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mardi, janvier 31, 2023

Tribune. PROJET CONSTITUTIONNEL EN ALGÉRIE : UNE FORFAITURE HISTORIQUE SANS PRÉCÉDENT !

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En pleine pandémie, alors que des lois liberticides viennent d’être avalisées par une assemblée dominée par de véreux affairistes, le chef de l’état dévoile «son» projet constitutionnel.

Au delà des dispositifs-leurres et attrape-tout donnant l’illusion d’avancées démocratiques mais qui sont en réalité très vite bornés sinon tout simplement contredits par d’autres dispositions, ce projet ne vise ni plus ni moins qu’à entériner définitivement le coup de force contre le mouvement populaire et enterrer définitivement l’espoir d’une Algérie libre, démocratique et réconciliée.

Si dans les nations démocratiques, une constitution vient sanctionner, tout en sanctuarisant les invariants historiques, un ordre social établi et un rapport de force politique et social, structuré par le libre jeu démocratique, en Algérie, à l’instar des régimes autoritaires, la constitution a pour finalité de limiter toute intervention populaire et de résoudre les crises cycliques du pouvoir.

Ainsi plutôt que de répondre aux attentes populaire de démocratie et de justice sociale, le pouvoir, tirant les leçons du séisme du 22 février, reconduit non seulement l’ordre autoritaire et sécuritaire mais cherche à le pérenniser en anticipant sur les explosions sociales à venir.

Reconduisant la confusion originelle entre État et pouvoir, les décideurs militaro-sécuritaires font de l’institution présidentielle non pas comme le lieu d’expression d’un régime présidentiel ou hyper-présidentiel, comme le laisse entendre quelques « experts », mais celui de la cristallisation de rapports claniques conjoncturels. Le poste de vice-président n’est envisagé que dans l’hypothèse d’une évolution de ces rapports qui viendrait à rompre le consensus interne mettant, comme ce fut le cas avec le 5ème mandat, le système en danger.

Il est donc faux de parler, comme c’était déjà le cas avec Bouteflika, d’un « pouvoir personnel » ou hyper-présidentiel, mais d’un système de castes, bureaucratiques, militaires et oligarchiques, qui bloque tout processus d’autonomisation politique et institutionnelle et qui, par conséquent, entrave la construction d’un Etat moderne en le condamnant à être ad-vitam æternam
l’otage de forces antidémocratiques et de réseaux mafieux informels.

Ce projet constitutionnel représente non seulement une mise à mort du rêve démocratique mais plus grave donne toute latitude au pouvoir pour tailler en pièce la souveraineté nationale. Pour s’assurer de la complaisance internationale, il viole un des fondement des notre indépendance nationale en transformant l’ANP en un appendice des armées occidentales et leurs supplétifs moyen-orientaux et s’apprête à livrer le sud algérien, et son riche sous-sol, aux appétits voraces des multinationales.

Ce projet constitutionnel doit être rejeté et combattu avec force par tous les patriotes.

Ceux qui seront tentés par un « dialogue » autour de ce texte constitutionnel en demandant timidement des « mesures de détente » ou d’ouverture du champ politique et médiatique sans exiger l’arrêt immédiat de la répression, la libération inconditionnelle des détenus d’opinion ainsi que l’abrogation pure et simple de l’ensemble du dispositif législatif attentatoire aux libertés et aux droits politiques se rendront complices d’une forfaiture historique sans précédent.

Par Samir Bouakouir 

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