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mercredi, février 8, 2023

Scandale du fuel défectueux au Liban : Sonatrach victime d’un « dossier politique » et d’un problème purement libano-libanais

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Et si le scandale du fuel défectueux au Liban n’est finalement qu’un « dossier politique » fruit de manoeuvres politiciennes entrant dans le cadre d’une guerre de clans déchirant le système politique libanais ? Cette hypothèse est, en tout cas, très envisageable au regard des déclarations incendiaires de l’un des poids les plus lourds de la vie politique libanaise, à savoir Le leader maronite du Liban-Nord et leader du courant Marada, Sleimane Frangié. Le Mouvement Marada est un parti politique libanais et une ancienne milice active pendant la guerre civile libanaise. 

Lundi passé, ce chef politique a animé une conférence de presse très haletante dans laquelle il a révélé que le dossier du fuel défectueux dans lequel la justice libanaise et des députés libanais veulent impliquer Sonatrach est, en vérité, « un dossier politique ».

« Le dossier du fuel défectueux est un dossier politique parce qu’on sait qui l’a ouvert et qui sont les juges » qui le traitent, a déclaré ainsi Sleimane Frangié en référence à Gebran Bassil mais aussi à la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, réputée proche du Courant patriotique libre (CPL), son fondateur, le chef de l’Etat Michel Aoun, qui a lancé l’enquête concernant un navire de transport de carburant qui serait chargé de fuel non conforme.

« Ceux qui ne respectent pas la justice sont ceux qui refusent de signer les nominations judiciaires », a dénoncé Sleimane Frangié, en référence aux nominations en suspens au Conseil supérieur de la magistrature au Liban, un autre dossier qui suscite une très vive polémique au Liban, un pays déchiré par ses problèmes politiques et en faillite financière.

Sleimane Frangié a fait savoir lors de sa conférence que l’un des principaux personnages accusés dans ce scandale de « fuel défectueux », le directeur général des installations pétrolières, Sarkis Hleiss, un proche des Marada, « est innocent et victime d’injustice ».

« Nous avons le droit d’exprimer notre solidarité avec ce responsable et nous avons la conscience tranquille », a-t-il poursuivi, assurant que M. Hleiss « comparaîtra devant la justice, mais pas devant la justice de Gebran Bassil ». « Nous voulons une enquête transparente et des résultats justes », a encore lancé le chef du courant Marada, une ancienne milice du Liban devenue ensuite un parti politique.

 

« Ceux qui sont responsables dans ce dossier, ce sont les ministres de l’Energie successifs », a expliqué encore Sleimane Frangié ciblant principalement les ministres du CPL qui se sont succédé à la tête de ce ministère. « Après 10 ans de gestion du ministère par le CPL, on découvre enfin le dossier du fuel défectueux ?, s’est-il interrogé. Pourquoi lorsque l’on ouvre un dossier relatif au ministère des Travaux publics (tenu depuis plusieurs années par des ministres des Marada, ndlr), le ministre est directement responsable, tandis que pour les dossiers au ministère de l’Energie, ce sont les directeurs généraux et leurs subalternes qui sont tenus pour responsables ? » Et de déclarer que « ses comptes et ceux de ses enfants et de ses proches sont mis à la disposition de la justice » en cas d’enquête.

Selon le prestigieux quotidien libanais, l’Orient Le Jour,  la présidence libanaise a réagi aux graves accusations de Sleimane Frangié. « Plutôt que de se tenir aux côtés de ses hommes, qu’ils aient touché des pots-de-vin ou qu’ils soient accusés de cela, et de s’enorgueillir de protéger des personnes recherchées par la justice, il aurait dû lever sa couverture et les laisser comparaître devant la justice, la seule habilitée à les innocenter ou à les condamner », a affirmé le communiqué de la Présidence libanaise.

On le voit bien, Sonatrach n’est qu’un « pion » sur cet échiquier complexe libanais où la politique et les affaires sont énormément liés. Dans ce contexte brûlant, Sonatrach devrait réévaluer sa coopération avec le ministère de l’Energie libanais et faire le bilan de ces marchés et transactions commerciales avec un pays qui l’instrumentalise dans des questions politiques internes nuisant encore davantage à son image durant cette période de crise mondiale caractérisée par de fortes perturbations sur les marchés des hydrocarbures. Sonatrach n’a vraiment pas besoin de cela…

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