Révélations. La très dangereuse guerre lancée par des officiers du renseignement extérieur contre les plus proches conseillers de Tebboune

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Les intrigues et les complots minent profondément le fonctionnement de l’Etat algérien et de ses principales institutions les plus sensibles à l’image du Palais Présidentiel d’El-Mouradia et la Direction de la Documentation de la Sécurité Extérieure (DDSE). Algérie Part a pu découvrir au cours de ses investigations qu’une guerre dangereuse cible en ce moment les deux conseillers les plus proches d’Abdelmadjid Tebboune . Sur fond de manipulation et de manoeuvres de sabotage, des officiers de la DDSE sont en train de tenter de déstabiliser deux conseillers influents du Palais Présidentiel d’El-Mouradia dans le but de placer le Président Abdelmadjid Tebboune sous leur influence. 

Un véritable complot a été fomenté depuis le début du mois de juin dernier. A l’origine de ce complot, nous retrouvons deux officiers très influents de la DDSE : le lieutenant-colonel Tarek Amirat et le colonel Hocine Hamid, alias Hocine « Boulahya ». Le lieutenant-colonel Tarek Amirat est l’ex-coordinateur général du DRS, les services secrets algériens, au niveau de l’ambassade d’Algérie à Paris. Cet officier traîne un passé sulfureux. C’est un habitué des intrigues du Sérail et il a joué un rôle controversé dans de nombreux scandales ayant ébranlé ces dernières années les services secrets algériens. Algérie Part publiera prochainement tout un feuilleton concernant cet officier encombrant à l’origine de plusieurs incartades ayant mis en péril l’intérêt national dans plusieurs dossiers stratégiques.

Fin juillet 2019, Tarek Amirat a été arrêté et placé en garde-à-vue par des enquêteurs de la Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée (DCSA) parce qu’il était accusé d’avoir caché à sa hiérarchie, sous la présidence de Bouteflika, des réunions secrètes avec la DGSE française. La justice militaire l’a accusée d’avoir tenu des réunions se tenaient à Paris avec les services français de la DGSE. Incarcéré à la prison militaire de Blida, Tarek Amirat est miraculeusement sauvé à la suite du décès brusque et inattendu d’Ahmed Gaid Salah, l’ancien Chef d’Etat-Major de l’ANP, qui avait commandité en 2019 une opération de profond nettoyage des appareils sécuritaires de tous les relais fidèles au clan présidentiel des Bouteflika.

Mis définitivement aux arrêts par le tribunal militaire de Blida au mois d’août 2019, payant, selon des sources, sa proximité avec le clan présidentiel, incarné par le Général Tartag et Said Bouteflika, opposé à celui de l’ex chef d’Etat Major, feu Gaid Salah, Tarek Amirat a été condamné et emprisonné pour complot et atteinte à la hiérarchie militaire, car ayant eu recours à la France pour soutenir la Issaba au pouvoir, tout en omettant de faire état de ses réunions secrètes avec les services de renseignements français…

Cependant, la mort de Gaid Salah va tout précipiter et permettre au commandant Tarek Amirat de retrouver sa liberté sans être pour autant… blanchi. Tarek Amirat a été libéré à la fin du mois de Janvier 2020.

Grâce au fort lobbying de sa mère, Zoubida Amirat, l’épouse de Slimane Amirat, l’ex-membre de la Fédération de France du FLN pendant la Guerre d’Algérie, le commandant Tarek Amirat est réhabilité et réintègre la DDSE en dépit de la désapprobation de l’ex-patron du renseignement extérieur, le général-major Mohamed Bouzit, dit Youcef. Au grand bonheur de Tarek Amirat, ce dernier sera évincé brutalement de la direction de la DDSE à partir de janvier 2021 et il cédera sa place au général-major Nour-Eddine Mekri, alias « Mahfoud » qui a été installé officiellement dans ses nouvelles fonctions à partir du 20 janvier 2021.

Agé de 71 ans, malade et peu charismatique, le général-major Mahfoud va rapidement se laisser déborder dans ses nouvelles fonctions et il ne saura jamais se montrer à la hauteur des missions qui lui ont été attribuées par les autorités suprêmes de l’Etat. Pour rectifier le tir, la Présidence de la République en commun accord avec l’Etat-Major de l’ANP, va imposer au général Mahfoud de nouveaux officiers qui composeront son cercle restreint afin de l’accompagner  dans son travail et l’assister dans toutes ses missions délicates au moment où l’Algérie subit à l’extérieur, dans son environnement géopolitique immédiat, les foudres des tensions régionales : Maroc et Sahara Occidental, Libye, Mali, Sahel, interventionnisme de plusieurs puissances étrangères au Maghreb, la mobilisation de la diaspora algérienne à l’étranger en faveur du Hirak, etc.

