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dimanche, février 5, 2023

L’Arabie Saoudite modernise sa lecture du Coran et l’Algérie condamne ses penseurs et ses intellectuels

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C’est un incroyable décalage qui en dit long sur l’ampleur dramatique de la régression politique et culturelle qui frappe de plein fouet l’Algérie. Au moment où la ténébreuse Arabie Saoudite modernise sa lecture du Coran et remet officiellement en cause la pertinence ou la fiabilité d’un nombre important de hadiths du Prophète Muhammed (QSSL), l’Algérie a condamné à une peine lourde et très effrayante un Islamologue et un intellectuel éclairé, à savoir Said Djabelkhir qui a été condamné à trois ans de prison en première instance pour ses écrits religieux. 

L’Arabie Saoudite se modernise et l’Algérie, naguère l’un des pays les plus progressistes de la rive sud de la planète, recule et devient conservatrice. Le paradoxe est effectivement saisissant. Le 27 avril dernier, le prince héritier de l’Arabie saoudite, Mohamed Ben Salmane (MBS), a plaidé ouvertement pour la modération dans l’application de la charia dans le système de gouvernance de son pays. Il a même assuré publiquement sa prise de distances avec le Wahhabisme développée par le prédicateur saoudien du XVIIIe siècle, Mohammed ben Abdelwahhab.

« Tous les juristes et universitaires musulmans parlent du concept de modération depuis plus de mille ans. Donc, je ne pense pas être en mesure de clarifier ce concept, autant que je peux … respecter la constitution saoudienne, qui est le Coran, la Sunna, et notre système de gouvernance de base et de le mettre pleinement en œuvre dans un sens large qui inclut tout le monde », a déclaré ainsi Mohamed Ben Salmane lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya, cité par Arab News.

« Dans les affaires sociales et personnelles, nous ne sommes obligés de mettre en œuvre que des stipulations clairement énoncées dans le Coran. Ainsi, je ne peux pas appliquer une punition de la charia sans une stipulation coranique claire ou une stipulation explicite de la Sunna », a souligné encore le prince héritier saoudien en faisant savoir qu’il y a de nombreux hadiths du Prophète qui ne peuvent pas être pris comme une référence absolue dans le jugement religieux.  « Par conséquent, le gouvernement, en ce qui concerne la charia, doit mettre en œuvre les règlements et les enseignements du Coran dans les hadiths mutawatir, et se pencher sur la véracité et la fiabilité des hadiths ahad, et ignorer entièrement les hadiths « khabar », sauf si un avantage clair y est dérivé pour l’humanité. Ainsi, il ne devrait y avoir aucune punition liée à une question religieuse, sauf lorsqu’il y a une stipulation coranique claire, et cette sanction sera appliquée en fonction de la manière dont le Prophète l’a appliquée », a expliqué encore Mohammed Ben Salman qui fait part ainsi d’un réformisme inédit dans l’histoire du monde musulman.

« Mettre en œuvre une sanction sous prétexte qu’il s’agit d’une sanction de la charia alors qu’il n’y a pas de stipulation pour une telle sanction dans le Coran ou dans le hadith mutawatir, est aussi une falsification de la charia », a affirmé encore le prince héritier saoudien qui veut libérer son pays de l’intégrisme et des lectures arriérées de la Religion.

« Lorsque nous nous engageons à suivre une certaine école ou un certain savant, cela signifie que nous divinisons les êtres humains. Dieu Tout-Puissant n’a pas mis de barrière entre lui et les gens. Il a révélé le Coran et le Prophète l’a mis en œuvre », a soutenu Mohamed Ben Salmane qui est allé jusqu’à affirmer que « si Cheikh Mohammed ben Abdelwahhab était avec nous aujourd’hui et qu’il nous trouvait engagés aveuglément à ses textes et fermant nos esprits à l’interprétation et à la jurisprudence tout en le déifiant et en le sanctifiant, il serait le premier à s’opposer à cela ».

« Il n’y a pas d’écoles de pensée fixes et il n’y a pas de personne infaillible. Nous devrions nous engager dans une interprétation continue des textes coraniques et il en va de même pour la Sunna du Prophète, et toutes les fatwas devraient être basées sur l’heure, le lieu et l’état d’esprit dans lesquelles elles sont émises », a fait remarquer le prince héritier saoudien sur un ton étrangement audacieux pour un dirigeant musulman et saoudien en particulier.

