L’Algérie lance enfin un appel d’offres pour acquérir une solution de paiement mobile !

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Vaut mieux tard que jamais. L’Algérie lance un appel d’offres pour acquérir une solution qui peut lui permettre de lancer le paiement mobile. C’est la SATIM, à savoir la Société d’Automatisation des Transactions Interbancaires et de Monétique, qui a lancé cet appel d’offres qui se termine le 6 juillet prochain. 

Les sociétés algériennes et étrangères intéressées donc par ce marché doivent déposer leurs dossiers et offres au niveau de la SATIM avant la fin de ce délai. L’ouverture des plis des dossiers de candidatures et des offres techniques se fera lors d’une cérémonie publique à laquelle assisteront toutes les sociétés nationales ou étrangères ayant participé à ce marché public, précise la SATIM dans ce document officiel.

 

La Satim est chargée notamment de développer l’utilisation des moyens de paiement électronique, la mise en place et la gestion de la plate-forme technique et organisationnelle assurant une interopérabilité totale entre tous les acteurs du Réseau Monétique en Algérie et de l’accompagnement des banques dans le développement des produits monétiques.

Dépendant du ministère des Finances, la gestion bureaucratique de cet organisme et l’absence d’une volonté politique de développement les modes de paiement modernes ont provoqué un retard colossal en Algérie. Notre pays est parmi les derniers pays africains à n’avoir pas encore généralisé ou utilisé le paiement mobile.

Il faut savoir que le pourcentage d’individus de plus de 15 ans titulaires d’un compte de paiement en Afrique subsaharienne a presque que doublé en six ans, passant de 23 % en 2011 à 43 % depuis 2017, a fait savoir un rapport de la Banque mondiale sur l’inclusion financière baptisé Global Findex.

Sur la seule période 2014-2017, la part des plus de 15 ans qui possède un compte est ainsi passée de 18 à 45 % au Togo, de 17 à 38 % au Bénin, ou encore de 14 à 43 % au Burkina Faso. Au Cameroun, 17 % des plus de 15 ans possèdent aujourd’hui un compte bancaire, alors qu’ils n’étaient que 11 % dans ce cas en 2014. Dans ces pays africains, on parle clairement de la révolution du mobile-banking qui permet de réduire l’ampleur du marché informel et de renforcer le développement économique.

Depuis 2018, dans un pays comme le Sénégal, l’administration a réussi à numériser presque 100 % de ses paiements. A titre d’exemple,  la bourse familiale, perçue par quelque 300 000 ménages et qui représente l’équivalent de 91,5 millions d’euros passe désormais par le téléphone grâce au paiement mobile. Le gouvernement sénégalais a fait ce choix parce qu’il lui permet de faire une économie de temps et de personnel, décongestion des services… Le Sénégal est également en phase d’expérimentation pour la digitalisation du paiement des impôts par téléphone. L’Algérie est, malheureusement, larguée dans ce secteur sur le continent africain et cet appel d’offres est le dernier espoir pour réduire un peu ce retard…