Salima Tlemçani, journaliste à El-Watan, menacée de mort depuis la publication d’un article sur la fortune des enfants de Gaid Salah

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La journaliste du quotidien francophone d’El-Watan, Salima Tlemçani, ne se sent plus en sécurité depuis la parution de l’article sur la fortune cachée des enfants d’Ahmed Gaid Salah. Dans une longue publication sur son compte Facebook, la journaliste algérienne affirme avoir été « menacée de mort » à la suite de cet article publiée par El-Watan le 30 août dernier sur les affaires secrètes des deux fils du défunt patron de l’armée algérienne, Ahmed Gaid Salah, à savoir Adel et Boumédiene. 

« Depuis la publication par le journal d’un article, sur les enfants du défunt chef de l’Etat major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah, je suis traitée de tous les noms et sobriquets, jetée à la vindicte populaire, et même menacée de mort », dénonce ainsi Salima Tlemçani dans ce post diffusé sur Facebook.

« Cela me rappelle les années 90, lorsque les groupes islamistes armés diffusaient leurs « fetwas » contre ceux qui ont refusé de se plier à leur sentence : le cercueil ou l’exil. A l’époque, j’ai choisi le cercueil, étant convaincue que le rendez-vous avec la mort ne pouvait être fixé que par Dieu. J’ai choisi le cercueil étant convaincue que le témoin que j’étais durant cette décennie de sang et de dévastation, vécue par le peuple algérien en général et les professionnels des médias en particulier qui comptabilisaient quotidiennement les nombreuses victimes du terrorisme intégriste, tombées en martyres sous les balles assassines, égorgées, décapitées et déchiquetées, doit apprivoiser la mort et l’avoir comme compagnon, en comptant sur les prières de ma défunte mère, pour m’en sortir vivante », a raconté Salima Telmçani dans ce long post où elle dénonce avec beaucoup d’émotions un climat de terreur qui s’est emparé de sa vie depuis la parution de cet article controversé sur les enfants de Gaid Salah dans les colonnes du quotidien El-Watan.

« J’ai fait le choix malgré moi, de prendre un nom d’emprunt, afin de continuer à lutter pour le droit d’exister et de faire entendre les voix des familles des victimes du terrorisme. Ma carrière je l’ai faite dans le sang. Mon « Hirak » à moi, n’a pas commencé un 22 février 2019. La collection d’El Watan-depuis les années 90 à ce jour-est là pour ceux qui veulent lire les enquêtes, les reportages et les articles, sur la corruption, les bavures, les atteintes aux libertés, au moment où rares sont les voix qui s’élèvent. Mon « Hirak » à moi, n’a pas commencé un 22 février 2019 », a rappelé enfin Salima Tlemçani pour riposter aux attaques successives dont elle fait l’objet de la part de ceux et celles qui ont été offusqués par cette « atteinte à la mémoire du défunt  patron de l’institution militaire algérienne » pour reprendre le vocabulaire des détracteurs d’El-Watan et fidèles thuriféraires de l’oeuvre du défunt Ahmed Gaid Salah.

Grand reporter pour le quotidien El Watan depuis 24 ans, Salima Tlemçani était active pendant la sanglante décennie noire où son nom s’est retrouvé sur une liste de personnes condamnées à mort en raison de son travail de journaliste francophone et indépendante.