Ce que coûte la violence à l’Algérie

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L’équivalent de 2,076 dollars par jour. C’est ce qu’aurait coûté la violence à chaque Algérien l’an dernier, selon le Global Peace index 2021, un rapport mondial très prestigieux réalisé par l’Institut pour l’économie et la paix (IEP). Au total, cela représente plus de 91 millions de dollars par, cette somme représente le coût direct de la violence en Algérie. En revanche, si on calcule le coût direct et indirect de la violence, l’Algérie se retrouve avec un montant qui représente jusqu’à… 11 % de son Produit Intérieur Brut (PIB), à savoir sa richesse nationale annuellement créée. C’est un coût énorme qui place l’Algérie parmi les 40 pays au monde où le coût économique de la violence est alarmant, note à ce sujet l’IEP. 

Pour aboutir à ce calcul, l’IEP agrège 22 indicateurs quantitatifs et qualitatifs pour mesurer dans chaque pays les frais associés à la « prévention et à la gestion des conséquences de la violence », c’est à dire les dépenses militaires, les coûts de protection policière, les destructions physiques et humaines et frais médicaux liés à des conflits collectifs. Auxquels l’IEP ajoute les coûts indirects, les flux d’activités économiques qu’un conflit aura empêché de générer. L’IEP ne tient toutefois pas compte des violences domestiques ni du stress psychologique.

En vertu de ces critères, l’Algérie est classée à la 36e place des pays déplorant un coût économique élevé de la violence. L’Algérie est classée juste derrière le Mexique, un pays fortement touché par les violences des narcotrafiquants et des gangs impliqués dans diverses formes de criminalité. Par ailleurs, le coût économique de la violence est jugé plus élevé en Algérie qu’au Brésil, les Etats-Unis d’Amérique ou le Zimbabwe, des pays réputés, pourtant, pour leurs violences sociales très répandues au sein de leurs populations.

Fort heureusement, l’Algérie fait nettement mieux en termes de coût économique de la violence que la Syrie, la Libye, le Mali ou le Yémen, des pays ravagés par des guerres ou des confits armés. La violence fait également beaucoup moins de dégâts économiques en Algérie par rapport à l’Afrique du Sud, l’un des pays africains les plus violents.

Cependant, le coût économique de la violence est plus élevé en Algérie qu’au Maroc ou en Tunisie, les voisins directs de notre pays. Au Maroc, le coût économique direct et indirect de la violence représente également 6% du PIB marocain et en Tunisie, ce même coût représente 7 % du PIB tunisien.

Soulignons enfin que l’Indice Mondial de la Paix (IPM) est l’une des mesures les plus importantes des niveaux de paix dans le monde, publié par l’Institut d’Économie et de Paix (IEP), en Australie. Il utilise 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs pour classer 163 pays, selon leur niveau de sécurité et de paix et couvre 99,7% de la population mondiale. L’Indice mesure le niveau de paix et de sécurité dans trois domaines: Sûreté et sécurité de la communauté, conflits en cours et degré de militarisation.

L’Indice de cette année se divise en trois chapitres: Le premier résume les résultats les plus marquants de l’Indice. Le second analyse l’impact de la pandémie de Coronavirus sur la paix positive. Le troisième traite du dernier Rapport publié par l’Institut d’Économie et de Paix, «Registre des Risques Environnementaux», qui traite des risques environnementaux et de leur relation avec la paix positive et la capacité économique des pays à faire face aux défis, mettant en évidence les risques auxquels les pays du monde pourraient faire face au cours des trente prochaines années. Le Rapport comprend également des annexes sur la méthodologie de recherche et les 23 indicateurs de l’Indice.

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