Une enquête dévoile : au moins 75% des algériens souffrent de la cherté des produits alimentaires

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Se nourrir devient de plus en plus couteux en Algérie. Les produits alimentaires les plus largement consommés sont considérés comme « chers » par au moins 75 % des consommateurs algériens, nous apprend une enquête de terrain menée par deux chercheurs universitaires expérimentés. Il s’agit d’une enquête rigoureuse menée sur un échantillon représentatif de la population algérienne et composé de consommateurs répartis dans trois wilayas de l’Ouest Algérien. Cette étude universitaire s’est intéressée aux habitudes alimentaires des consommateurs et à leurs divers rapports ou interactions avec les divers produits alimentaires.  

Cette enquête a été menée par  Martine Padilla,  Docteur en économie et administrateur scientifique au Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes, spécialiste en économie alimentaire (CIHEAM). Cette chercheur française avait occupé également les fonctions de vice-présidente de l’Association internationale d’économie alimentaire et agro-industrielle. Un chercheur algérien était également pleinement impliquée dans la réalisation de cette enquête approfondie sur le niveau de « modernité alimentaire » de la population algérienne.

Il s’agit de Kamel Chikhi,  titulaire d’un doctorat en Sciences de Gestion de l’université de Tlemcen (Algérie) en collaboration avec le Ciheam-IAM Montpellier (France), et chercheur à l’Université de Sidi Bel Abbés-Faculté des Sciences Economiques.

Le premier constat de cette enquête a porté d’emblée sur la forte inflation des produits alimentaires qui provoque une alarmante cherté de la vie laquelle est fortement ressentie par les consommateurs algériens.  Cette cherté de la vie et forte inflation des prix des produits alimentaires est déplorée par au moins 75 % des consommateurs algériens. « Il n’est pas anormal que 75% des individus enquêtés admettent la cherté des produits alimentaires », constate à ce propos les deux chercheurs auteurs de cette étude qui nous append, par ailleurs, que « la perception des prix des produits peut largement influencer la consommation en faveur des produits de la modernité ou de la tradition ».

Si le pain, les boissons et la semoule sont considérés comme peu chers ou abordables, les poissons, viandes, fruits et légumes et huiles sont perçus comme très chers ou chers, peut-on apprendre grâce aux conclusions de cette étude universitaire. Les légumes secs, produits traditionnels, sont pour 60% des répondants parmi les aliments coûteux, alors que les boissons sucrées, aliments modernes, sont bon marché. La semoule, produit emblématique algérien, est réputée comme excessivement chère par les hommes alors que les femmes la trouvent abordable.

Force est de constater que les consommateurs issus du milieu rural estiment que le prix des semoules est extrêmement élevé par rapport à ceux issus du milieu urbain qui eux pensent qu’elles sont abordables.

Les viandes et les poissons sont les deux aliments les moins abordables pour les infortunés consommateurs algériens. Près de 69 % des consommateurs algériens jugent les prix des poissons comme très chers ou assez chers. Idem pour les viandes puisque plus de 66 % des consommateurs algériens estiment que leurs prix sont très chers ou assez chers. Quant aux fruits et légumes, au moins 32 % des consommateurs les jugent très chers et 42 % des consommateurs les perçoivent comme assez chers.

Il faut savoir que depuis 2011, une étude menée par l’Office National des Statistiques (ONS), un organisme gouvernemental et public en Algérie, avait démontré que les ménages algériens consacrent au moins 42% de leur budget aux dépenses alimentaires. C’est pour cette raison que la cherté des produits alimentaires produit un impact de plus en plus désastreux sur la stabilité des ménages algériens.