Les autorités algériennes créent de nouvelles complications pour réduire drastiquement les importations à la veille du mois de Ramadhan

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Les autorités algériennes ont décidé de compliquer encore davantage la vie aux importateurs. De nouvelles mesures ont été adoptées brusquement pour rendre encore plus difficile l’acte d’importer depuis l’étranger vers l’Algérie. En effet, Algérie Part a pu confirmer au cours de ses investigations que le ministère du commerce a bloqué de nombreux importateurs en leur exigeant à toute dernière minute et sans aucun avertissement préalable un renouvellement du « certificat attestant du respect », un document administratif incontournable pour effectuer toute opération d’importation pour une société domiciliée en Algérie. 

En effet, ce certificat attestant du respect est délivré par les services des directions du commerce des wilayas et sans ce document administratif, il n’est pas possible de procéder à une domiciliation bancaire au profit d’un importateur désireux d’importer des matières premières ou des produits finis. Régulièrement, cette attestation doit être renouvelée par les importateurs algériens. Or, durant le dernier semestre de l’année 2021, le ministère du Commerce avait gelé le renouvellement de ces attestations ou certificats pour bloquer presque intégralement les importations dans plusieurs secteurs clés de l’économie algérienne.

L’objectif affiché était de réduire clairement la facture salée des importations en devises du pays. A partir de janvier-février 2022, la délivrance de ces certificats attestant du respect a repris le plus normalement du monde au niveau des directions du commerce des wilayas. De nombreux importations ont pu ainsi domicilié leurs opérations au niveau des banques algériennes pour pouvoir ensuite importer leurs marchandises.

Mais un coup de théâtre depuis le début de ce mois de mars en cours. De nombreux importations découvrent à la réception de leurs cargaisons ou marchandises dans les ports algériens que les autorités du ministère de Commerce leur… demandent une nouvelle fois de renouveler le fameux certificat attestant du respect. Toute une nouvelle procédure administrative doit être ainsi reconduite. Ce qui a mené à un énième blocage inédit des importateurs algériens puisque les précédentes attestations qui leur ont été délivrées au mois de janvier-février derniers ne sont plus… valables.

Cette situation pénalise fortement les entreprises algériennes qui sont dans le domaine de la production et qui sont dépendantes de l’importation de certaines matières premières indispensables à leur chaîne de production. Ce nouveau verrouillage intervient vraisemblablement à la veille du mois sacré de Ramadhan, une importante période pour les productions algériens qui enregistrent durant ce mois leur plus important chiffre d’affaires. Ce qui ne manquera pas de porter un énorme préjudice à l’activité économique nationale.

Soulignons enfin que l’acte d’importer est devenu de plus en plus périlleux en Algérie notamment depuis l’application du décret exécutif 21-94 du 09 mars 2021 modifiant et complétant le décret exécutif n° 05-458 du 30 novembre 2005 fixant les modalités d’exercice des activités d’importation de matières premières, produits et marchandises destinés à la revente en l’état. Plusieurs mesures ont été imposées par ce décret aux sociétés commerciales concernées par l’importation. De nouveaux cahiers des charges ont été élaborés et des dossiers bureaucratiques ont été généralisés avec notamment l’obligation de présenter un programme annuel prévisionnel d’importation dans le but de restreindre drastiquement cette activité.