COVID-19. Recul important de l’utilisation des tests de dépistage PCR : la véritable raison du mensonge de l’Algérie sur les chiffres de l’épidémie

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Un dangereux mensonge qui porte une profonde atteinte à la crédibilité de l’Etat algérien. Ce dernier annonce régulièrement depuis plusieurs jours des chiffres étonnamment bas sur la pandémie du coronavirus COVID-19 alors que tous les pays du pourtour méditerranéen subissent une nouvelle flambée des contaminations à cause du relâchement des populations au cours des vacances d’été notamment la période des congés du mois d’août. En vérité, la baisse des chiffres officiels en Algérie s’explique essentiellement par la pénurie des kits de dépistage PCR, le seul outil de dépistage fiable qui permet aux autorités sanitaires de communiquer un bilan concret sur l’évolution de la situation de l’épidémie du coronavirus COVID-19. 

Oui, l’utilisation des tests PCR dans le diagnostic des patients suspects ou infectés par la COVID-19 est en chute libre en Algérie. Et c’est un rapport officiel du très sérieux et crédible Institut National de la Santé Publique (INSP) qui le confirme.

L’INSP est l’un des rares organismes publics en Algérie qui publie des données scientifiques très fiables sur la situation épidémiologique qui prévaut dans notre pays. Et pour cause, l’Institut National de la Santé Publique a pour objet de réaliser des travaux d’étude et de recherche en santé publique permettant de fournir au ministère de la santé les instruments scientifiques et techniques nécessaires au développement des programmes d’action sanitaire et de promotion de la santé publique et à leur coordination intra et intersectoriel.
Dans son bulletin sur la situation sanitaire du pays datant du 23 août dernier, l’INSP affirme qu’au 23 août, la part des tests de dépistage PCR utilisée dans le diagnostic du Covid-19 dans toutes les wilayas de la région Ouest du pays est d’à peine de 33,4 % !

Cela signifie que près de 67 % des cas suspects ou probables ne sont pas dépistés par les tests PCR et ils ont été soumis à des diagnostics primaires qui ne peuvent en aucun être jugés fiables en raison de l’absence des kits de dépistage PCR. C’est une véritable méga-défaillance qui explique les chiffres officiels de l’Etat algérien. Des chiffres en recul parce que l’utilisation des tests de dépistage PCR est… en recul !

A l’ouest du pays, il y a des wilayas où l’utilisation des tests de dépistage PCR pour diagnostiquer les cas contaminés au coronavirus COVID-19 ne dépasse pas 10 % ! A titre d’exemple,  les wilayas avec les plus bas taux sont Saïda (5,9 %) et Mascara (9,1 %).

Dans les wilayas de  Sidi Bel Abbès, Mascara, Relizane et de Mostaganem, la part des tests de dépistage PCR dans le diagnostic de l’infection Covid-19 est de seulement 18,9 % ! Dans les wilayas de Tissemsilt et de Tiaret, la part des tests de dépistage PCR dans le diagnostic de l’infection Covid-19 ne dépasse pas également les 18,5 % !

Si on prend, par exemple, les wilayas de Saida, Sidi Bel Abbès, Mascara et de Relizane. Le rapport de l’INSP nous apprend enfin qu’entre le 25 mai et le 23 août dernier, les taux de l’utilisation des tests de dépistage PCR dans le diagnostic des cas infectés par la COVID-19 passent respectivement de 44,4 % à 5,9 %, de 75,2 % à 26,4 %, de 50,0 % à 9,1 %, et de 36,1 % à 11,0 %, du 25 mai au 23 août. Cela signifie clairement que les autorités algériennes ne déploient aucune politique de dépistage pour identifier réellement l’ampleur exacte de l’épidémie sur le territoire national. En créant une pénurie criant de kits de dépistage PCR, les autorités algériennes se permettent de communiquer des bilans faux et manipulés pour indiquer des chiffres à la baisse. Une manipulation politique indigne  d’un Etat souverain.