Stigmatisation des supporters algériens : Pitoyables racistes français

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A la faveur des incidents qui ont émaillé la victoire de l’Algérie lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), une partie de la droite dure et de l’extrême droite dont des élus LR et RN, ont saisi l’occasion comme de coutume pour fustiger les Français d’ascendance algérienne. On n’a pas parlé football ; on a parlé identité, communautarisme, drapeau et compagnie. Or, voilà qu’un très grave incident a eu lieu le soir de cette victoire. On a assassiné, pour des raisons probablement racistes ( l’enquête le dira ) Monsieur Mamadou Barry, un jeune universitaire français d’origine guinéenne.

 

Ciotti a immédiatement dénoncé « un crime raciste perpétré par des supporteurs algériens ». L’enquête immédiatement diligentée a abouti à ce communiqué diffusé par les voix autorisées.

 

« Deux jours après l’agression qui a coûté la vie à Mamoudou Barry, enseignant-chercheur à l’université de Rouen, le procureur a confirmé l’interpellation d’un suspect et son placement en garde à vue ce lundi. Sa garde à vue a été levée «à la suite de l’examen médical», et le suspect hospitalisé, selon le procureur de Rouen, Pascal Prache. L’homme, d’origine turque, né en 1990, aurait des antécédents psychiatriques et serait connu des services de justice pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, selon la police. Il est «sous curatelle renforcée». Son arrestation aurait été rendue possible grâce aux témoignages et aux caméras de surveillance ».

 

Les affirmations de Monsieur Eric Ciotti, candidat à l’une des plus grandes mairies de France, sont aussi répugnantes que ce crime est abject et relèvent de la psychanalyse et d’un examen psychologique approfondi. Après les délires de Nadine Morano au sujet de Madame Sibeth Ndiaye on se demande si la canicule annoncée ne fragilise pas en priorité la droite extrême. Lamentable !

 

Tout en souhaitant à ces responsables politiques un prompt rétablissement, je n’hésite pas à me demander si monsieur Eric Ciotti aurait un dernier sursaut d’humilité (ne parlons pas de courage !) , pour se couvrir la tête de cendre, faire son « mea maxima culpa », reconnaître que son cœur a parlé plus précipitamment que sa raison et présenter ses excuses à ceux de ses concitoyens qu’il aurait offensés. Et ils sont légion.

 

Par Saad Khiari, Cinéaste-auteur