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samedi, janvier 28, 2023

Un nouveau rapport mondial propose une profonde autopsie des causes du sous-développement de l’Algérie

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Le Global Sustainable Competitiveness Index (Indice mondial de compétitivité durable ou GSCI) dans le monde vient d’être publié par le cabinet de conseil en gestion durable SolAbility. Avec un score de 37,2/100, l’Algérie est classée cette année 147ème sur 180 pays. Un classement peu reluisant qui traduit les retards structurels de notre pays dans de nombreux domaines clés qui déterminent le niveau de développement d’un pays. Décryptage. 

Publié depuis 2012, le GSCI mesure la compétitivité des pays sur la base de 189 indicateurs, regroupés en six piliers de la compétitivité durable à savoir: capital naturel, intensité et efficacité des ressources, capital intellectuel, durabilité économique, capital social et performance de la gouvernance. « La compétitivité durable signifie la capacité d’un pays à répondre aux besoins et aux exigences de base des générations actuelles tout en maintenant ou en développant la richesse nationale et individuelle dans le futur sans épuiser le capital naturel et social », expliquent les auteurs du rapport. Et de préciser que « le score moyen de compétitivité durable dans tous les pays en 2022 est de 43,1 ; le score le plus élevé, obtenu par la Suède, est de 60,7 ».

L’Algérie est, malheureusement, très loin encore de pouvoir prétendre à la moyenne de la compétitivité durable au niveau mondial. Plusieurs raisons expliquent cette sinistre situation dans laquelle se retrouve le plus vaste pays du continent africain, doté de plusieurs richesses naturelles sans oublier sa situation géographique exceptionnelle : porte de l’Afrique depuis le sud de l’Europe et cœur battant du bassin méditerranéen.

L’Algérie pêche, d’abord, par ses mauvaises performances concernant la gestion du capital naturel. Ce critère important du rapport mondial GSCI détermine l’exploitation d’un pays de son environnement naturel donné, y compris la disponibilité des ressources et le niveau d’épuisement de ces ressources. Dans cette catégorie, l’Algérie arrive au 142e rang mondial avec un score médiocre de 33,4/100. Cela signifie que l’Algérie peine à rentabiliser ses ressources naturelles qui sont menacées d’épuisement faute d’une exploitation rationnelle et intelligence basée sur leur préservation pour les besoins des générations futures. Quant aux revenus en devises provenant des richesses naturelles du pays, ils sont tellement mal-gérés qu’ils finissent dilapidés ou gâchés dans des dépenses préjudiciables pour le développement du pays.

C’est sans nul doute pour cette raison que l’Algérie récolte d’une note catastrophique dans une autre catégorie importante du GSCI : il s’agit de l’efficacité et intensité des ressources. Ce critère détermine l’efficacité de l’utilisation des ressources disponibles comme mesure de la compétitivité opérationnelle dans un monde aux ressources limitées. Pour rappel, la compétitivité traduit plus généralement la capacité d’une économie ou d’une entreprise à faire face à la concurrence étrangère. Mais le calcul de l’indice de compétitivité d’un pays se fonde uniquement sur les prix : c’est le rapport entre l’indice prix des importations et l’indice des prix à la production. L’Algérie manque cruellement de compétitivité en raison de sa très mauvaise utilisation des ressources de son sous-sol et de leurs revenus en devises. Dans cette catégorie, l’Algérie traîne au 164e rang mondial sur 176 pays.

Et pourtant, l’Algérie dispose d’un sérieux atout qui est indispensable pour le développement économique ou technologique d’un pays. Il s’agit des bonnes performances dans la gestion du capital intellectuel et innovation qui est la capacité à générer de la richesse et des emplois grâce à l’innovation et aux industries à valeur ajoutée sur les marchés mondialisés. Dans cette catégorie, le GSCI classe l’Algérie au 70e rang mondial avec un score de 40/100. L’Algérie se classe ainsi parmi les 70 premiers pays monde réputés pour leur importante capacité à innover et générer des richesses aux fortes valeurs ajoutées. C’est dire que les experts internationaux du GSCI reconnaissent le fort potentiel de l’Algérie en matière de capital intellectuel. Ce qui constitue un sérieux et précieux atout pour l’Algérie qui fait mieux dans ce domaine clé pour le développement que de nombreux importants ou grands pays. En effet, l’Algérie est mieux classée en matière de gestion du capital intellectuel que l’Indonésie (74e) ou l’Argentine (80e), l’Egypte (83e) ainsi que l’Inde (90e).

Avec la Tunisie et le Maroc, nos voisins du Maghreb, l’Algérie fait partie des pays africains les mieux notés concernant la gestion et exploitation du capital intellectuel. « Les pays avec un score élevé dans cette catégorie sont plus susceptibles que les autres de développer
(ou soutenir) des économies prospères grâce à la recherche et au savoir-faire industriel, c’est-à-dire les industries à haute valeur ajoutée, et donc réaliser une croissance plus élevée », souligne à ce propos le GSCI pour mettre en exergue l’importance des performances des pays enregistrant des progrès en matière de capital intellectuel.

C’est dire enfin que l’Algérie gâche son principal atout de développement en raison de la mauvaise gestion et le manque criant d’efficacité dans l’exploitation de ses richesses naturelles principalement le gaz et pétrole. Cette défaillance majeure explique ainsi pourquoi l’Algérie demeure un pays sous-développé car les revenus provenant de ses richesses naturelles ne contribuent pas à l’épanouissement de sa population dotée d’un fort potentiel intellectuel. Ils contribuent, malheureusement, à la propagation de la corruption, la mauvaise gouvernance ou l’autoritarisme politique. Triste gâchis.

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