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mercredi, février 1, 2023

Diversification de l’économie : L’Algérie accuse un énorme retard par rapport aux autres pays pétroliers

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L’Algérie est en train d’accumuler un important retard par rapport à nombreux autres pays producteurs des hydrocarbures qui ont entamé d’ores et déjà leur processus de diversification de l’économie afin de ne plus dépendre de la rente pétrolière ou gazière. La plupart des pays producteurs de pétrole ou de gaz ont entamé des chantiers pour réduire l’impact de la crise économique mondiale et de la chute des prix du baril du pétrole. 

Malheureusement, l’Algérie, excepté des annonces conjoncturelles, n’a dessiné aucune stratégie dans ce sens pour rattraper son retard. En Arabie Saoudite, le gouvernement a identifié plusieurs nouveaux secteurs pour diversifier l’économie du pays et réduire sa dépendance vis-à-vis du pétrole – lequel fournit près de 90 % des recettes budgétaires et des gains à l’exportation et 42 pour cent du produit intérieur brut. Le premier pas franchi consiste à créer une industrie phosphastière entièrement intégrée, depuis l’extraction minière jusqu’à l’exportation des produits finis.  Et pour ce faire, l’Arabie Saoudite a lancé un important projet celui du Complexe des engrais phosphatés de Ma’aden qui a permis de créer une nouvelle industrie en Arabie saoudite, de stimuler l’économie nationale et de produire un impact réel à Arar et à Ras Al-Khair en particulier, une région éloigné des traditionnels centres de production du pétrole. Le projet a directement généré des emplois et créé un environnement propice à la croissance d’autres entreprises liées à son activité de base et à sa main-d’œuvre.

C’est grâce à un partenariat public-privé (PPP) pour les phosphates que le projet Ma’aden Wa’ad Al-Shamal Phosphate Company a vu le jour. Ce qui a permis d’investir des capitaux dans d’autres secteurs clés. En Algérie, malheureusement, des méga-projets dans le phosphate sont toujours à l’abandon faute d’une bonne gouvernance et d’une stabilité dans le pays. 

Les projets dans le phosphate sont une première étape vers une globale diversification de l’économie saoudienne. Il faut savoir que l’Arabie Saoudite occupe une véritable place prépondérante dans la sphère économique mondiale. L’Arabie saoudite est la vingtième puissance économique au Monde avec 16 % des réserves pétrolières mondiales. Le pays dont le pétrole représente 42 % de son PIB et 90 % de ses exportations met en place une feuille de route économique intégrée afin de renouer avec la croissance. Et la mise en place de cette feuille de route a bel et bien commencé bien avant l’actuelle crise pétrolière.

Depuis février 2019, Riyad a dévoilé de nouveaux programmes en mobilisant 427 milliards de dollars d’investissements dans les secteurs de l’industrie, des infrastructures et des services. De même, l’Arabie Saoudite a annoncé la signature de 37 accords d’une valeur totale de 55 milliards de dollars avec des investisseurs étrangers et locaux.

Ces investissements devraient créer 1,6 million d’emplois, stimuler les exportations non pétrolières de 267 milliards de dollars par an et ajouter jusqu’à 320 milliards de dollars de produit intérieur brut, soit près de 40 % du PIB de l’année dernière, selon le gouvernement saoudien.

L’Arabie saoudite a levé des milliards auprès des investisseurs internationaux. Elle a obtenu 27 milliards de dollars de souscrip-tion avec l’appui de plusieurs grandes banques : BNP Paribas, Citi, HSBC et JP Morgan. Ces mesures de soutien viennent pour corroborer les objectifs de la vision 2030, en ce qui concerne la diversification économique et l’attractivité des investissements directs étrangers.

L’un des trois gros pays producteurs de pétrole dans le monde a donc commencé les démarches pour divorcer avec la dépendance vis-à-vis de la rente pétrolière. Et pendant ce temps-là, l’Algérie médite et hésite encore.

Allons voir en Afrique. Sur notre continent, des pays beaucoup plus modestes que l’Algérie ont commencé à trouver des solutions pour ne pas dépendre encore de leurs exportations des hydrocarbures. Prenons le cas du Gabon. Ce pays est le huitième producteur africain, les hydrocarbures représentent 80% de ses exportations, 45% de son PIB et 60% de ses recettes budgétaires. Le Gabon a décidé depuis avril 2019 de  de développer des secteurs comme l’agriculture (il doit importer 80% de son alimentation !), les oléagineux, la pêche, le tourisme. Et, surtout, il s’appuie sur ses autres points forts. A commencer par le bois (7% de ses exportations). L’un des secteurs dans lequel les autorités entendent développer la transformation des produits sur place.

Pour faciliter son développement, Gabon entend faire appel au « financement et (au) dynamisme du secteur privé » étranger et « repenser les partenariats public-privé » (PPP). A de multiples reprises au cours du colloque, les responsables gabonais ont mis en avant la « zone économique spéciale » de Nkok, proche de la capitale Libreville, et présentée comme le « symbole de la transformation du Gabon ». Une zone où 62 entreprises se seraient déjà installées, 26 autres seraient en cours d’installation et 3200 emplois auraient déjà été créés.

Cette zone est le fruit d’un partenariat entre l’Etat gabonais et le groupe de négoce Olam International, propriété d’un fonds souverain de Singapour. Un groupe qui entend « créer un écosystème » dans le pays, selon son directeur général infrastructures Afrique, Olam Gupta.

L’exemple du Gabon démontre enfin que même les petits pays en Afrique sont conscients de la nécessité de sortir de cette dépendance vis-à-vis du pétrole ou du gaz. Et pendant ce temps-là, l’Algérie fait quoi ? Elle s’enlise dans ses problèmes politiques internes et oublient que sa survie est compromise à cause de son sous-développement économique et technologique.

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