Révélations. Rachedi à la DDSE et Djamel Medjdoub à la DGSI : les dessous d’une « permutation » au sein des services secrets algériens

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Une nouvelle organisation interne a été adoptée au sein des services secrets algériens, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. Le général-major Djamel Kehal Medjdoub quitte son poste à la tête la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE) pour « migrer » vers la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), l’autre branche puissante des services secrets algériens.  Le général-major Abdelghani Rachedi quitte aussi son poste à la tête de la DGSI pour reprendre le contrôle de la DDSE. C’est une permutation inédite et intrigante qui s’explique, néanmoins, par d’importantes évolutions au sein du régime algérien. Nos révélations. 

Cette permutation a été décidée à la suite des « performances notables » d’Abdelghani Rachedi qui ont été saluées par le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, et son entourage, certifient nos sources. Le général-major Rachedi a brillé ces derniers mois par sa réussite dans le traitement de plusieurs dossiers politiques internationaux. Une réussite qui a été dévoilée au grand jour lors des festivités de la célébration du soixantenaire de l’Indépendance du pays où Abdelghani Rachid a été le principal artisan de l’arrivée à Alger de plusieurs invités étrangers prestigieux et des dirigeants internationaux de très haut rang.

Selon nos investigations, c’est Abdelghani Rachedi qui est à l’origine du processus de réconciliation lancée par l’Algérie entre les deux factions palestiniennes ennemies : le Fatah et le Hamas. C’est le général Abdelghani Rachid, récemment promu général-major, qui a convaincu le leader du HAMAS, Ismaïl Haniyeh, de se rendre à Alger pour participer aux festivités de la célébration du 5 juillet et de rencontrer officiellement son adversaire Mahmoud Abbas. Abdelghani Rachedi a mené pendant plusieurs semaines les négociations pour persuader Haniyeh d’accepter une rencontre publique avec Abbas et une chaleureuse poignée de mains à Alger en présence du président Abdelmadjid Tebboune. Cette image a fait, d’ailleurs, le tour du monde.

Et pour cause, Abdelmadjid Tebboune avait réuni mardi 5 juillet à Alger le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du mouvement islamiste palestinien Hamas, Ismaïl Haniyeh, au siège de la Présidence algérienne pour organiser une rencontre «historique» qui intervient après «plusieurs années de froid», s’était réjouie la télévision nationale algérienne. Cette scène a été pensée, préparée et scénarisée par le général-major Abdelghani Rachedi.

Ce haut gradé des services secrets algériens est celui qui avait organisé également la visite d’Etat à Alger de la présidente de la République fédérale démocratique d’Ethiopie,  Sahle-Work Zewde,  laquelle avait pris part aux festivités célébrant le 60e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale. Le général-major Abdelghani Rachedi avait proposé un rapprochement stratégique de l’Algérie avec l’Ethiopie pour contrecarrer les ambitions hégémoniques égyptiennes en Afrique du Nord et pour torpiller l’alliance Rabat-Le Caire qui s’est constituée depuis 2021 pour empêcher l’Algérie de renforcer son influence dans la région. L’Ethiopie est le pays qui entretient actuellement les relations les plus tendues avec l’Egypte en raison du conflit opposant les deux pays sur le partage des eaux du Nil à la suite de la construction du Grand barrage de la Renaissance.   L’Éthiopie affirme depuis 2011 que l’énergie hydroélectrique produite par le barrage est vitale pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d’habitants. L’Égypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, considère le barrage éthiopien comme une menace pour son approvisionnement en eau.

Les interventions d’Abdelghani Rachedi dans ses dossiers internationaux ont été saluées comme des « succès » qui contribuent à protéger les intérêts stratégiques de l’Algérie. C’est pour cette raison que le régime algérien a opéré cette « permutation » pour confier définitivement à Abdelghani Rachedi les « clés » de la direction de la DDSE, le renseignement extérieur, où il semble exceller et maîtriser davantage son « sujet » et ses « dossiers ». Les missions qui lui ont été initialement attribuées à la tête de la DGSI, renseignement intérieur, ne semblent pas correspondre à ses compétences et à son profil « d’agent secret » nettement plus efficace à l’étranger qu’à l’intérieur du pays.