Sahara Occidental – Le Revirement Espagnol et les Manœuvres Franco-Marocaines Surprennent l’Algérie

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Depuis le 1er mars 2022, un exercice interarmées Franco-marocain baptisé “Chergui 2022” s’est déroulé dans le plus grand secret dans la province d’Errachidia au Maroc, et plus précisément dans la nouvelle zone militaire récemment établie le 05 janvier 2022 par le Maroc et commandée par le Général Miqdad, le long de sa frontière avec l’Algérie.

Cet exercice militaire entre le Maroc et la France, entrant dans le cadre de la coopération militaire unissant les deux pays, fait suite à celui qui s’est déroulé du 23 mai au 3 juin 2021, dans la région de Ouarzazate, au sud du Maroc.

Ce n’est que le 21 Mars 2022 que les Forces armées royales (FAR) ont dévoilé, par le biais d’un communiqué, l’existence de manœuvres conjointes avec leurs homologues français, à l’Est du Royaume.

L’exercice aéroterrestre conjoint franco-marocain baptisé « Chergui 2022 » prendra fin le 25 mars 2021 dans le cadre de la mission de défense de l’intégrité du territoire, dans le but de consolider les capacités de planification et de développer l’interopérabilité technique et opérationnelle entre les Forces armées royales et l’Armée de terre française, indique le communiqué.

La France a ainsi déployé d’importantes capacités aériennes durant le Chergui 2022, dont la 4e brigade aéromobile, des éléments du corps des marines, des véhicules blindés et six hélicoptères Gazelle, Puma et NH-90 Cayman !

Cet exercice franco-marocain a lieu alors que l’Espagne vient d’affirmer, ce 1er Mars 2022, soutenir le plan « d’autonomie » proposé par Rabat concernant le Sahara Occidental, provoquant ainsi une crise diplomatique avec Alger.

« L’Espagne considère l’initiative d’autonomie présentée en 2007 » par le Maroc, comme « la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend« , a dit le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares.

Un revirement de la neutralité ibérique qui a suscité la colère de certains élus espagnols et du parti de la gauche radicale Podemos, alliée des socialistes au gouvernement, alors que l’Espagne dépend pour une grande part des livraisons de gaz de l’Algérie…

Faut-il interpréter la participation de la France dans ces exercices comme un soutien officiel de Paris au plan d’autonomie proposé par le Maroc sur le Sahara Occidental, dans la foulée de la récente déclaration du chef de la Diplomatie du Gouvernement espagnol, ayant abouti au rappel de l’Ambassadeur algérien de Madrid ?

Ou Rabat est plutôt dans une posture répondant à ce qui a pu être traduit comme une menace contre l’intégrité du territoire marocain par Alger ?

Pour l’heure, l’Algérie, qui va probablement réétudier son partenariat avec Madrid et dorénavant réserver ses surplus de production de gaz à d’autres pays, n’a pas encore répondu à ces revers diplomatiques.

À suivre…