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dimanche, février 5, 2023

Chômage, licenciements, faillites des entreprises : le régime algérien n’a absolument rien fait pour redresser la situation économique du pays

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Les Algériennes et Algériens s’apprêtent à vivre une prochaine rentrée sociale très pénible en raison de la forte détérioration de la situation économique et financière de leur pays. Les salariés algériens seront les premières victimes d’une détresse sociale qui ne cessera de s’agrandir en raison de l’incapacité des actuels dirigeants aux commandes de l’Etat à proposer un plan de relance et de soutien à l’économie nationale. Depuis le début de la crise économique avec l’avènement de la crise politique en 2019 et la pandémie de la COVID-19 en mars 2020, les entreprises algériennes n’ont pas cessé de licencier, de placer au chômage ou de cesser tout bonnement leurs activités économiques. Le massacre dure depuis le printemps 2020 et rien, absolument rien de sérieux n’a été fait par le régime algérien pour redresser la situation économique du pays. Explications. 

Le chômage, l’inflation, la dévaluation de la monnaie nationale, l’appauvrissement accéléré, la chute du pouvoir d’achat, etc., tous ces fléaux les Algériennes et Algériens les subissent au quotidien et constatent que leur niveau de vie est sans cesse en train de se dégrader par rapport aux années précédentes. Les signaux d’alerte se sont multipliés depuis le début de la pandémie de la COVID-19 qui est venue fragiliser encore davantage une économie algérienne pratiquement en crise depuis le choc pétrolier de 2014.

Dans une étude menée en avril 2020 par le cabinet de conseils Business Academy Evidencia, l’on constate déjà que les PME-TPE étaient les plus touchées par la crise sanitaire. En effet, 2% de ces entreprises ont licencié au moins la moitié de leurs salariés et connu une baisse de 60% de leur chiffre d’affaires. Plus récemment, le think tank Nabni estime qu’en plus de l’annulation des commandes antérieures, les PME ont vu la demande sur leurs produits baisser de 30 à 70% selon les secteurs. C’est en particulier le cas pour les secteurs du transport, de la restauration, des agences de voyages et de l’hôtellerie.

Une étude approfondie du cabinet EVIDENCIA Business Academy, un centre de formation, conseil et études pour dirigeants et chefs d’entreprise basé à Oran, a expliqué dés avril 2020 qu’au moins 22% des petites et moyennes entreprises algériennes ont licencié au moins la moitié de leurs employés, ce qui présente un chiffre signifiant pour seulement 02 semaines de confinement en avril 2020.

La même étude a constaté que 60% des entreprises ont connu des baisses leur chiffre d’affaires, suite à un arret net imposé par la crise sanitaire (55,3%). ¼ des entreprises algériennes ont subis une baisse d’effectif et des ruptures d’approvisionnement. Dés le début de la pandémie de la COVID-19, plus de la moitié des entreprises enquêtées font face à des problématiques de paiements des salaires (58,4%) et des difficultés de trésorerie (54,3%). Cela signifie clairement que le tissu économique national était dans une situation de fragilité extrême et la pandémie n’était que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Face à cette situation chaotique, l’Etat algérien a manqué à son devoir. Et au lieu d’intervenir rapidement avec un dispositif rigoureux pour accompagner les entreprises algériennes en limitant les dégâts, l’Etat algérien s’est contenté d’adopter des mesures superficielles et inefficaces. En effet, les autorités algériennes ont adopté uniquement des mesures d’allègement fiscal et parafiscal au profit des entreprises algériennes dans le cadre des dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers, contenues dans l’instruction n° 05 du 6 avril 2020.

Les mesures d’allègement applicables aux banques se sont traduites par la réduction du seuil minimum du coefficient de liquidité, dispense des banques et établissements financiers de l’obligation de construction un coussin de sécurité. Quant aux mesures d’allègement applicables aux clients des banques, elles se sont traduites par le report du paiement des tranches de crédit, arrivant à échéance, ou rééchelonnement des créances de la clientèle impactée par la conjoncture induite par le Covid-19, ainsi que la poursuite des financements en faveur clients qui bénéficient déjà des mesures de report ou de rééchelonnement des créances.

Ces principales mesures ont été accompagnées par la suspension momentanée ou le report de paiement de certaines taxes et impôts imposés aux entreprises. Mais aucune aide directe ou de nouveaux financements bien encadrés n’ont été débloqués pour soutenir les entreprises algériennes en très grosses difficultés.

L’Etat algérien a promis des  allocations forfaitaires pour les transporteurs, les propriétaires de taxis et les artisans. Les artisans, partie intégrante du circuit touristique, devaient bénéficier d’une allocation de solidarité estimée à 20.000 dinars pour les artisans privés et à 15.000 dinars pour les aides-artisans. Jusqu’à aujourd’hui, aucun compte rendu n’a été fourni pour expliciter la  distribution concrète de ces aides. Pis encore, les salariés des entreprises touchées de plein fouet par la crise financière et économique n’ont été destinataires d’aucune aide précise. Pas le moindre centime n’a été débloqué pour ces salariés devenus chômeurs après avoir perdu leurs revenus ou après avoir été remerciés par leurs entreprises qui ont déclaré faillite ou suspendu leurs activités.

Depuis 2020, ces problèmes socio-économiques se sont accumulés sans aucun traitement de la part des autorités suprêmes de l’Etat algérien. Les conséquences sont aujourd’hui lourdes : chômage massif, appauvrissement de plusieurs pans de la société algérienne et un sentiment de détresse nationale provoqué par une détérioration inédite des conditions de vie de la population algérienne. En ne faisant absolument rien d’efficace pour redresser la situation économique du pays, le régime algérien a expédié sa population dans un long voyage vers la précarité.

 

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1 COMMENT

  1. Même dans les commentaires, il y’a faillite ! Tout le monde est blasé, y’a plus rien à dire !
    Il ne reste plus qu’une institution qui fonctionne encore en réussissant ses cartons pleins sur
    le dos du peuple qui n’en peut plus et dont, même l’appel au « secours », est rendu inaudible !
    Alors, comme dirait Djaout le poète :

    “Le silence, c’est la mort, et toi, si tu te tais, tu meurs et si tu parles, tu meurs. Alors dis et meurs !”