-Bas, durant la même période, elles ont reculé de 14 %. En Inde, les exportations algériens ont reculé durant les trois premiers de l’année 2020 de plus de 32 %. En Grande-Bretagne, ce recul a dépassé les 52 % et l’Algérie a perdu plus de 200 millions de dollars de parts de marchés en Grande-Bretagne. Même en Tunisie, les exportations algériens ont reculé de plus de 30 % durant les trois premiers mois de cette année 2020. La pandémie du COVID-19 ne saurait expliquer à elle seule ces immenses pertes financières pour l’Algérie car le confinement mondial n’a commencé dans la majorité de ces pays que vers la mi-mars, à savoir la fin du premier trimestre. Les pertes de nos exportations sont donc antérieures à la crise du COVID-19.

En attendant le bilan du deuxième trimestre, ni la Présidence algérienne ni le gouvernement n’ont cherché à tirer les leçons de ces bilans financiers très décevants et inquiétants. De janvier à fin mars 2020, l’Algérie n’a pas pu exporter au-delà de 7,6 milliards de dollars. Un montant très dérisoire.