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vendredi, février 3, 2023

De l’huile de table vendue avec des factures fictives : le privilège scandaleux accordé par Rezig au groupe privé SIM

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Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, est au coeur de nombreux soupçons de favoritisme et de corruption au sein même de son propre département ministériel en raison d’un scandaleux traitement de faveur qu’il accorde actuellement à l’opérateur ACG Sim spa, filiale du Groupe Sim, qui produit de l’huile de table sous l’appellation commerciale «Sim, Bahia».

En effet, cet opérateur qui dispose depuis juin 2019 d’une usine d’agroalimentaire dans la région d’El Hamoul à Oran, il s’agit plus exactement d’un complexe de trituration de graines oléagineuses, raffinage et conditionnement des huiles végétales, est le seul en Algérie qui peut vendre toutes ses quantités d’huile de table à des commerçants grossistes sans les contraindre à présenter des « factures réelles ». En clair, le service commercial d’AGC SIM SPA se permet de traiter avec des grossistes pour leur vendre des bidons d’huile de table à base de soja, une produit alimentaire subventionné et contrôlé par l’Etat, sans les contraindre de présenter des factures contenant leurs véritables coordonnées fiscales.

Cette irrégularité permet aux grossistes distributeurs de l’huile de table « Sim Bahia » d’établir des factures avec des prête-noms et des fausses adresses.  Ce qui rend quasiment impossible, ou du moins très compliqué, le contrôle a postériori des inspecteurs des directions du Commerce réparties sur le territoire national.

Cette pratique immorale favorise, malheureusement, la spéculation et les détournements de l’huile de table par des trafiquants malhonnêtes qui vont la stocker avant de l’écouler illégalement sur le marché parallèle. ll faut savoir que l’huile « Sim Bahia » est cédée aux grossistes à 580 Da le bidon de 5 litres. Avec l’actuel mode de facturation de l’opérateur AGC SIM SPA, des spéculateurs trafiquent de fausses factures ou établissent des factures fictives pour se faire passer pour des grossistes titulaires d’un registre de commerce. Ensuite, ils reprennent les quantités de l’huile de table afin de la commercialiser à leur guise sans se soumettre aux plafonnement des prix à 600 Da le bidon de 5 litres imposé par l’Etat algérien pour permettre l’approvisionnement des foyers les plus nécessiteux.

Ces pratiques aggravent les tensions autour de l’huile de table en Algérie. Force est de constater que les autres concurrents de l’opérateur AGC SIM SPA développent  des pratiques beaucoup plus saines. A titre d’exemple, le groupe CEVITAL d’Issad Rebrab, le leader du marché des huiles alimentaires, impose aux grossistes des factures réelles qui contiennent les véritables coordonnées fiscales des commerçants avec toutes les informations afférentes à leurs registres de commerce.

Cevital trace avec précision toutes ses ventes aux grossistes et il donne quotidiennement la liste de ses clients aux directions de commerce territorialement compétentes. Les inspecteurs de l’inspection territoriale du commerce font ensuite des descentes chez les grossistes pour contrôler les prix qu’ils affichent sur les bidons d’huile de table subventionnée par l’Etat et dont les prix sont plafonnés selon les termes précis d’un décret exécutif datant de 2011.

C’est à cause de cette rigueur que les grossistes, hostiles à toute facturation pour de multiples raisons y compris commerciales car la facturation implique des coûts supplémentaires qu’il faudra répercuter aux commerçants détaillants, ont boycotté l’huile de table subventionnée fabriquée par le groupe CEVITAL, à savoir la fameuse huile ELIO. AFIA international Algeria, l’autre important producteur national d’huile de table, impose également un circuit commercial strict et traite directement avec les détaillants pour limiter les effets de la spéculation. Les inspecteurs et contrôleurs du ministère du Commerce sont particulièrement méticuleux lorsqu’il s’agit de passer au peigne fin les opérations commerciales de CEVITAL, AFIA ou les autres producteurs nationaux comme COGB « La Belle ». Cependant, l’opérateur AGC SIM SPA bénéficie étrangement d’une impunité déconcertante et d’une intrigante « souplesse » de la part des contrôleurs et inspecteurs du ministère de Kamel Rezig. Ce dernier entretient, d’ailleurs, le mystère sur ses relations troublantes avec le groupe privé SIM. Nous y reviendrons dans nos prochaines investigations.

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