Révélations – Les Alahoum, Princes des Intrigues du Sérail Algérien !

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Les Banu Hilal, ou Hilaliens sont des descendant des Zoghba, une des premières tribus d’Arabie. Les Hilaliens ont constitué une alliance avec d’autres tribus d’Arabie des régions du Hidjaz et de Najd, dont une partie a migré vers l’Afrique du Nord de la fin du Xe au XIIIe siècle.

En Algérie, la zone hilalienne couvre presque entièrement la région de Djelfa, M’sila, une grande partie d’Al Bayadh, de Méchéria et d’Aïn-Sefra, régions tribales aux influences maraboutiques toutes puissantes, tels les Ouled Naïl, les Hamyan, dont l’origine remonte aux Béni Hilal, ou encore des Ouled Sidi-Cheikh.

Les descendants de ces tribus forment un bloc arabe, dont les individus sont pour la plupart apparentés les uns aux autres et qui ont gardé de leur origine historiquement commune, une indéniable unité.

C’est également durant cette période de migration que des chefs de tribus vont émerger et prendre la tête de zaouïas, confrérie religieuse musulmane, adaptant à l’Islam des conquêtes, les cultes et organisations populaires locales, dans le but d’asseoir une autorité sur les tribus berbères.

Origine des Alahoum

Il en va ainsi des Alahoum, originaires de Chellal, une commune de la Wilaya de M’sila.

Ils appartiennent à la tribu hilalienne des Ouled Madhi, une des deux grandes tribus du Hodna avec l’autre tribu d’origine hilalienne des Ouled Derradj.

Les Ouled Madhi avaient eu comme chef un certain Abu-Dhiaf Al Sakhri, un aïeul du défunt président algérien Mohamed Boudiaf, également né à M’sila…

Au temps de la France coloniale, le notable et patriarche Abdelkader Allahoum était un Cadi apprécié par le colonisateur français dans cette région de M’sila. Son frère, un certain Fodil, va à partir de 1864 s’installer à El Abiodh Sidi Cheikh, dans la Wilaya d’El Bayadh, parmi la puissante tribu des Ouled Sidi Cheikh, dont la généalogie remonterait jusqu’au premier Calife de l’Islam Abou Bakr Essidik.

Cette puissante tribu tenait son pouvoir de la zaouia locale, et a organisé plusieurs révoltes contre l’occupation française en Algérie dans les années 1860, à l’image de l’un de ses adeptes : Cheikh Bouamama, avant d’être défaite et dominée par la puissance française.

Alahoum Fodil ben Abdelkader ben Ali, présumé né en 1879 à M’cif dans la région de M’sila, fut un militaire dans le régiment de spahis de l’armée coloniale. Il va bénéficier d’un décret de naturalisation, figurant sur les archives françaises de 1908

Un de ses descendant, le Capitaine Alahoum Fodil Benabdelkader, père des actuels Allahoum, a été envoyé à Tanger, au Maroc, en qualité d’officier instructeur de la police chérifienne. Il y épousera Menana Bent Saddok, une fille de la région de Tanger et aura 9 enfants.

La Saga Alahoum à la Présidence Algérienne

De cette union, Mohamed Alahoum, naitra le 11 janvier 1921. Il fera ses études primaires à M’Sila puis au collège Bencheneb de Médéa.

Il va suivre un stage dans une école d’officiers à Fort-de-l’eau, ou la France de Vichy avait créé les chantiers de jeunesse. Il ne désertera de l’Armée française qu’en 1959.

A l’indépendance, le commandant Mohamed Alahoum sera entre autres nommé : chargé de mission à la présidence de la République de 1969 à 1971.

Rappelons que selon Moussa Aissani, responsable au sein d’un service de sécurité algérien, le jeune colonel Mohamed Chaabani, exécuté le 3 septembre 1963 après être rentré en conflit avec Ben Bella et Houari Boumediene, aurait été trahi par…Mohamed Alahoum…

Abdelmadjid Alahoum est lui né le 3 Février 1934 à M’sila. Capitaine de l’armée française, il adhère à la Fédération de France en 1956. Officier de l’ALN puis Lieutenant-Colonel de l’ANP, il sera chef du protocole de Houari Boumediene à la Présidence (1966-1977) puis secrétaire Général de la Présidence (1977-1979) avant d’être ministre (1979 1984) et ambassadeur (1984-1992), entre autres au Maroc. Il décédera en 1996.

Abdelmadjid aura été, selon plusieurs sources informées, une des personnes chargées de convaincre l’ancien président Mohamed Boudiaf exilé au Maroc, de revenir en Algérie. Il sera assassiné à Annaba en Juin 1991…

L’ancien Premier ministre sous Chadli, Abdelhamid Brahimi, avait affirmé le 3 octobre 2009 sur la chaîne Al Jazeera que Boumediene avait été « empoisonné » et qu’il en est même « sûr », rajoutant : « Je crois que son directeur de protocole [Abdelmadjid Alahoum : NDLR] était seul capable d’exécuter l’acte. »

De son côté, l’ex Président déchu Abdelaziz Bouteflika avait accusé Abdelmadjid Alahoum d’avoir caché la lettre-testament de Boumediene, qui le désignait pour le remplacer à la tête de l’Etat algérien…

Enfin, Abdelhafid Alahoum, frère de Abdelmadjid, est un ancien député de l’Assemblée populaire nationale entre 1982 et 1987. Originaire de la wilaya de M’sila, Abdelhafid occupait le poste de receveur des contributions à Oran, avant de prendre sa retraite et rejoindre en 2019… le Palais d’El Mouradia en qualité de conseiller du Président Tebboune…

Influence Maraboutique

Ce dernier, comme la plupart de ses pairs, a depuis son plus jeune âge baigné dans cette profonde obédience tribale et maraboutique.

