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samedi, janvier 28, 2023

Un journaliste algérien placé sous contrôle judiciaire parce qu’il a dénoncé un « mariage clandestin » en pleine crise sanitaire à Annaba

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Encore une dérive autoritaire contre la liberté de la presse en Algérie. Le jeune journaliste Mustapha Bendjama, parmi les plus belles plumes de la presse algérienne, vient d’être placé sous contrôle judiciaire par une juge d’instruction près le tribunal d’Annaba. Le journaliste du quotidien régional Le Provincial, basé à Annaba, est visé par une plainte pour « diffamation » et « atteinte à l’intérêt national » parce qu’il a dénoncé dans un article et une vidéo sur Facebook l’organisation d’un mariage clandestin au niveau d’une salle des fêtes en pleine crise sanitaire de la COVID-19. 

Les faits remontent à mars 2020. Les organisateurs de ce mariage illicite et dangereux pour la santé publique en raison des menaces sérieuses de l’épidémie de la COVID-19 n’ont pas été inquiétés. En revanche, le journaliste Mustapha Bendjama subit un acharnement judiciaire à la suite d’une plainte de l’actuel Wali d’Annaba, Djamel Eddine Berrimi.

Et pourtant, la loi est officiellement du côté du journaliste algérien puisque la célébration des mariages a été formellement interdite dans des salles des fêtes pour endiguer la propagation du virus de la COVID-19.

« Ceux qui n’ont pas respecté les lois de la République en organisant le mariage s’en tirent bien, sans aucune poursuite connue », déplore ainsi sur page Facebook Mustapha Bendjama qui fait des révélations étonnantes sur l’audition à laquelle il a été soumis ce mardi 1er juin.  « On m’a aussi reproché s’être intervenu sur la chaîne « الحدث » à propos de cette même affaire. On m’a aussi questionné sur l’affaire du journaliste Khaled Drareni.  La juge m’a reproché d’avoir participé à un sit-de soutien en faveur de Khaled, et d’avoir porté une pancarte Libérez Khaled Drareni. Une tentative d’influencer la justice, a estimé madame la juge », indique encore sur Facebook Mustapha Bendjama qui n’a pas caché son grand étonnement face aux motifs absurdes des poursuites judiciaires dont il fait l’objet.

Ces dérapages ont suscité une vague d’indignation générale au sein de la corporation des journalistes algériens. Mustapha Bendjama est harcelé régulièrement par les services de sécurité et les tribunaux à Annaba. Il est l’une des rares voix libres et engagées à l’est du pays qui n’a pas peur d’affronter l’arbitraire. Sa liberté est plus que jamais menacée.

 

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