Parmi les officiers imposés au vieux et faible général Mahfoud, nous retrouvons un certain colonel Hocine Hamid, alias Hocine Boualahya. Un ancien officier de la DCSA qui a fait l’essentiel de sa « belle carrière » au sein du Centre principal militaire d’investigation (CPMI) de Ben Aknoun avant d’être démis de ses fonctions et mis brutalement à la retraite à partir de 2014 dans des conditions troublantes sur lesquelles nous allons revenir dans nos prochaines investigations.

En quelques mois, avec un général Mahfoud nettement dépassé par ses nouvelles fonctions et incapable de fournir un travail satisfaisant, Tarek Amirat, promu lieutenant-colonel, et le colonel Hocine Boulahya vont prendre petit à petit le pouvoir au sein de la DDSE. Les deux officiers s’occupent du service dédié à la lutte contre les éléments subversifs exilés à l’étranger. Ce service a été essentiellement dédié à la neutralisation des militants influenceurs établis à l’étranger ainsi que les journalistes indépendants qui continuent de travailler en faveur d’un journalisme indépendant, intègre et, par ricochet, hostile au régime algérien qui veut instaurer une dictature absolutiste sans tolérer la moindre voix dissidente.

Ces derniers mois, le général Mahfoud agit de plus en plus sous l’influence de Tarek Amirat et Hocine Boulahya. Cette situation a commencé à irriter de nombreux autres officiers. Des rapports accablants ont été secrètement transmis à la Présidence de la République pour décrier la faiblesse du caractère du général Mahfoud et sa passivité face aux manoeuvres délicates et douteuses de Tarek Amirat et Hocine Boulahya. Et pour cause, les deux hommes se sont alliés avec plusieurs autres officiers au sein des autres divisions des services de sécurité pour torpiller les deux conseillers les plus écoutés par Abdelmadjid Tebboune, à savoir l’influent Boualem Boualem, son conseiller juridique et son oreille secrète, ainsi que le général Achour Ouadahi, l’ex-patron du service en charge de l’intelligence économique au sein de l’ex-DRS, et l’ami personnel d’Abdelmadjid Tebboune qui le sollicite régulièrement pour des conseils et des expertises sur les affaires économiques et financières du pays.

Le général Achour occupe officiellement la fonction du numéro 2 de la Direction générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), à savoir l’adjoint du général Abdelghani Rachedi. Boualem Boualem, l’ancien monsieur écoute du pouvoir algérien. Il était effectivement le patron du fameux organe national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC) créé le 8 octobre 2015.

Boualem Boualem était le directeur général de cet organe stratégique et ô combien sensible. Cet organe est chargé de la surveillance préventive et de la veille électronique qui comprend un service de surveillance électronique ; un service de suivi, d’analyse et de coopération. Il dispose également d’un centre des opérations techniques et les antennes régionales sont rattachés à la direction. C’est l’organe qui surveille les télécommunications et le réseau internet. Cet organe est doté aussi d’un service de suivi, d’analyse et de coopération, comprend un bureau de collecte et de centralisation de l’exploitation des informations ; un bureau de prévention et de suivi ; un bureau de communication et de coopération. Boualem Boualem dispose de ce fait de plusieurs dossiers sur de nombreux officiers des services algériens ou des militaires algériens qui ont été longtemps placés sur écoute.

Tarek Amirat et Hocine Boualahya vont être instrumentalisé par tout un clan qui veut à tout prix éliminer Boualem Boualem et le général Achour dans l’optique de priver le Président Tebboune de ses deux plus proches et fidèles conseillers. Tarek Amirat et Hocine Boualahya vont utiliser ainsi leurs prérogatives et les moyens de leur service pour distiller des informations confidentielles grossièrement manipulées afin de torpiller l’entourage proche du Président Tebboune avec pour but d’obtenir la disgrâce de ses conseillers. Tarek Amirat a été essentiellement chargé de tisser des liens avec des influenceurs à l’étranger pour leur communiquer ces informations dans le but d’alimenter une vaste campagne médiatique de dénigrement contre Boualem Boualem et le général Achour. Il s’était même lancé dans des opérations de manipulation destinées à tromper la vigilance de plusieurs opposants exilés afin de les utiliser contre les conseillers de Tebboune. Des intermédiaires ont été dépêchés à plusieurs opposants exilés pour leur faire croire qu’ils sont des lanceurs d’alerte détenant des informations explosives contre Boualem Boualem et le général Achour.

