Un rapport économique suisse s’inquiète de la situation de l’agriculture en Algérie

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Le secteur agricole en Algérie est en constante régression et notre pays est confronté à un véritable danger au sujet de sa souveraineté alimentaire. Un rapport économique dressé par les services de l’ambassade de Suisse à Alger tire la sonnette d’alarme et prévient contre les conséquences néfastes de cette régression de l’agriculture algérienne. 

Publié à la mi-août dernier, ce rapport qui scrute les évolutions des indicateurs économiques et financiers de l’Algérie constate que « le secteur agricole peine à se développer malgré les mesures de relance du gouvernement en 2020 et 2021 ». Ce rapport des services économiques de l’ambassade de Suisse à Alger explique également que « l’agriculture a gagné 0,83% de parts depuis 2016 ». Ce qui demeure une évolution insignifiante par rapport aux autres secteurs tels que les services et l’industrie représentent presque à égalité la plus grande partie du PIB de notre pays avec respectivement 40,2% et 39,6% du total en 2021. Quant au secteur agricole, il représente 13% du PIB et seulement 0,03% des recettes fiscales ordinaires. L’apport de l’agriculture à la fiscalité en Algérie est donc totalement ridicule.

Le même rapport économique de l’ambassade de Suisse à Alger reconnait, tout de même, quelques des évolutions positives de l’agriculture algériennes.  « Des textes réglementaires facilitent la procédure d’accès au foncier agricole et la récupération des terres non exploitées. Le PIB du secteur a connu en 2021 une progression de +10,4% (+2,7% en 2020) pour une production annuelle estimée à 25,6 milliards USD avec au total une superficie irriguée de 1,5 millions ha en 2021, représentant près de 17% de la surface
agricole utile », note ainsi ce rapport de synthèse sur les performances de l’économie algérienne.

Cependant, de nombreuses défaillances menacent la stabilité du secteur agricole. Il s’agit notamment de « l’augmentation des prix des intrants » qui a ralenti « le développement de la production agricole, de même que des conditions de moins en moins propices, avec la baisse des niveaux de pluie et la désertification des régions steppiques traditionnellement exploitées pour l’élevage », explique la même source.

Ce rapport économique de l’ambassade Suisse à Alger a mis enfin en exergue les mauvaises décisions du gouvernement algérien en matière d’approvisionnement du pays en produits laitiers. « En février 2022, le ministère de l’Agriculture a annoncé la relance des importations de génisses, suspendue en décembre 2020 suite à la crise de la Covid-19 qui empêchait d’effectuer l’agréage des animaux. Il vise ainsi à relancer la production laitière, estimée actuellement à seulement 800 millions de litres par an, ce qui oblige l’Algérie à importer 500’0000 t de poudre de lait par an pour l’équivalent de 1,2 milliards USD », précise à ce sujet ce rapport détaillé qui étudie les perspectives économiques d’une Algérie secouée par les effets de la pandémie de la COVID-19 en 2020 et la crise économique ayant éclaté en 2021 ainsi que les bouleversements géopolitiques de la guerre en Ukraine en 2022.