« Par exemple, il y a 100 ans, lorsqu’un érudit émettait une certaine fatwa ne sachant pas que la Terre était ronde et ne connaissant pas les continents ou la technologie, etc., cette fatwa aurait été basée sur les informations alors disponibles et leur compréhension du Coran et de la Sunna, mais ces choses changent avec le temps et sont différentes en ce moment », a conclu dans on intervention télévisée Mohamed Ben Salman qui veut offrir à son peuple de nouvelles perspectives fondées sur l’esprit critique et la modernité dans la pensée.

Et pendant ce temps-là, que se passe-t-il en Algérie ? Saïd Djabelkhir, islamologue et spécialiste du soufisme, a été condamné le 22 avril à trois ans de prison par la justice algérienne pour « atteinte aux préceptes de l’islam et aux rites musulmans ». Un verdict choquant qui a fait le tour du monde.

« Je me sens au XIIe siècle. J’ai l’impression de revivre des scènes du film de Youssef Chahine sur Averroès, non pas d’assister à un procès ». Cette boutade d’Aouicha Bakhti, une des avocates de Saïd Djabelkhir, l’islamologue algérien poursuivi pour «atteinte à l’islam» et condamné à trois ans de prison,  a résumé parfaitement l’ambiance lors du procès qui s’est tenu le 1er avril au tribunal d’Alger. Partisan d’une réforme radicale de l’islam, Said Djabelkhir s’était lancé, ces dernières années, dans une série de conférences et de déclarations jugées iconoclastes, ce qui n’a pas manqué d’attirer sur lui les foudres des forces conservatrices et des tenants d’une lecture rigoriste de l’Islam.

Il remet en cause certaines pratiques, en considérant, par exemple, le sacrifice de l’Aïd ou le pèlerinage à la Mecque comme des rites païens. Le verdict a aussitôt suscité une avalanche de réactions indignées, y compris dans certains milieux acquis au pouvoir en place. Pour nombre d’observateurs, la sévérité du verdict augure d’un serrage de vis faisant craindre de nouvelles restrictions contre les libertés publiques, dans un pays déstabilisé par une inquiétante crise politique née dans le sillage de l’avènement d’un nouveau régime totalement illégitime.

Islamologue reconnu, spécialiste du soufisme, Saïd Djabelkhir, 56 ans, était poursuivi par un enseignant et six avocats pour avoir, entre autres, expliqué que certains rituels existaient avant l’islam, à l’image des pèlerinages, qui se pratiquaient dans un cadre païen.

« C’est une première. Jamais un spécialiste, un universitaire n’avait été condamné pour avoir exprimé des idées qui relèvent de son domaine de compétence académique. Je suis choqué, je ne m’attendais pas à un verdict aussi dur », a confié récemment le chercheur algérien totalement accablé.

« L’homme qui m’accuse enseigne l’informatique à l’université de Sidi-Bel-Abbès. Il affirme que plusieurs de me publications l’ont offensé et il est soutenu dans sa démarche par six avocats qui se sont constitués partie civile. Je ne connais pas ces gens qui me reprochent, en somme, de faire mon travail et de dire ce que je pense. Moi, je suis islamologue, je ne fais que donner mon avis en m’appuyant sur des sources scripturaires [relatif à l’écriture sainte]. Comme je l’ai expliqué au juge, tout ce que j’avance est sourcé », a affirmé encore l’Islamologue algérien dans un entretien accordé au quotidien français Le Monde.

Un prince saoudien éclairé qui veut mettre son pays sur les rails du développement et de la modernité et un régime algérien qui condamne et humilie ses penseurs les plus éclairés pour faire des concessions aux plus obscurantistes. Quel triste paradoxe. Quelle  déchéance pour une Algérie qui inspirait naguère les peuples désireux de vivre librement et dignement.

 

 

 

 

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14 COMMENTS

  1. La religion est utilisée à des fins politiques aussi bien Algérie qu’en AS pays d’obscurantisme par excellence
    Ça existe dans beaucoup de pays malheureusement
    Les monarques saoudiens ne sont ni religieux, ni théologiens et peut être même pas croyants. Leur petit semblant d’évolution relève de la tactique
    Nous n’avons rien à voir avec ces gens là, arrêtez la comparaison malsaine
    Quant à la mise en valeur dans ton journal de ton MBS….tu sais, celui qui a donné l’ordre de tuer et découper en morceaux un journaliste en Turquie il y a quelques mois……Saïd Djabelkhir mérite beaucoup mieux que d’être utilisé par ton journal pour la valorisation de ton MBS
    Vous êtes à côté de la plaque en ce qui concerne le combat pour la liberté en Algérie….
    Je vous invite à faire un petit séjour en AS ou même vous y installer , vous y serez choyé j’en suis sûr après cet article valorisant ton prince « éclairé « 
    Affligeant.

