Une vague de chaleur asphyxie l’Algérie : le réchauffement climatique, l’autre danger majeur qui menace l’avenir du pays

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Avec des pointes à plus de 40 degrés, une vague de chaleur asphyxiait plusieurs régions en Algérie. Cette vague de chaleur s’est emparée aussi de plusieurs autres pays du bassin méditerranéen comme l’Espagne ou la France. En Europe, cet épisode est jugé « anormal » pour la période et plusieurs experts estiment qu’il est provoqué par le réchauffement climatique. Mais en Algérie, ce danger majeur n’est pas pris suffisamment au sérieux alors qu’il est une menace sérieuse pour l’avenir du pays. 

Depuis le début de cette semaine en cours, à savoir dimanche dernier, la canicule frappe plusieurs wilayas du nord du pays, avec des températures atteignant les 45 degrés, a annoncé l’Office national de la météorologie qui a émis un bulletin météorologique spécial depuis mardi dernier 14 juin. Les wilayas de Sidi Bel-Abbès, Relizane, Mascara, Chlef et Ain Defla, où les températures oscilleront entre 43 et 45 degrés, sont placées en vigilance «orange» jusqu’à aujourd’hui encore. Les wilayas de Tipaza, Alger, Blida, Boumerdès, Tizi Ouzou et Béjaïa, où les températures oscilleront entre 40 et 42 degrés, sont également placées en vigilance «orange» également et cela continuera jusqu’à la fin de cette semaine.

Afin d’éviter les complications que peuvent engendrer ces grandes chaleurs, l’Office national de la météorologie a appelé, via son site officiel, à boire de l’eau régulièrement et éviter les grands déplacements. De son côté, la Direction de la Protection civile a émis des consignes de prévention et de protection contre les effets de la canicule, invitant les citoyens à redoubler de précaution durant la journée, indique depuis lundi dernier un communiqué de cette institution. La Protection civile appelle les citoyens à la vigilance face à la hausse des températures enregistrée ces derniers jours et qui devraient connaître un pic dans les jours à venir, recommandant, dans ce contexte, de « limiter les longs déplacements pendant la journée, de ne pas s’exposer au soleil, notamment pour les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies chroniques et les enfants », est-il affirmé dans cette mise en garde.

Cet épisode de forte chaleur risque de se reproduire régulièrement et souvent au cours de cet été 2022. A qui la faute ? Au fameux et terrifiant réchauffement climatique auquel l’Algérie est l’un des pays les plus exposés dans le bassin méditerranéen.

Le bassin méditerranéen, qui comprend la mer et les pays qui la bordent, est régulièrement présenté comme un « point chaud » des changements climatiques et de la biodiversité. Ces bouleversements engendrent, en interaction avec la pollution, l’utilisation non durable des terres, de l’eau et l’invasion d’espèces non indigènes. Autant de risques souvent sous-estimés pour les populations et les écosystèmes de la zone qu’un récent rapport du MedEcc (Mediterranean Experts on Climate and environmental Change) a abordé pour mettre en garde les pays méditerranéens contre l’impact dangereux du réchauffement climatique.

Dans les années à venir, les pays méditerranéens comme l’Algérie connaîtront, selon ce rapport savant, des températures estivales qui devront atteindre les +3,3 °C par rapport aux étés de l’ère préindustrielle. Cela augmenterait très sensiblement l’intensité et la fréquence des canicules. Les villes subiront des pics de chaleurs amplifiés de plusieurs degrés par les surfaces minérales, avec des risques particulièrement importants pour la santé des citadins les plus vulnérables – les enfants, les personnes âgées, les pauvres.

Ces risques sont accrus par la pollution de l’air, dans des métropoles telles que la capitale Alger, a prévenu le même rapport selon lequel les zones côtières subiront en Méditerranée à la fois une augmentation du niveau de la mer qui s’accélère actuellement (4,8 cm depuis 10 ans). Il devrait s’élever de 40 à 120 cm d’ici à 2100, selon les différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre. Le retrait du trait de côte est par ailleurs amplifié par une diminution drastique de l’apport sédimentaire et par l’urbanisation.

La sécheresse est sans doute le plus grand danger dévastateur du réchauffement climatique. Les précipitations subissent une évolution paradoxale, avec une accentuation de la sécheresse pendant les mois d’été et une augmentation des fortes pluies et donc du risque d’inondation en hiver. Les modèles climatiques indiquent, d’une façon cohérente, une décroissance moyenne de 4 % de la quantité de précipitations par degré de réchauffement global. Dans une zone où les ressources en eau sont déjà insuffisantes pour 180 millions de personnes (au sud et à l’est du bassin), ce manque va s’accentuer, notamment pour le secteur agricole. D’autant plus que la demande totale du bassin pourrait accroître de 22 à 74 % d’ici à 2100 en raison de l’évolution démographique, du tourisme de masse et de l’agriculture. Et les conséquences seront dramatiques dans le sud et l’est de la Méditerranée dont le climat est déjà qualifié d’aride, et qui concentre les trois quarts de la population du bassin.

L’Algérie est parmi les plus grands pays souffrant de sécheresse chronique ces dernières années. On le voit bien, le réchauffement climatique produit des dégâts importants : pollution, pénurie de l’eau potable, sécheresse, érosion du sol, inondations aussi, canicule, feux de forêt, etc. Tous ces fléaux vont saboter le développement économique d’un pays fragile comme l’Algérie, impacter le niveau de vie de sa population et provoquer des pertes financières considérables. A force de trop négliger ces menaces climatiques, l’Algérie risque de s’embourber dans de nouvelles crises cycliques qui menaceront sa stabilité pour toujours.