A peine 5000 euros pour les lieux historiques : les étranges priorités du ministère des Moudjahidine

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Le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit développe un étrange et intriguant sens des priorités. Les dépenses les plus importantes de ce ministère sont uniquement destinées aux salaires et primes des fonctionnaires ou des pensions des anciens combattants de la Guerre de l’Indépendance. En revanche, les activités liées à la préservation de la mémoire et de la célébration des faits les plus glorieux de l’histoire de notre valeureuse Révolution nationale bénéficient de budgets dérisoires, voire ridicules qui en disent long sur le désintérêt total dont font preuve les dirigeants algériens à l’égard de l’histoire de notre pays. 

Un parfait exemple illustre la gouvernance scandaleuse du ministère des Moudjahidine. Durant cette année 2022, à peine 800 mille Da seront consacrés par ce département ministériel pour financer les dépenses relatives à la protection des lieux historiques. Il s’agit d’un budget d’à peine 5000 euros ! C’est tout simplement ridicule et honteux pour un pays qui se dit fier de son histoire alors qu’il ne fait même pas l’effort de mettre en valeur les sites historiques liés à sa lutte acharnée pour l’Indépendance.

Par ailleurs, un budget d’uniquement 1 million de Da a été prévu par le ministère des Moudjahidine pour financer des conférences et des séminaires liés à la vulgarisation de la connaissance autour des évènements les plus historiques de la Guerre de l’Indépendance.

En 2022, l’Algérie va célébrer le 60ème anniversaire de l’indépendance. Mais cette célébration elle-même de la victoire historique contre le colonialisme français,  à savoir le 5 juillet, une fête nationale en Algérie, reçoit très peu d’attention de la part du ministère des Moudjahidine puisqu’il lui consacre un budget de 100 millions de Da, soit l’équivalent d’à peine 640 mille euros. Avec un tel budget minimal, il n’est même pas possible de financer des animations, des concerts ou des expositions modernes autour de l’Indépendance du pays. Ce simplisme excessif, pour ne pas dire cette indifférence honteuse des autorités publiques, explique en grande partie pourquoi le 5 Juillet passe tout bonnement inaperçu en Algérie et ne mobilise presque personne dans notre pays puisque rien de grandiose ou de marquant n’est organisé pour renforcer encore le sentiment de fierté nationale.

Un autre exemple éloquent. En 2022, le ministère des Moudjahidine a prévu une  contribution de 80 millions de Da, soit l’équivalent de 510 mille euros, au profit du centre national d’études et de recherche sur le mouvement national et de la Révolution du 1er novembre 1954. Ainsi, toute la recherche historique sur la période la plus cruciale de l’histoire de l’Algérie est soutenue uniquement à hauteur de… 500 mille euros ! Dans un pays qui se respecte et respecte considérablement sa propre histoire, ce budget est octroyé pour une simple publication historique retraçant un seul fait d’armes du passé du pays.

Mais en Algérie, malgré ces dépenses ridicules pour la préservation et la transmission de la Mémoire collective, le régime politique se targue d’être le gardien le plus dévoué des valeurs historiques du… pays. Quel culot !

En revanche, pour financer le transport, cures thermales, les prises en charge médicales, les diverses prestations familiales, les complément de retraites, le ministère des Moudjahidine a prévu pour 2022 des dépenses de  l’équivalent de plus de 1,6 milliard de dollars.

A titre d’exemple, l’Etat algérien va dépenser pas moins de 340 millions de Da pour prendre en charge en 2022 les frais de soins, de cures thermales et de séjour en stations
thermales des moudjahidine. Les autorités algériennes ont également prévu 800 millions de Da pour financer les frais de transport des moudjahidine et ayants-droit.

En 2022, une assistance exceptionnelle a été budgétisée à hauteur de 10 millions de Da pour prendre en charge les moudjahidine et ayants-droit nécessiteux. 400 mille Da ont été débloqués aussi pour prendre en charge en 2022 les frais de rapatriement des corps de chouhada et invalides de guerre décédés à l’étranger ainsi que les transferts inter-wilayas.

Et pour compléter enfin ce dispositif d’action sociale pour l’assistance et la solidarité avec les Moudjahidine, l’Etat algérien a débloqué pas moins de 31 milliards de Da pour financer un complément différentiel de retraite servi aux moudjahidine. Au total, les actions de solidarité et d’assistance au profit des Moudjahidine vont coûter plus de 226 milliards de Da, à savoir l’équivalent de plus de 1,6 milliard de dollars. Ce montant englobe les 194,5 milliards de Da au titre des pensions aux moudjahidine et ayants-droit de Chouhada, aux victimes d’engins explosifs et à leurs ayants droit ainsi qu’aux grands invalides victimes civiles.

2 COMMENTS

  1. Longue vie à Boumedienne et son frére de combat Bouteflika , les pères du pays, qui ont instauré les solides bases de l’Algérie , en éliminant les traitres ( comme Chaabani et autres) et en donnant le plein pouvoir aux glorieux militaires compatriotes (comme Belkhir et Nezzar) , et longue vie aussi aux 6 millions 532 302 des chouhadas. 1, 2, 3 VIVA L’ALGERIE de TEBBOUNE et CHENGRIHA qui ont pris le flambeau des 2 pères du pays .

  2. Comme il y’a encore au moins six ou sept millions de moudjahid, c’est vrai que la somme est ridicule, mais bon ils de rattrapent avec les licences de taxis et les licences de bars et les licences d’importations.
    Les vrais moudjahid sont six pieds sous terre et généralement leurs familles n’ont jamais rien demandé ni obtenu.
    Après on vient nous dire qu’ils ne font commerce de l’histoire.