De nouveaux indices d’une menace inquiétante de pénurie d’huile alimentaire à la veille du mois de Ramadhan

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L’huile alimentaire risque de faire l’objet d’une inquiétante et alarmante pénurie à la veille du mois de Ramadhan, a pu constater Algérie Part au cours de son enquête. L’augmentation sur les marchés mondiaux des matières premières de cette huile alimentaire notamment le soja ont provoqué une nouvelle inflation des prix en Algérie contraignant ainsi l’Etat à augmenter significativement les montants des subventions accordées à ce produit alimentaire de base. Or, jusqu’à aujourd’hui, les producteurs de l’huile de soja n’ont toujours pas perçu les arriérés des subventions promises par les autorités algériennes. 

Depuis plus d’une semaine, le prix de l’huile de soja en vrac s’est envolé jusqu’à 279 Da TTC le kilo. Cela signifie que pour soutenir les prix et continuer à subventionner ce produit alimentaire de première nécessité, l’Etat algérien devra débourser pas moins de 110 da pour chaque kilo alors qu’au tout début du mois de ce mois de mars, ce coût ne dépassait pas les 65 Da par kilo.

Ces augmentations faramineuses risquent de peser énormément sur le budget de l’Etat algérien notamment au cours du mois de Ramadhan où l’huile alimentaire subit un pic de consommation. Il faut savoir qu’en période ordinaire, les algériens consomment quotidiennement pas moins de 1600 tonnes d’huile alimentaire. Durant le mois de Ramadhan, cette consommation oscille habituellement entre 2000 et 2500 tonnes. Si l’Etat algérien doit prendre en charge l’intégralité des coûts financiers engendrés par cette forte consommation d’un produit subventionné, il faudra prévoir des dépenses allant jusqu’à… 1,5 million de dollars USD !

Selon diverses proches du ministère du Commerce,  il est hors de question pour le gouvernement de dépenser… autant d’argent en pleine période de crise financière. Cela signifie que l’accès à l’huile alimentaire subventionné sera restreint en plein mois du Ramadhan. De nombreux algériens devront donc s’attendre à l’indisponibilité de l’huile de soja subventionnée et devront consommer uniquement l’huile qui n’est pas subventionnée et vendue à des prix exorbitants puisque les producteurs seront obligés de répercuter les augmentations des coûts de la matière première sur les prix des produits finis.

Ces indices démontrent qu’une nouvelle crise d’huile de table est en vue en Algérie et il faudra s’y préparer dés maintenant afin de limiter son impact sur les foyers les plus fragiles.

Rappelons enfin que le décret exécutif fixant le prix plafond à consommateur ainsi que les marges plafonds à la production, à l’importation et à la distribution, aux stades de gros et de détail, de l’huile alimentaire raffinée ordinaire et du sucre blanc, datant du 6 mars 2011, a été modifié à la fin octobre 2021. L’article 2 du nouveau texte fixe le prix plafond, toutes taxes comprises, à consommateur de l’huile alimentaire raffinée ordinaire à 650 dinars le bidon de 5 litres, contre 600 dinars auparavant. Il s’avère qu’il devient de plus en plus compliqué de maintenir ces prix au regard de l’envolée des cours mondiaux du soja dans le sillage de l’inflation mondiale provoquée par les bouleversements de la guerre Ukraine-Russie.