Le plan machiavélique de Hocine Boulahya et de Tarek Amirat comportait de nombreuses opérations sur lesquelles Algérie Part va revenir dans ses prochaines éditions. Tel un amateur affaibli par son âgé et incapable de gérer le volume de son travail, le général Mahfoud ne s’est pas douté que son « service » s’est transformé en « un outil de sabotage » dirigé contre l’entourage du Président Tebboune.

Au mois de mai dernier, le général Mahfoud est allé jusqu’à proposer la nomination de Tarek Amirat au bureau de sécurité de l’ambassade d’Algérie à Berlin pour le récompenser de ses efforts et le promouvoir dans sa carrière. Quant à Hocine Boulahaya, il devait être promu général à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de remise de grades et de médailles aux officiers de l’ANP chaque 4 juillet, à la veille de la célébration de la fête nationale de l’Indépendance.

Ce plan a été brutalement stoppé par les conseillers d’Abdelmadjid Tebboune notamment le fameux Boualem Boualem qui se venge ainsi contre les deux officiers ayant orchestré une campagne de dénigrement à son encontre. Boualem Boualem est lui-aussi accompagné et soutenu par tout un clan bien structuré au sein des services de sécurité. Nous y reviendrons dans nos prochaines publications.

Amirat et Hocine Hamid alias Boulahya ont été ainsi démasqués par le conseiller le plus proche de Tebboune. Et la guerre est officiellement déclaré. Sauf que derrière Tarek Amirat et Hocine Boulahya, il y a plusieurs autres officiers, généraux-majors à la retraite, colonels manipulateurs qui tissent la toile de plusieurs complots derrière le rideau, dans l’ombre, en toute opacité. Dans le deuxième épisode de ce feuilleton qui va durer tout au long de cet été 2021, Algérie Part va révéler des noms, des identités précises, des anecdotes et des révélations qui témoignent de la déliquescence profonde des appareils les plus sensibles de l’Etat algérien. Des dirigeants impliqués dans une guerre intestine qui affaiblit dangereusement les institutions sécuritaires du pays. L’histoire secrète cette de guerre de clans que nous allons vous raconter va vous prouver que le patron de l’Etat-Major de l’ANP, Said Chengriha, et le Président Abdelmadjid Tebboune, ont été dangereusement bernés et trahis par des officiers carriéristes qui préfèrent leur ambition personnelle à la défense de la sécurité nationale de notre pays.

5 COMMENTS

  1. J’ai presque envie de dire « the hell with them! » Qu’ils s’entretuent, qu’ils s’entredéchirent, l’Algérie ne se portera que mieux. Ce général-major Nour-Eddine Mekri, alias « Mahfoud » (à quoi rime cette ridicule manie d’alias à la noix et de noms de guerre même à ceux qui n’ont jamais fait de guerre?) vieux et faible général âgé de 71 ans, malade, peu charismatique qui « ne saura jamais se montrer à la hauteur des missions qui lui ont été attribuées par les autorités suprêmes de l’Etat ». Pourquoi a-t-on confié un tel poste sensible à un personnage avec un tel profil? C’est du sabotage pur et simple. L’effet boomerang ça existe. Cette issaba, un véritable panier à crabes!

  2. Comme l’a si bien dit Mohamed Harbi, historien algérien : Depuis 1962 on s’est employé à construire un système et non à construire un Etat ! Alors, le système ne tient qu’en pratiquant le « diviser pour régner » du peuple !
    Donc, le « Yetnahaw Gââ » du Hirak n’est pas de trop, n’en déplaisent aux cachiristes qui trouvent leur compte avec ce système. Le vrai Etat Démocratique Algérien sera l’oeuvre du peuple ou ne sera pas !

  3. La photo d’illustration renseigne tres bien sur le manque d’equipement, de goût et de classe et donc de culture au sein de l’Etat Major du pouvoir algérien: des fauteuils en sky demodés trouvés à Barbes, un faux plafond en plaque de polystyrène, une vitrine à 2 euros remplis d’objets sans goûts et surtout 3 ânes dans des uniformes ridicules d’un vert dégueulasse et demodé avec une large bande noire verticale sur le pantalon.

  4. @Axis7

    A vous entendre, on croirait entendre des concierges qui se chamaillent ! Êtes-vous capable d’élever un peu votre niveau ?
    Et puis, de quoi vous vous mêlez ? Vous avez tellement fort à faire chez-vous !
    Balayez donc devant vos portes, cela serait mieux pour vous. A moins d’être un « Faragh Ch’ghalls » ? Auquel cas, vous êtes plus à plaindre qu’à blâmer.

  5. Des parasites,des sang sues, vivants sur le dos du peuple avec leur guéguerre de clans mafieux doivent disparaître du paysage médiatique et politique avec leur chef illégitime… Le peuple les a déjà banni.. à travers son boycott des élections….