Le fils de Maurice Audin accuse le pouvoir algérien de bafouer « au grand jour les résolutions internationales qu’il a ratifiées »

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Pierre Audin est le fils du martyr Maurice Audin, militant de l’indépendance algérienne. Son père a été assassiné en 1957 par l’armée française et son corps n’a jamais été retrouvé. Il est l’un des personnages les plus illustres de l’histoire de la guerre de l’Indépendance. Comme son défunt et héroïque père,  Pierre Audin est mathématicien et il a été naturalisé algérien en septembre 2020. La nationalité algérienne lui a été accordée par décret présidentiel. 

Hier mardi 29 juin, Pierre Audin signe une tribune incendiaire dans les colonnes du quotidien française Le Monde. Il s’agit d’une tribune qui a été signée également par Samir Yahiaoui, un architecte algérien et activiste indépendant établi en France et connu pour son engagement en faveur du Hirak.

Dans cette tribune publiée par le prestigieux quotidien français Le Monde, les deux auteurs ont fortement épinglé le pouvoir algérien l’accusant ouvertement d’avoir bafoué « au grand jour les résolutions internationales qu’il a ratifiées ».

« L’Algérie, dont le pouvoir bafoue au grand jour les résolutions internationales de protection des droits humains et contre la torture qu’il a paraphées et ratifiées et dont la Constitution affirme que les traités internationaux ont la primauté sur le droit national », soulignent Pierre Audin et Samir Yahiaoui qui dénoncent vigoureusement la répression massive menée tambour battant en Algérie contre les militants défenseurs des Droits de l’Homme et les activistes pacifiques du Hirak.

« Quelque 10 000 arrestations – dont plus de 6 300 ces quatre derniers mois –, 300 détenus d’opinion, 700 procès, une dizaine de plaintes pour viols et tortures pendant les gardes à vue… C’est le bilan, forcément provisoire, établi à ce jour par la Ligue algérienne pour la défense des droits humains (LADDH) et le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Ses critiques du régime auront même coûté son poste à un magistrat, radié par ses pairs fin mai », déplorent encore les deux auteurs de cette tribune d’après lesquels la « répression est désormais la seule réponse du régime en place depuis 1962 au mouvement citoyen pacifique du Hirak, débuté le 22 février 2019 pour réclamer ni plus ni moins qu’un Etat de droit ».

Pierre Audin et Samir Yahiaoui ont même dénoncé l’implication de l’Institution militaire dans la propagande sciemment entretenue pour réprimer les libertés publiques et les droits civiques en Algérie.  « Ce bilan répressif ne suffit pas au pouvoir algérien. Il l’assortit d’un discours conspirationniste, considérant les millions de marcheurs tantôt comme des idiots utiles, tantôt comme les supplétifs d’un vaste plan de subversion du pays conduit par une triple alliance maroco-israélo-française ! Dans cet objectif, deux documentaires, produits par le service de communication et d’orientation de l’armée et diffusés par la télévision d’Etat, développent ad nauseam cette élucubration, à grand renfort d’images de raids israéliens sur Gaza et d’« analyses » d’experts maison », condamnent ainsi les deux auteurs.

« Les détenus et leurs proches, qui représentent toutes les couches de la société algérienne, chômeurs et étudiants, journalistes et avocats, universitaires, médecins, blogueurs, caricaturistes ou syndicalistes, ont attendu avec grand espoir que la 47e session du Conseil de droits de l’homme prenne publiquement acte de l’état déplorable des droits humains dans leur pays », précisent encore Pierre Audin et Samir Yahiaoui qui dénoncent au passage la passivité de la communauté internationale face aux pratiques liberticides du pouvoir algérien.

« Cet espoir a été déçu : la résolution finale ne fait nulle mention du cas algérien, alors même que l’Algérie n’a rien à envier aux régimes condamnés et dénoncés par le conseil lors de sa 47e session. La démarche des 82 ONG aurait-elle fait l’objet d’une fin de non-recevoir ? Et si oui, pourquoi ? », s’interrogent enfin Pierre Audin et Samir Yahiaoui d’après lesquels le pouvoir algérien est responsable de nombreuses dangereuses « outrances » comme l’élargissement inquiétant du « concept de « terrorisme » pour y englober le simple fait d’appeler à un changement de régime ». « En vertu de cette extension, tout citoyen appelant à la fin du régime risque désormais de voir son nom inscrit sur une liste nationale de terroristes et d’être traité comme tel », s’indignent en dernier lieu les auteurs de cette tribune qui ne manquera pas de susciter une très vive polémique dans les jours à venir.

 

3 COMMENTS

  1. « Son père a été assassiné en 1957 par l’armée française et son corps n’a jamais été retrouvé ». Regardez bien dans une des caves de la gendarmerie nationale. Un imposteur qui a toujours craint que les martyrs de la Révolution Algérienne lui fassent de l’ombre pourrait l’y avoir caché comme deux autres de ses compagnons tombés au champ d’honneur.

  2. Depuis l’indépendance le peuple algérien a vécu dans l’arnaque, même avec la nouvelle Algérie et ses dirigeants, on change de personnes mais l’arnaque continue tant que ces voyous sont au pouvoir, boukharouba ,Ben Bella ont réussi à trempé le peuple et maintenant ce pouvoir est collé à vie sur la pauvre Algérie ,nous allons continuer la hogra et autre comme un fardeau qui nous est tombé sur la tête.