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lundi, février 6, 2023

D’ici la fin du mandat de Tebboune, l’Etat algérien va collectionner les déficits budgétaires records

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D’ici la fin de l’année 2024, l’Etat algérien va collectionner les déficits budgétaires records. Cela signifie que d’ici la fin du mandat présidentiel d’Abdelmadjid Tebboune, l’Etat algérien va vivre nettement au-dessus de ses moyens et ses dépenses seront supérieures à ses recettes faisant ainsi planer un énorme danger sur la stabilité financière du pays et compromettant les chances d’une relance effective de l’économie algérienne. Explications. 

La Loi de Finances de 2022 inaugure un long cycle de déficits budgétaires en Algérie. Effectivement, sur le plan budgétaire, cette loi prévoit des recettes de 5.683,22 milliards DA et des dépenses budgétaires de 9.858,4 milliards DA. Cela signifie que l’Etat algérien sera déficitaire à hauteur de 4175.18 milliards Da, à savoir l’équivalent de plus de 30 milliards de dollars, un déficit record rarement égalé dans l’histoire contemporaine de notre pays.

Et ce déficit va se creuser encore davantage en 2023 et 2024. En effet, l’Etat algérien prévoit, reconnaît le texte d la Loi De Finances 2022, que les dépenses publiques seront de 9682.037 milliards Da en 2023. Elles vont atteindre ensuite les 9821.964 milliards Da en 2024. Quant aux recettes budgétaires, elles vont stagner autour de 5867.013 milliards de Da en 2023 et elles augmenteront légèrement à 6084.080 milliards de Da en 2024.

L’addition sera donc salée puisque le déficit public de l’Etat algérien sera de l’ordre de plus de 3815 milliards de Da en 2023 et plus de 3737 milliards Da en 2024, à savoir l’équivalent de 27,5 milliards de dollars en 2023 et plus de 27 milliards de dollars en 2024. En vérité, ces montants seront nettement plus élevés car il faudra calculer aussi le coût de la dévaluation du dinar algérien qui va s’aggraver aussi en 2023 et en 2024.

En effet, les autorités algériennes ont confirmé qu’elles poursuivront la tendance baissière du dinar algérien ces prochaines années, avec un glissement anticipé de la parité USD/DZD à 142 en moyenne en 2021, à 150 en 2022 et à 156 en 2023. Cette dévaluation vise, d’abord, à amplifier le volume des recettes budgétaires provenant des exportations en devises des hydrocarbures. Mais cet objectif sera rapidement compromis et gâché par l’ampleur inédite que prendra le déficit budgétaire qui continuera de dépasser les 30 milliards de dollars dans les 3 prochaines années.

Quel sera l’impact de ce déficit sur le quotidien des Algériens ? 

Il faut savoir, d’abord, que l’on parle de déficit public lorsque les ressources publiques (impôts, cotisations, autres recettes) sont inférieures aux dépenses publiques (personnel, fonctionnement, intervention, etc.). En comptabilité nationale, la notion de déficit budgétaire s’utilise lorsque le budget de l’État est en déficit : les recettes de l’État sont inférieures à ses dépenses d’où un solde budgétaire négatif.

Cette situation n’est pas forcément catastrophique pour un pays donné. Dans les pays en voie de développement comme dans les pays développés, le déficit budgétaire est fréquent parce que les Etats multiplient les investissements publics  dans la mesure où les générations futures en bénéficient et l’Etat s’endette en principe à meilleur coût.

Mais dans ces pays là, les prévisions de déficit sont construites selon des hypothèses de croissance, d’inflation mais aussi d’élasticités en recettes. Ce qui n’est pas du tout le cas en Algérie. Pour financer son déficit, l’État est obligé d’emprunter. La dette de l’État se définit donc comme l’ensemble des emprunts effectués par l’État, dont l’encours (montant total des emprunts) résulte de l’accumulation des déficits de l’État.

En théorie, une dette publique maîtrisée peut être bénéfique, à la condition que les dépenses ainsi financées créent des richesses pour l’avenir. « La dette, c’est bien », assurait le Nobel d’économie Paul Krugman en 2015, rappelant que « le gouvernement britannique est endetté depuis au moins trois siècles, une ère qui englobe la révolution industrielle, la victoire contre Napoléon et plus encore ». Pourquoi ? Notamment parce qu’« être endetté, c’est une façon de payer pour des choses utiles », précise M. Krugman.

Il n’est pas aussi dangereux d’être endetté pour un Etat que pour une famille ou une entreprise. Lui est éternel et il peut renouveler sa dette indéfiniment. Il est en outre difficile de déterminer à partir de quel moment cela devient problématique, car cela dépend de la santé économique du pays, de la bonne rentrée des impôts ou du poids des intérêts (« la charge de la dette »).

Et c’est là où l’Algérie présente des faiblesses très inquiétantes. Et pour cause, contrairement aux pays développés, l’Algérie ne s’endette pas pour financer son développement, une production industrielle, une croissance économique forte ou des créations de richesses qui améliorent le niveau de vie de la population algérienne. L’Etat algérien s’endette uniquement pour garantir la survie du système de gouvernance en lui permettant de payer les salaires des fonctionnaires et de s’assurer d’une certaine paix sociale et de faire fonctionner la bureaucratie algérienne.

