Un réfugié politique algérien en Tunisie menacé d’extradition vers l’Algérie

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Le militant algérien Zaki Hannache des droits humains, demandeur d’asile en Tunisie, a annoncé ce samedi 19 novembre 2022 avoir obtenu le statut de réfugié du Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR). 

Zaki Hannache est une figure du Hirak, le mouvement de protestation populaire qui a contraint le président algérien Abdelaziz Bouteflika à quitter ses fonctions en 2019. Ce militant très actif sur les réseaux sociaux et engagé pour la libération des détenus d’opinion a été détenu pendant plusieurs semaines en Algérie en début d’année et poursuivi pour apologie d’actes terroristes ​et diffusion de fausses informations.

Après sa remise en liberté, il s’est rendu en Tunisie pour y demander l’asile. Mais, apprenant que les autorités tunisiennes le recherchaient pour le remettre à l’Algérie », il a demandé la protection du HCR.

« L’agence des Nations unies pour les réfugiés a décidé de m’accorder le statut de réfugié​ », a-t-il annoncé, vendredi sur Facebook. De plus, le HCR a confirmé que je ne suis pas un terroriste ou un criminel. La détermination du statut de réfugié incombe d’abord aux États, mais le HCR, dans certains cas, peut également prendre en charge cette procédure.

Dans une communication au gouvernement algérien mi-septembre, la Rapporteure de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits humains, Mary Lawlor, a exprimé de graves préoccupations quant à l’arrestation et la détention de M. Hannache, ainsi que les accusations portées contre lui, qui semblent directement liées à son travail en tant que défenseur des droits humains​.

Cette semaine, 55 organisations, notamment algériennes et tunisiennes, mais aussi internationales, avaient dit redouter que Hannache ne soit refoulé en Algérie, où il encourrait jusqu’à 35 ans de prison, pour le seul fait d’avoir usé de (son droit à) la liberté d’expression. Les autorités tunisiennes ne doivent en aucun cas répéter le dangereux précédent ​de Slimane Bouhafs, un militant algérien kidnappé ​en Tunisie et refoulé vers l’Algérie en août 2021, avaient-elles souligné dans un communiqué.

Plus de quarante organisations tunisiennes des droits humains avaient alors affirmé qu’il avait été livré à l’Algérie par les autorités tunisiennes, malgré son statut de réfugié. Depuis 2019, les autorités algériennes ont poursuivi des centaines de personnes en lien avec le Hirak ou la défense des droits humains, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Avec l’AFP