Les sombres pronostics des organismes internationaux pour l’avenir économique et social de l’Algérie

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L’instabilité politique et le sous-développement économique de l’Algérie inquiète fortement les organismes internationaux qui pronostiquent ces derniers jours un sombre avenir social et économique à notre pays. Plusieurs ONG, institutions ou Think Thank réputés à travers le monde ne cessent d’alerter sur la situation préoccupante de l’Algérie, source de dangers multiples pour toute la région de la Méditerranée et l’Afrique du Nord.  

La très influente et célèbre ONG basée à Bruxelles l’International Crisis Group (ICG), spécialisée dans la prévention et la résolution des conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendante, a tiré la première la sonnette d’alarme  dans une importante étude géostratégique sur la situation politique et économique actuelle en Algérie. Dans ce rapport de conjoncture publié le 23 juillet dernier, l’International Crisis Group (ICG) met en très sévèrement en garde contre les conséquences politiques fâcheuses pour l’Algérie d’une détérioration de la situation économique du pays.

Dans son rapport, l’ICG prend bien le soin de souligner que “pour le moment, l’absence d’endettement extérieur montre que l’Etat algérien dispose d’une certaine marge de manœuvre financière”. Partant de constat, l’ICG estime que le scénario libanais d’un défaut de paiement assorti d’une chute de la valeur de la monnaie nationale est encore “peu probable à court terme” en Algérie. Cependant, “l’Algérie risque néanmoins d’être rapidement contrainte de laisser sa monnaie se déprécier et de recourir à l’endettement extérieur”, analysent les experts de l’ICG réputé pour son personnel hautement qualifié, agissant en tant qu’yeux et oreilles du monde face à l’imminence de conflits, et fort aussi d’un conseil d’administration jouissant d’une grande influence et capable de mobiliser une action efficace de la part des décideurs politiques du monde entier.

L’ICG a prévenu ainsi qu’à l’horizon 2023, « la sécurité alimentaire et sociale minimale ne serait plus assurée, ce que le gouvernement cherchera à éviter ». L’avenir ne s’annonce donc pas radieux. Après l’ICG, c’estle cabinet britannique d’analyse et de gestion de risques Verisk Maplecroft qui classe l’Algérie parmi les 37 pays exposés à des troubles sociaux majeurs avant la fin de l’année. Les raisons invoquées: le chômage et la mal vie occasionnés par le Covid-19.

Maplecroft est une société mondiale de conseil en risques et en stratégie basée à Bath, au Royaume-Uni. Son travail comprend l’analyse des principaux risques politiques, économiques, sociaux et environnementaux affectant les entreprises et les investisseurs mondiaux. C’est une référence mondiale dans son domaine. Et pour ce cabinet britannique, l’Algérie pourrait être facilement en proie à des manifestations populaires de masse dans les prochains mois.

Plusieurs autres institutions internationales ne cessent de souligner la fragilité inquiétante de l’Algérie. Une fragilité qui pourrait provoquer sa chute dans une spirale de problèmes très dangereux pour son avenir.  Le 16 avril 2020, la Banque Mondiale a publié une note de conjoncture dans laquelle elle analyse les risques élevés d’une faillite économique en Algérie. « L’Algérie doit faire face à un choc provoqué à la fois par une baisse de moitié des prix du pétrole, une crise de santé publique et les conséquences des bouleversements économiques à l’échelle mondiale à la suite de l’épidémie de COVID-19 », a estimé la Banque Mondiale.

« A 30 dollars le baril de pétrole en 2020, les recettes budgétaires totales de l’Algérie diminueraient de 21,2 %. Malgré la réduction des investissements publics (-9,7 %) et de la consommation publique (-1,6 %) prévue par la loi de Finances pour 2020, le déficit budgétaire augmenterait pour s’établir à 16,3 % du PIB. Parallèlement, la baisse importante des recettes l’exportation (-51 %) entraînera un creusement du déficit commercial qui s’élèvera à 18,2 % du PIB et une détérioration du déficit du compte courant qui atteindra le niveau record de 18,8 % du PIB en 2020, malgré les mesures prises pour limiter les importations et circonscrire les effets de la faible demande intérieure. Les prévisions actuelles tablent sur une contraction du PIB de 3 %, ce qui correspond à un recul de la consommation et l’investissement privés, ainsi qu’à la chute des investissements publics, qui représentent 44 % de la totalité des investissements. Les mesures visant à endiguer la crise de COVID-19 comme la restriction des déplacements et des rassemblements, auxquelles s’ajoutent les fortes incertitudes économiques, décourageront la consommation et l’investissement privés », avait souligné la Banque Mondiale.

Face à ces mises en garde, le régime algérien fait la sourde oreille et fait croire à l’opinion publique internationale et nationale qu’il maîtrise la situation. Un déni de la réalité qui risque d’aggraver le danger. Une inconscience qui fait peur, vraiment peur.