  2. Autrement on se serait pas des algériens. Toujours faire l’inverse des autres, pour se distinguer, surtout s’ils sagit du progrès, tellement on est allergique.
    Comme ça on méritera amplement notre nom de « gardiens du temple »des traditions de la oumma des arabe. Maintenant tous nos frères arabes peuvent se libérer de leur carcans et se lancer tranquillement dans le développement …rassurés qu’il y a quelqu’un, en l’occurrence les Algériens pour préserver leurs traditions. En gros, on devient leur musée à ciel ouvert. Et Si un jour la curiosité, pour ne pas dire la nostalgie, leur prenait de se rappeler du « bon vieux temps », de comment ils étaient arriérés, des siècles en arrière, ils n’auront qu’à amener leur enfants faire un tour en Algérie. En gardant une bonne distance des autochtones, ça va de soi, pour leur éviter toute contagion.

  3. Très bien, alors qu’il mette en application ces grandes réformes et arrêtes de massacrer le peuple yéménite ( qui lui a une histoire) et servir les intérêts de kippaland via les USA ( entre autres) .
    Un descendant d’un chien reste un chien ( c’est aussi vérifiable au Maroc avec l’auto proclamé « amir El mouminette « ).

  4. Les autorités algériennes, déconfinent pendant que le monde entier confinent est vise versa, c’est normal que pendant des pays comme l’Arabie ( pays où la femme n’a pas le droit de conduite)modernise la lecture du coran, chez nous c’est le contraire, les dirigeants illettrés sont incapables de faire quoi que soient de censé, ils font tout le contraire des autres pays. Ils sont à la ramasse.

  5. Zemmar tu es un sacré menteur…
    La liste de savants (musulmans) , de journalistes et des opposants emprisonnés au Arabie est longue comme le bras
    En Arabie Saoudite en applique la Charia pas en Algérie
    MBS a dit que la Coran et la sunna ( vérifié) sont la seul source de la Charia mais que « El Ijtihad » doit permettre d’adapter notre religion au monde actuel en constante évolution et ne pas uniquement se fier aux « wahhabisme « …
    les femmes s’habillent exclusivement en Abaya noire (pas jean ou jupe ou même robe sous peine d’arrestation )
    l’alcool y est interdit et sévèrement punis
    On a pas le droit de critiquer publiquement le gouvernement, la religion ou la famille royale
    Alors honte à vous Semmar quand tu nous présente cette monarchie moyenageuse comme exemple

  6. Pour Semmar même l’enfer est mieux que l’Algérie…. C’est un Néo Harki assumé.
    Faut l’intégrer.
    Il a une Haine personnelle et une soif de revanche sans limites.
    S’il pouvait brûler le pays Il le ferait sans hésiter… C’est pour cela qu’il draine tous les haineux de son espèce : sangliers…MAKakes..Marocains…

    C’est devenu une sous merde assumée.

  7. Dey le PD de service,
    Pour Semmar même l’enfer est mieux que l’Algérie…. C’est un Néo Harki assumé.
    Faut l’intégrer.
    Il a une Haine personnelle et une soif de revanche sans limites.
    S’il pouvait brûler le pays Il le ferait sans hésiter… C’est pour cela qu’il draine tous les haineux de son espèce : sangliers…MAKakes..Marocains…il doit avoir la même haine que la tienne envers les kabyles donc tu fais partie des sangliers..makaks et tes especes.

  8. Un maitre des esclaves peut faire ce qu’il veut dans sa Hacienda, meme changer de religion d’etats de l’Islam au Judaisme. En attendant un Hirak et une revolution qui decapitera les maitres des esclaves dans les places publique de leurs propres villes.

  9. @Low ji,

    Un maitre des esclaves peut faire ce qu’il veut dans sa Hacienda, meme changer de religion d’etats de l’Islam au Judaisme. En attendant un Hirak et une revolution qui decapitera les maitres des esclaves dans les places publique de leurs propres villes.
    PS: Leurs decapitations a ses maitres des esclaves de la Seoudite, Jordanie, Emirates et Maroc sera salutaire pour toutes l’humanite’!