Sonatrach lance une opération de communication maladroite pour répondre aux révélations d’Algérie Part

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Ce mercredi 21 septembre 2022, la direction générale de Sonatrach a lancé hâtivement une opération de communication dans le but de répondre aux révélations faites par Algérie Part le 16 septembre dernier à propos des énormes difficultés auxquelles la compagnie nationale des hydrocarbures est confrontée pour honorer ses engagements gaziers avec le géant italien ENI le 19 juillet 2022 lors du 4e sommet algéro-italien à Alger et négociés depuis le 11 avril 2022 lors de la visite du Premier ministre Italien, Mario Draghi, en Algérie.

Ce mercredi, la direction générale de Sonatrach a fait appel au correspondant attiré à Alger de l’agence de presse internationale Bloomberg spécialisée dans l’économie et la finance, Salah Slimani. Or, cet ancien journaliste d’El Watan n’a jamais rencontré le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, comme le fait croire la direction générale de la compagnie nationale des hydrocarbures dans cette dépêche de Bloomberg. Ce mercredi, Toufik Hakkar était en déplacement dans la wilaya d’Illizi au sud du pays au moment où cette dépêche de Bloomberg tentait de nous faire croire que c’est le PDG de Sonatrach qui aurait fait les annonces rapportées dans le texte de la dépêche.

Selon nos investigations, c’est la direction générale de Sonatrach qui a pris attache en urgence avec le correspondant de Bloomberg pour riposter aux révélations « gênantes » d’Algérie Part qui ont suscité une vive polémique en Italie tout au sein du sérail algérien.

D’autre part, le patron de Sonatrach a affirmé à Bloomberg que l’Algérie devra fournir à l’Italie environ 25,2 milliards de mètres cubes en 2022 alors que ce pays européen, un important client du gaz algérien, avait reçu 20,9 milliards de mètres cubes de l’Algérie 2021.  D’après Toufik Hakkar, le volume de gaz naturel exporté vers l’Italie dans le cadre de contrats à long terme conclus entre Sonatrach et ses clients italiens sera d’environ 21,6 milliards de mètres cubes cette année alors que les volumes supplémentaires de gaz naturel qui seront vendus dans le cadre du nouvel accord gazier liant Sonatrach à ENI depuis juillet 2022 seront de l’ordre 3,6 milliards de mètres cubes.

« Sonatrach rassure ses clients italiens sur sa capacité à fournir les volumes contractuels sur toute la durée du contrat », a fait également fait savoir Toufik Hakkar à Bloomberg. Signalons enfin que le PDG de Sonatrach n’a fourni aucune réponse précise à propos du mode d’exploitation controversé qui est employé par la Direction générale de Sonatrach pour mobiliser ces nouveaux volumes de gaz naturel qu’il faut livrer à l’Italie. Il n’a aucunement donné des échéances précises concernant le début de livraison de ces nouveaux volumes de gaz naturel. Il ne s’est pas exprimé aussi sur les modalités d’application de ce nouveau contrat gazier à partir de 2023 et 2024 alors que la production nationale de gaz naturel stagne et ne progresse pas depuis 2018 et que les futurs volumes supplémentaires promis par l’Algérie à l’Italie seront significativement plus élevés que les 3,6 milliards de M3 annoncés dans la dépêche de Bloomberg.

Selon nos investigations, le nouvel accord conclu entre l’Algérie et l’Italie prévoyait en réalité une quantité de 9 milliards de M3 qui doit être livrée à partir de novembre 2022 jusqu’à fin de l’année 2023 et début 2024. Ainsi, à partir de novembre prochain, la Sonatrach devrait augmenter ses livraisons de gaz naturel à son client italien à hauteur de 1 milliards M3 par mois. La même quantité de gaz naturel était ciblée au mois de décembre 2022. Or, d’ores et déjà, la Sonatrach peine à mobiliser les capacités de production nécessaires pour expédier ces 2 milliards de M3 de volumes supplémentaires de gaz naturel vers l’Italie. Pour l’heure, la Sonatrach peut mobiliser seulement 200 millions de M3 de volumes supplémentaires pour le mois de novembre prochain, a-t-on révélé dans notre précédent article qui a suscité de vives réactions en Algérie comme en Italie.