Un rapport accablant tire la sonnette d’alarme à propos de la situation des femmes détenues politiques en Algérie

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Demonstrators march behind an Algerian flag during a protest in Algiers, Algeria, Friday, March 5, 2021. Protesters took to the streets of Algiers and other cities around Algeria Friday, in a bid to restart weekly pro-democracy demonstrations. Fateh Guidoum/AP/SIPA *** Local Caption *** 22545650

Au moins 5 femmes algériennes sont détenues dans les prisons pour des délits purement politiques. Et la situation de ces détenues politiques est totalement déplorable et suscite l’inquiétude des défenseurs des Droits de l’Homme. Un rapport de l’ONG Riposte Internationale tire la sonnette d’alarme et lance un SOS de détresse en direction de la communauté internationale. 

L’ONG Riposte Internationale est une association créée et établie en France par des activistes et militants en faveur de la démocratisation et la promotion des libertés fondamentales en Algérie. Cette ONG vient de rendre public son rapport sur les violations des Droits Humains en Algérie. Et tout un chapitre de ce rapport a été dédié aux femmes détenues politiques confrontées face à l’arbitraire en Algérie.

Il faut savoir effectivement qu’au moins cinq femmes se trouvent aujourd’hui en prison à Kolea, dans la wilaya de Tipaza. Il s’agit de  Moufida KHERCHI, Fatima BOUDOUDA
Fatiha DAOUDI,  Rima ZAIDI et Kamira NAIT SID.  « Leur détention provisoire a dépassé actuellement une année et elles sont toujours en attente de leur jugement. Elles sont poursuivies dans des dossiers différents et sur la base de l’article 87 bis du Code pénal », nous apprend ainsi le rapport de Riposte Internationale.

« À l’exception de Moufida KHERCHI, les quatre autres ont été acheminées des wilayas (départements) de l’intérieur, d’Annaba et de Guelma par exemple, situées à des centaines de kilomètres de leurs lieux de résidence. Fatiha DAOUDI et Kamira NAIT SID, souffrent de pathologies nécessitant leurs prises en charge à l’extérieur, mais les juges ont rejeté leur demande de liberté conditionnelle », souligne la même source qui nous apprend, par ailleurs, que la plus jeune de ces détenues politiques, à savoir Moufida KHERCHI, « est emprisonnée et poursuivie en raison de graves accusations » alors qu’elle n’a fait « qu’héberger chez elle, Fatiha DAOUDI en visite à Alger pour quelques jours ».

Ce rapport de l’ONG Riposte Internationale rappelle à juste titre que ces détenues politiques ont été écartées par les autorités algériennes à l’occasion de « la dernière grâce présidentielle décrétée à la vielle du 5 juillet 2022, fête de l’indépendance » par le Président Abdelmadjid Tebboune. Cette grâce a été accordée à tous les détenus de droit commun et parmi eux certains qui ont été reçus à l’examen du Baccalauréat. « Cette grâce n’a pourtant pas concernée Moufida KHERCHI, brillante lauréate de l’examen du Baccalauréat qui l’a préparé et obtenu pendant cette année de détention toujours en cours ( 2022) », regrette le rapport de l’ONG Riposte Internationale.

« Il en est de même pour Kacem Said emprisonné à Oran ou MOHAD Gasmi emprisonné à Adrar, eux aussi ayant été reçus à l’examen du Baccalauréat », dénonce encore la même source. « Depuis le début du Hirak, le 22 février 2019, quinze femmes ont connu la détention et plus d’une centaine, parmi elles des enseignantes universitaires, des syndicalistes, des étudiantes et des journalistes, ont été/sont poursuivies en justice et maintenues, pour certaines sous contrôle judiciaire. Plus de 500 femmes sont interpellées, conduites dans les locaux des services de sécurité et soumises à des interrogatoires », souligne enfin ce rapport qui fournit moult informations détaillées sur la situation actuelle des prisonniers politiques en Algérie. Une catégorie qui semble, malheureusement, totalement ignorée et oubliée par les médias et la société civile algérienne.