Révélations. Près de 20 millions d’euros d’avances sur salaires pour les diplomates algériens qui n’ont jamais été remboursés

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Les diplomates algériens jouissent de plusieurs privilèges payés en devises. Et ces privilèges ont provoqué des dépenses onéreuses qui ont échappé à tout contrôle prévu par le cadre réglementaire régissant les budgets alloués aux postes diplomatiques algériens à l’étranger. Les avances sur salaires au profit des diplomates algériens illustrent parfaitement ces dérives inquiétantes. Algérie Part a pu effectivement confirmé au cours de ses investigations que près de 20 millions d’euros d’avances sur salaires pour les diplomates algériens à l’étranger n’ont jamais été récupérées ou remboursées. Explications. 

Il faut, d’abord, savoir que le réseau diplomatique et consulaire du ministère des Affaires étrangères (MAE) est constitué, notamment, de 128 représentations diplomatiques et consulaires, regroupant 86 Ambassades, 18 Consulats généraux, 22 Consulats, 2 Missions
permanentes.

Ce réseau diplomatique est financé par des dépenses de fonctionnement obligatoires qui ne peuvent être mandatées sur le budget de fonctionnement du poste, en raison d’absence ou d’insuffisance de crédits, due à un changement du contexte non prévu lors de l’élaboration des prévisions budgétaires. Il en est ainsi des rémunérations et autres charges du personnel titulaire et contractuel, des dépenses de loyers des locaux officiels et loyers du personnel titulaire, ainsi que les frais d’assurances des immeubles officiels.

Dans ces dépenses de fonctionnement de nos ambassades et consulats à l’étranger, il y a aussi des avances statutaires au profit des fonctionnaires nouvellement affectés, représentant deux (02) mois de salaires pour les fonctionnaires titulaires et un
(01) mois de salaire pour les agents de la cellule de garde, remboursables en
douze (12) mensualités par des retenues sur salaires.

Mais il y a aussi des avances non statutaires, consenties aux personnes physiques ou morales, représentant, les institutions de l’Etat. Ces dépenses sont subordonnées à l’accord
préalable de l’administration centrale et à un engagement de remboursement de
l’institution bénéficiaire de l’avance.

Justement, c’est au niveau de ces avances non statutaires que de nombreuses dérives ont été constatées et enregistrées. Preuve en est, un audit des comptes et dépenses de la diplomatie algérienne mené en 2016 a permis de dévoiler que près de 20 millions d’euros de ces avances n’ont jamais été remboursées. En effet, cet audit effectué par des magistrats de la Cour des Comptes a dévoilé que les montants de ces avances dont certaines remontent à la période oscillant entre 2010 et 2015, représentaient à fin 2015, en monnaies de transferts des montants de plus de 16,7 millions d’euros et plus de 3,3 millions de dollars.

Toutefois, les remboursements effectués, au 31/12/2015, n’ont pas dépassé des
montants respectifs de 1,3 millions d’euros et 76 mille dollars,  soit des taux insignifiants de l’ordre de 8,21% et 2,24%. Cet argent public a été donc utilisé en toute opacité par la diplomatie algérienne sans rendre des comptes et sans veiller sur sa récupération tel qu’il est exigé par les textes réglementaires régissant le fonctionnement des finances publiques de nos ambassades à l’étranger.

Face à cette dérive inquiétante, le ministère algérien des Affaires étrangères a tenté de relativiser la portée de ces pratiques irrégulières en assurant que son administration centrale « veille scrupuleusement au suivi et au recouvrement des avances non
statutaires, et ce par la saisine et le rappel des institutions et organismes concernés », a affirmé en 2020 le secrétaire général du ministère algérien des Affaires Etrangères dans une réponse adressée aux auditeurs de la Cour des Comptes.

« A titre d’exemple, notre ambassade à Paris a enregistré au 30 aout 2017, le
remboursement d’un montant global de 7.058.880,32 euros sur des créances estimées
au 31 décembre 2015 à 10.136.982,83 euros, soit 70 % de la dette. Toutefois, il demeure que certains créances restent non encore remboursées, soit pour absence de pièces justificatives au niveau du poste, ou à cause de l’ancienneté de la dépense, ou tout simplement du fait de la dissolution de la personne morales débitrice, ou du décès de la personne physique », a reconnu tout de même le représentant de la diplomatie algérienne dans sa réponse évasive dans laquelle il ne fournit aucune explication rationnelle concernant la disparition étrange de ces justificatifs de dépenses financées encore une fois par de l’argent… public.

 

4 COMMENTS

  1. C’est avec ce genre d’affaires qu’on comprend la rage avec laquelle les divers arrosés et autres cachiristes de service défendent leurs pré-carrés de cachir, bec et ongles (entendre insultes, vulgarités pour noyer leur indigence de sarrakkines) ! Qu’ils contredisent avec des arguments au lieu d’enfourcher tout de suite l’insulte pour faire diversion !

  2. Rappelez-vous d’un certain ex-ministre des Affaires Étrangères et ce qu’il est advenu des reliquats des représentations diplomatiques et consulaires algérienne d’alors. Rien ne se perd, rien ne se crée: tout se transforme. S’agissant de la conservation des masses (monétaires) du peuple algérien par ses gouvernants prédateurs, cette fameuse citation de Lavoisier deviendrait plutôt: rien ne se crée, rien ne se perd: tout se transfère.

  3. Et combien coûte Belani l’envoyé spicial du Sahara qui a demandé à vivre à Bruxelles pour se soigner? Et pour quelle valeur ajoutee? La dernière resolution du Conseil de Sécurité a eté une gifle pour Belani et LamraRat, les Loren et Hardy de la diplomatie algérienne.