Un pays peut être très endetté, mais être considéré comme solvable. C’est le cas du Japon (dont la dette publique atteignait 250 % du PIB en 2016), des Etats-Unis (107 %) ou de l’Allemagne (68 %). Ce qui est dangereux, c’est quand la dette échappe au contrôle de l’Etat et que les créanciers n’ont plus confiance. C’est ce qui est arrivé à la Grèce en 2010. Dès lors, les taux d’intérêt flambent, la charge de la dette augmente, le déficit suit et la dette gonfle. Les économistes parlent d’un “effet de boule de neige”, qui se transforme alors en “avalanche”.

Avec la dévaluation continue du dinar algérien et la baisse régulière des revenus en devises provenant des exportations des hydrocarbures, la dette publique en Algérie explosera et elle ne sera plus soutenable puisqu’elle ne pourra pas être financée en interne et l’Etat algérien sera contraint d’emprunter de l’argent à l’étranger en recourant à l’endettement extérieur.

Il s’agit donc d’un scénario hyper-dangereux pour l’Algérie parce qu’elle n’est pas un pays industrialisé et suffisamment producteur de richesses qui peut facilement redresser la barre ou financer pendant longtemps une immense dette publique. L’Algérie sera ainsi victime, si cette situation perdure encore dans les années à venir, de ce qu’on appelle dans l’économie de l’ »effet d’éviction ». Cela signifie que le déficit est mauvais pour la croissance parce qu’il détournerait une épargne qui aurait pu aller vers des projets productifs qui développeront le pays.

L’Algérie sera ainsi contrainte de financer encore et toujours son déficit public pour couvrir essentiellement les frais de ses institutions et de ses services publics comme les budgets de fonctionnement de l’Etat. Lorsque l’Etat algérien doit à chaque fois mobiliser des ressources financières pour financer son déficit, l’argent disponible sur les marchés va se raréfier donc et les taux d’intérêt pratiqués par les banques algériennes vont grimper. Emprunter, pour un acteur privé, est donc plus difficile. Par conséquent, les projets (création d’entreprise, investissement…) se raréfient à leur tour. et la croissance est freinée. L’Algérie vit cette situation depuis 2017-2018 date à laquelle les déficits budgétaires ont commencé à battre des records à cause de la baisse des recettes de la fiscalité pétrolière qui chutent depuis la crise pétrolière de 2014 avec l’effondrement progressif des prix du baril de pétrole.

Le déficit public en Algérie a donc un impact direct sur le chômage, la pauvreté et la relance industrielle parce qu’il sabote la croissance économique. Par ailleurs, l’Algérie risque de recourir à l’endettement extérieur pour combler ce déficit budgétaire car elle ne pourra pas compter longtemps sur ses moyens rudimentaires en dinars, une monnaie sans cesse en chute libre, pour rééquilibrer sa situation financière. La Banque d’Algérie ne pourra pas résister longtemps face à la chute interminable des recettes fiscales provenant des exportations des hydrocarbures. Les hydrocarbures ont représenté en moyenne sur la période 2004-2018 : 96% des exportations du pays, 43% des recettes fiscales et 21% du PIB.

Face à une telle dépendance des hydrocarbures, l’Algérie ne pourra pas utiliser longtemps des leviers internes pour gérer son immense déficit budgétaire. L’endettement extérieur parait donc inévitable. Or, faute d’une véritable vision stratégique économique axée sur de nouvelles sources de richesses et sans de nouvelles sources de recettes fiscales pour l’Etat, l’Algérie risque de s’endetter pour… nourrir sa populaire et combler ses besoins primaires. Exactement comme à la fin des années 80 et tout au long de la décennie des années 90 où l’Algérie s’est endettée au-delà de 30 milliards de dollars pour ne pas s’effondrer et provoquer les pénuries des produits alimentaires et stratégiques comme les médicaments.

Cette analyse objective et impartiale nous permet enfin d’aboutir à une seule conclusion : la fin du mandat présidentiel de Tebboune risque d’être très tumultueuse et alarmante pour l’économie algérienne car le pire danger est encore… à venir.

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4 COMMENTS

  1. Le plus grand deficit est le deficit mental toute une generation d’Algeriens et Algeriennes vont experimenter grace a la betise humaine institutionalisee en Algerie dans tous les domaines : culturels, scientifiques. historiques et memoriels.
    Tous les pays avancent en ce moment ..sauf Algeristan

  2. Posté sur Ap du criminel Nezzar par vaginlisse.
    Vangelis
    2 janvier 2022 – 21 h 25 min
    Abdou Semar, pour ne pas le nommer est un traître à la nation. Chaque article qu’il fait paraître sur » son » site est accompagné de qualificatifs du genre : scandaleux, confidentiel, ou encore mensonge de l’État Algérien.

    Bien évidemment, il laisse libre cours à des commentaires venimeux et vulgaires de prétendus algériens comme lui, du genre Loco, Bousaad et autres saber ou encore yadendani, l’illuminé, sans oublier les morpions de HMARocains dénommés Axis7, karim70 qui se régalent de ces intox mais qui y croient dur comme fer, oubliant de curer leur écurie d’Augias..

    J’invite les algériens à tenir la dragée haute à ces individus en postant des commentaires pertinents afin de mettre à nu ces crasses sans nom.

    Toutes ces fake news viennent on s’en doute du souteneur de Abdou Semmar qui a vendu son propre pays pour quelques dirhams HMARocains.