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lundi, février 6, 2023

Exclusif. Le complexe GNL d’Arzew à l’arrêt et les exportations stoppées à cause d’une énorme bêtise de mauvaise gestion

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Nouveau scandale de mauvaise gestion à Sonatrach. Depuis plus de deux semaines, le complexe de liquéfaction de gaz à Arzew est à l’arrêt et d’importantes exportations du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) ont été stoppées brutalement provoquant ainsi des pertes financières considérables en devises pour Sonatrach et le Trésor Public, a découvert Algérie Part au cours de ses investigations. 

Les faits remontent à plus de deux semaines lors du chargement de deux navires de GNL. La cargaison de ces deux navires était commandée par un client truc appelé BOTASE. Il s’agit de la société nationale turque de transport d’hydrocarbures qui est la plus grande entreprise turque selon le classement Fortune 500, un magazine américain consacré à l’économie, le deuxième plus ancien en Amérique du Nord après Forbes.

Selon nos investigations, des analyses effectuées lors du chargement des deux navires turcs ont révélé la présence de l’huile dans les quantités de GNL qui devaient être exportées vers la Turquie. Il faut savoir que le protocole de sécurité en vigueur dans le secteur du GNL impose des analyses techniques chaque deux heures pendant le chargement des navires méthaniers qui doivent transporter les cargaisons exportées par l’Algérie via l’étranger. Les méthaniers restent au port d’Arzew généralement pendant 48 heures à quai pendant le chargement des quantités de GNL.

Durant ces deux jours, les équipes de Sonatrach effectuent des analyses d’observation pour la surveillance des impuretés dans l’alimentation en gaz de la « cold box » pour assurer une liquéfaction fiable et des expéditions à temps.

Il faut savoir que le GNL est transporté par de gigantesques navires, les méthaniers, qui sont chargés et déchargés dans des terminaux méthaniers. Lorsque le GNL arrive sur un terminal méthanier, il peut être transporté vers des stations d’avitaillement terrestres ou maritimes, des usines, ou encore être regazéifié pour être injecté dans le réseau de gaz naturel.

Les calculs de densité et de pouvoir calorifique du GNL transféré (lors des chargements et déchargements de méthaniers par exemple) sont réalisés sur la base de la composition moyenne du GNL. Cette composition est obtenue par échantillonnage du GNL et analyse chromatographique. La valeur d’un chargement de GNL est en général de l’ordre de 50 millions de dollars. Il est donc primordial de déterminer précisément le pourvoir calorifique du GNL transféré, car même une petite erreur a un impact financier considérable. La nature même du GNL, sa température extrême et la difficulté à le garder sous forme liquide amènent des problématiques d’échantillonnage et de mesure très spécifiques.

La présence de l’huile  dans les quantités de GNL aurait dû alerter les hauts responsables de Sonatrach pour suspendre le chargement et traiter en urgence ce problème qui porte un préjudice financier au client turc de Sonatrach.

En dépit de cette anomalie totalement inédite, la Vice-présidente chargée de l’activité  Commercialisation Fatiha Neffah a décidé de continuer le chargement des deux navires pour les expédier en Turquie ! Une grave erreur qui témoigne de l’incompétence de cette haut responsable de Sonatrach. Une erreur que la compagnie nationale des hydrocarbures va payer cash. Et pour cause, la société turque Botase a été informée que le GLN qui va lui être livré comporte des irrégularités qui mettent en péril ses spécifications techniques.

Les responsables de Botase réagissent avec fermeté et contactent rapidement la Sonatrach pour exiger des garanties écrites afin de refouler les deux navires. Le premier navire était d’ores et déjà arrivé en Turquie chez Botase, mais il a été rapidement refoulé à cause des problèmes relevées au niveau de sa cargaison. Le second méthanier a été rappelée par la direction de Sonatrach alors qu’il se trouvait en pleine mer.

Fatiha Neffah a demandé à ce que le méthanier soit déchargé de ses quantités de GNL défectueux au port d’Arzew. Cette décision est à l’origine d’une autre bêtise monumentale car Sonatrach ne dispose que d’une petite unité de déliquefaction ou de vaporisation du GNL car la Sonatrach est un exportateur net de GNL. Comme Fatiha Neffah est totalement inexpérimentée, elle avait totalement ignoré ces spécificités techniques.

Au final, à cause de cette mauvaise gestion, les méthaniers sont restés en rade pendant plusieurs jours et les cargaisons ont été vendues au rabais à un autre client. Selon nos sources, les quantités du GNL destinées pour le truc Botase ont été revendues 70 % moins cher au profit d’un autre client. La direction générale de Sonatrach voulait uniquement se débarrasser de cette cargaison pour étouffer rapidement ce scandale commercial.

Par la suite, toutes les installations de liquéfaction du gaz naturel du complexe d’Arzew ont été mises à l’arrêt pour subir en urgence une opération de maintenance afin de détecter toutes les anomalies qui ont été à l’origine de ces curieux et problématiques mélanges de l’huile avec le GNL.

Les conséquences de l’arrêt de production du complexe GNL d’Arzew sont dramatiques pour les recettes en devises des exportations des hydrocarbures du pays. Et il est encore tôt de prévoir un bilan définitif des pertes financières. Le GNL constitue une importante source devises pour l’Algérie et Sonatrach.

Dans le marché mondial du GNL, l’Algérie se pointe à la 9ème place avec 3,4% des exportations mondiales. Cette panne de production à Arzew risque de faire perdre à l’Algérie ses débouchés européens car notre pays est le deuxième plus gros exportateur de gaz naturel liquéfié vers l’Europe, selon les données du rapport 2018 du groupe international des importateurs de GNL (GIIGNL) publié en avril 2019. L’Algérie a exporté en 2018 9.29 millions de tonnes vers le marché européen, arrive derrière le Qatar, premier plus gros exportateur, avec 16.42 millions de tonnes.

En 2018,  la production de gaz naturel liquéfié (GNL) s’est établie à 22,2 millions m
3 en 2018 contre 27,1 millions m3 en 2017. Cette année 2020, à cause de l’arrêt du complexe de Skikda  qui a duré plus de 8 mois, à savoir entre décembre 2019 jusqu’au mois de juillet 2020,  et celui aujourd’hui du complexe d’Arzew, la production algérienne risque de chuter encore davantage causant au pays d’importantes pertes financières.

Une sinistre nouvelle pour l’Algérie qui avait affirmé en 2017  sa volonté d’accélérer le développement des capacités de production en GNL et le renforcement de la présence algérienne sur le marché international du gaz. Cette stratégie s’articulait autour de la réalisation de grands projets structurants et à forte valeur ajoutée qui auront un impact significatif sur les résultats de l’Entreprise.

L’Activité Liquéfaction de Sonatrach avait ainsi lancé plusieurs projets dans la zone de Skikda, qui vont contribuer à l’augmentation de la capacité de stockage du GNL, la modernisation et la sécurisation des installations de chargement du GNL.  Sonatrach comptait énormément sur les complexes de liquéfaction du gaz naturel, GL1.Z et GL2.Z situés dans la zone industrielle d’Arzew dans l’ouest de l’Algérie pour dénicher nouveaux marchés internationaux. Peine perdue à cause de l’actuelle très mauvaise gestion de la direction générale actuelle de Sonatrach.

 

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