Une enquête internationale dévoile que les jeunes algériens accordent plus de valeur au travail que les jeunes européens

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Les jeunes algériens, des fainéants, nonchalants, indifférents, insensibles et je-m’en-foutistes, etc., ces poncifs et préjugés ont été catégoriquement démenties par une vaste enquête internationale qui s’est intéressée de près aux aspirations et aux préoccupations de la jeunesse algérienne en particulier et maghrébine en générale. Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette enquête a démontré que les jeunes algériens accordent plus d’importance au travail que les… jeunes européens. 

Cette enquête a été réalisée dans le cadre d’un rapport global intitulé : « Jeunesse et Mobilité au Maghreb: Une Evaluation des Aspirations de la Jeunesse en Algérie, Libye, Maroc et Tunisie ». Il s’agit d’un rapport qui a été établi par  le Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD) qui est une organisation internationale dont les opérations sont réparties dans 90 pays à travers le monde. Cette organisation internationale a été créé par l’Autriche et la Suisse en 1993 et ​​compte depuis 19 États membres en 2022 et elle est dotée d’un statut d’observateur à l’ONU.

Financé par l’Union Européenne, ce rapport publié en 2021 nous apprend ainsi qu’une « moyenne de 81 % de jeunes en Algérie, en Libye, au Maroc et en Tunisie pensent qu’un emploi est très important dans leur vie ».  Ces données citées par le rapport de l’ICMPD ont été confirmées par l’enquête mondiale sur les valeurs (World Values Survey) qui est un projet international d’enquêtes sur l’évolution des valeurs et des croyances autour du monde et qui conduit des sondages d’opinion très pointus dans plus de 80 pays à travers le monde. Le projet est porté par un réseau international de chercheurs en sciences sociales présidé par Ronald Inglehart, célèbre professeur à l’université du Michigan aux Etats-Unis.

Il faut savoir à ce propos que le WVS mesure, surveille et analyse : soutien à la démocratie, tolérance envers les étrangers et les minorités ethniques, soutien à l’égalité des sexes, rôle de la religion et niveaux de religiosité, impact de la globalisation, attitudes à l’égard de l’environnement, travail, famille, politique, identité nationale, culture, diversité, insécurité et bien-être de l’individu.

D’après le rapport de l’ICMPD, « en comparaison, seuls 51 pour cent des jeunes des pays membres de l’UE inclus dans l’enquêt accordent la même valeur au travail ». Le parallèle est saisissant : la recherche d’un travail revêt une importance stratégique pour les jeunes algériens et maghrébins alors qu’en Europe, le travail a une valeur beaucoup moins vitale que l’on croit. Du moins aux yeux des jeunes européens.

Par ailleurs, ce rapport de l’ICMPD nous apprend aussi qu’en moyenne 44 % des jeunes en Algérie, en Libye, au Maroc et en Tunisie pensent qu’ « à long terme, l’acharnement au travail permet généralement d’avoir une meilleure vie ». En comparaison, seuls 15 %
des jeunes Européens pensent que c’est le cas.

Les données de l’ICMPD reflètent ainsi la volonté coriace des jeunes algériens et maghrébins de réussir leur vie professionnelle et de bâtir une vie active qui peut leur permettre un certain épanouissement social. Cependant, les réalités politiques et économiques de l’Algérie et des autres pays de la région gâchent les ambitions de ces jeunes et empêchent leur ascension sociale. A ce propos, le rapport de l’ICMPD conclut que « les jeunes maghrébins connaissent peu la variété des professions et des opportunités professionnelles qui s’offrent à eux ». « Ce constat souligne le besoin de conseils permettant d’orienter les choix de carrière, qui peuvent être promus dans le cadre de l’initiative de partenariats de talents », signale en dernier lieu ce brillant rapport riche en enseignements sur la situation réelle de la jeunesse en Algérie et dans les pays du Maghreb.