Seulement 6 détenus du Hirak remis en liberté depuis l’adoption de la grâce présidentielle de Tebboune

0
318

Pour l’heure, c’est une véritable désillusion pour les défenseurs des Droits de l’Homme et les familles des nombreux détenus politiques qui croupissent encore dans les prisons algériennes. En effet, seulement 6 détenus d’opinion ont été remis en liberté depuis l’adoption de la grâce présidentielle d’Abdelmadjid Tebboune lundi 4 juillet dernier. On est loin, très loin des libérations massives des détenus du Hirak promises par plusieurs sources proches des autorités algériennes qui faisaient part de la détermination des décideurs algériens d’apporter de l’apaisement sur le front politique interne après plus d’une année de répression inédite et incessante menée à l’encontre les activistes du Hirak. 

6 détenus politiques remis en liberté sur 266 prisonniers condamnés et incarcérés pour divers délits d’opinion. Le bilan des « mesures d’apaisement » promis par le pouvoir algérien demeure pour le moment très maigre pour ne pas dire ridicule. Devant les prisons algériennes, les familles des détenus politiques ne cessent de défiler depuis mardi 5 juillet dernier espérant pouvoir enfin retrouver leurs proches détenus depuis plusieurs mois dans des conditions arbitraires et totalement injustes. L’espoir déçu de ces familles nourrit une frustration encore plus dure à supporter alors des avocats et des militants défenseurs des Droits de l’Homme tentent d’introduire quotidiennement de nouvelles demandes de libération provisoire pour permettre aux prisonniers politiques de jouir des nouvelles dispositions inclues dans la grâce présidentielle du 4 juillet dernier.

Pour rappel, le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, avait signé lundi 4 juillet dernier  plusieurs décrets présidentiels en faveur des prisonniers, avait annoncé un communiqué de la Présidence. Il s’agit de mesures de grâce décidées à la veille la célébration du soixantenaire de l’indépendance du pays. Celles-ci concernent plusieurs catégories de détenus, dont ceux du droit commun et ceux emprisonnés, comme l’affirment des défenseurs des droits de l’homme, « pour leurs opinions » .

En tout, cinq décrets ont été signés. Le premier concerne les prisonniers poursuivis pour des faits « d’attroupement », qui sont des personnes arrêtées dans le cadre des marches du Hirak. Abdelmadjid Tebboune avait, en outre décidé, des « mesures d’apaisement » en faveur des « jeunes poursuivis pénalement et qui se trouvent en détention provisoire pour avoir commis des faits d’attroupement et des actes inhérents ».

Cette décision devrait permettre la remise en liberté de dizaines de détenus d’opinion non encore jugés ou pas condamnés définitivement. Selon le Comité pour la libération des détenus d’opinion (CNLD), au moins 266 « détenus d’opinion sont dans les prisons depuis des mois ». Pour les personnes condamnées définitivement, a noté le même document, une loi spécifique est en préparation « dans le prolongement des lois sur la Rahma et la Concorde civile » et ce, dans « le sillage des mesures que prend le président de la République à travers ses consultations avec les représentants de la classe politique et de la société civile ».