Exclusif. Les liaisons troublantes entre le PDG de Sonatrach et le général-major Abdelghani Rachedi

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Le limogeage et remplacement du général-major Abdelghani Rachedi a laissé le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, orphelin. Ce dernier s’est longtemps vanté dans les salons du sérail algérien d’être l’un des protégés et connaissances les plus intimes du général-major Abdelghani Rachedi, l’homme qui a dirigé la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), le renseignement intérieur algérien, entre avril 2020 et juillet 2022. Ensuite, il avait été « transféré » vers la Direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE), le renseignement extérieur algérien, pour diriger ce service de renseignement entre le 19 juillet 2022 jusqu’au 3 septembre 2022, date à laquelle il a été entièrement éjecté de ses fonctions pour se retrouver sans aucun poste et sans aucune prérogative. 

Depuis le printemps 2020, Abdelghani Rachedi fut l’un des généraux les plus influents du régime algérien et l’un des dirigeants les plus écoutés et appréciés par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier ne semblait pas connaître encore l’une des facettes cachées de ce général qui a chapeauté les directions les plus sensibles des services secrets algériens. Il s’agit de la facette « affairiste » d’un homme qui a su comment instrumentaliser ses fonctions pour tisser des réseaux dans le monde économique et les fructifier en multipliant les interventions pour influencer la prise de décision finale dans certains dossiers relatifs à des investissements économiques stratégiques.

C’est dans ce contexte que le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, a pu établir des connexions permanentes avec l’ex-patron de la DGSI, le général-major Abdelghani Rachedi. Dans de nombreuses réunions restreintes, le PDG de Sonatrach rassurait ses collaborateurs et acolytes contre tout risque de poursuites judiciaires ou d’enquêtes sécuritaires pouvant les incriminer pour des faits de corruption ou de dilapidation de l’argent public. Ces assurances tournaient toujours autour de la figure du général-major Abdelghani Rachedi qui était présenté par Toufik Hakkar comme le « principal allié » de l’administration qui préside aux destinées de Sonatrach.

Il faut savoir que sous le règne d’Abdelghani Rachedi, mas une seule enquête n’a pu être diligentée au sujet des agissements et manœuvres suspectes de la direction générale de Sonatrach. Les anomalies du dossier du méga-projet de l’exploitation des mines de phosphate de Tébessa ou les attributions controversées et entachées d’irrégularités de plusieurs marchés à des sociétés chinoises, la DGSI n’a jamais pu enquêter comme il se doit sur tous les faits douteux, voire pratiques scandaleuses impliquant les hauts responsables de l’actuelle direction générale de Sonatrach qui ont été dénoncées, pourtant, par Algérie Part avec des éléments factuels vérifiables et étayés par des documents matériels.

Abdelghani Rachedi est allé jusqu’à exploiter sa proximité avec le président Tebboune pour renforcer durablement sa relation affairiste avec Toufik Hakkar. La plus belle démonstration de ce jeu malsain et profondément immoral est sans doute le recrutement retentissant du fils même d’Abdelmadjid Tebboune, à savoir Khaled Tebboune au sein d’un service névralgique de la direction générale de Sonatrrach. 

Il aura fallu que le Chef de l’Etat intervienne personnellement dans cette affaire pour rappeler son fils à l’ordre et mettre un terme à cette « exploitation politique » honteuse du lien de parenté entre la recrue star de Sonatrach et la personne du premier magistrat du pays. Ce recrutement qui avait défrayé tant la chronique avait été imaginé et pensé entièrement par Abdelghani Rachedi. Le sieur Toufik Hakkar s’est plié en quatre pour exécuter le plan machiavélique consistant à offrir à la direction générale de Sonatrach un « bouclier » en béton armé à travers le recrutement du fils du Président de la République au sein même du cabinet du PDG de la compagnie nationale des hydrocarbures.

Avec la « chute » d’Abdelghani Rachedi, ces pratiques risquent d’être définitivement enterrées car les nouveaux décideurs qui arrivent aux commandes de la DGSI ou de la DDSE ne semblent pas vouloir « choyer » le PDG de Sonatrach ni lui apporter sur un plateau d’argent une « totale impunité ». Les nouveaux décideurs ne semblent pas vouloir céder à la « tentation du business » avec les dirigeants de Sonatrach comme ce fut le cas tout au long de l’ère d’Abdelghani Rachedi. Mais est-ce pour autant la fin d’une sinistre époque marquée par les « relations incestueuses » entre argent et pouvoir politique dans le secteur des hydrocarbures ? Seul l’avenir nous le dira…