En effet, les zaouias et confréries religieuses actuelles ont gardé une partie de leur pouvoir auprès de la population locale, puisant leur existence de leur pouvoir religieux et du poids spirituel de leur cheikh.

Candidat à la présidentielle, Tebboune n’avait-il pas entamé sa campagne électorale en se rendant d’abord à la Zaouïa du Cheikh BelKebir d’Adrar ?

Tout le monde se rappelle également que les réseaux traditionnels des Zaouias avaient largement soutenus le Président algérien lors de sa convalescence en Allemagne, à l’image du cheikh de la zaouia Belkaidia El Heberia, Mohamed Abdellatif Belkaid, du cheikh de la Zaouia soufie de Maghnia, Brahim Adjradi ou du cheikh Sid Ali Belarbi Cherif Tidjani de la Tariqa Tidjania.

Prévisible pour ce dernier, sachant que Sid Ahmed Tidjani, originaire par ses parents de la tribu marocaine des abada et un temps installé à Labiod Sidi Chikh, avait annoncé la naissance de la tariqa Tidjanya à Boussemghoun, qui accueille une annexe de la Zaouia de la confrérie Tidjaniya.

Les parents du Président Abdelmadjid Tebboune sont originaires de cette commune de Boussemghoun, dans la wilaya d’El-Bayadh, leur fils Abdelmadjid étant né dans la proche ville de Mecheria, territoire de la confédération des tribus hilaliennes nomades des Hamyan.

Si certains pourraient insister sur le passé révolutionnaire des Alahoum, entamé dès l’insurrection ‘’arabe des Zaouias’’ contre le colonisateur français dès 1870, il nous parait important de replacer les faits à leur juste titre, et indiquer aux lecteurs que cette révolte nobiliaire était plutôt l’œuvre de notables qui voyaient leur pouvoir spirituel et politique se désagréger devant la mise en place d’une administration coloniale.

Privilégiés par les autorités militaires françaises parmi les populations algériennes soumises au joug du colonialisme, présents dans les influentes confréries religieuses musulmanes rurales, œuvrant au cœur du sérail algérien depuis la naissance de l’Algérie indépendante, les Alahoum ont traversé la tumultueuse histoire de la jeune Algérie en laissant un bilan mitigé, entre connivence avec l’ennemi d’alors, intrigues et disparitions politiques, et même accusés de trahisons à la présidence…

Abdelmadjid Tebboune en sera-t-il également la prochaine victime ?

4 COMMENTS

  1. Éclairages très intéressants du point de vue historique. Une petite nuance néanmoins.Il me semble que le phénomène des « Zaouyas » n’est pas arabe,mais plutôt Amazigh .Comment expliquer ,en effet, l’inexistence de ces Zaouyas au Moyen Orient ,alors qu’au Maghreb elles constituent un véritable « maillage territorial » ?

  2. Le fondateur de tariqa tidjaniya est né en Algérie dans lus vers ouargla est puis il est parti au Maroc où mort est enterrée car avant la colonisation française le Maroc Algérie Tunisie lybie il y’avait pas frontière.
    Mr semmar les régimes aux maghreb ou en Afrique sont mise en place part les occidentaux pour pas que on décolle…

  3. Celui (ou ceux ) qui t’a remis ce document que tu publies sans meme le lire ou en verifier le contenu, ne peut être qu’un ennemi des Allahoum
    La capitale des Beni Hillal se limite a la region de Biskra et Chabani est probablement descendant des Beni Hillal
    Chabani n’a été trahi par personne IL a été un opposant arme ( comme en Kabylie ), Boudiaf, Ait Ahmed …contre le regime de l’époque
    Remonter l’origine des Allahoum aux Beni Hillal est de la fumisterie d’un revanchard a interner dans un asile psychiatrique
    Il n’y aucun lien , ni familial, ni politique entre Boudiaf et les Allahoum comme la  » trahison «  » de Chabani est une invention d’un psychopathe en quête de vengeance
    Toutes les populations du Hodna entre M’sila -BouSaada, de M’Cif a MDoukal ( les Aures) est un haut lieu de la Revolution etc….
    A quand le jour, ou tu ne pourras plus chier tout ce qu’on te donne a manger

  4. Salim je suis kabyle de Bordj bou arreidj et on sent proche des arabophone de msila la plupart on se entend bien même avec la tribu Ouled khlouf se tu connais alors son article j ai rien compris il y’a des harkis dans toute les wilaya du pays alors je vous parle pas du Maroc rempli harkis indicateurs pour Occident Mr semmar