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dimanche, février 5, 2023

Révélations. La politique du plafonnement des seuils de financement à l’origine de la crise des liquidités dans les bureaux de Poste

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Les longues files d’attente qui sont observées en Algérie depuis plusieurs semaines devant les bureaux de la Poste s’explique par une politique de plafonnement des seuils de financement des bureaux de poste. Cette politique repose sur la limitation de l’approvisionnement en liquidités des bureaux de poste. Il s’agit d’établir un plafond au-delà duquel il n’est plus permis d’accorder des liquidités à un bureau de Poste. Malheureusement, cette politique des plafonds obéit à des considérations bureaucratiques qui ne prennent nullement en compte les besoins de la population algérienne. 

D’abord, en quoi consiste cette politique des plafonds de financement ? Il s’agit d’une nouvelle politique imposée par la Banque d’Algérie à Algérie Poste dans le but d’éviter les vols des liquidités et les détournements des fonds publics ainsi que l’utilisation rationnelle du cash en Algérie. Il faut savoir que la Poste est l’établissement financier le plus fréquenté par les Algériens. Avec ses 25.000 employés, Algérie Poste accueillie plus de 22 millions clients, en assurant quelques 2,8 millions opérations par jour au sein de 4000 bureaux offrant des prestations postales et financières à travers son réseau déployé sur l’ensemble du  territoire national.

A ce titre, Algérie Poste a opéré une nouvelle organisation de la distribution des liquidités au niveau de ces bureaux. Chaque wilaya est divisée comme suit : une recette principale qui doit gérer 4 catégories de bureaux de Poste. Les bureaux classés selon les catégories suivantes : R1, R2, R3 et R4.

Il n’y a que la wilaya d’Alger qui est organisée différemment au regard de la densité de la population au niveau de la capitale et ses environs. A Alger, il y a 4 recettes principales d’Algérie Poste :  Rouiba, Hussein Dey, Cheraga et la Grande Poste.

L’approvisionnement en liquidités des bureaux de Poste obéit, désormais, à une politique de plafonnement très strict et les directeurs de wilayas d’Algérie Poste ont pour instruction de veiller sévèrement sur son application. Ainsi, les bureaux de postes classés dans la catégorie R4, ils sont alimentés uniquement à hauteur de 2 millions de Da par jour, à savoir 200 millions de centimes. Ceux de la catégorie R3, ils ont le droit à un seul de 4 millions de Da par jour, à savoir 400 millions de centimes. Les bureaux de la catégorie R2, ils sont plafonnés à un financement de 600 millions de centimes par jour, à savoir 6 millions de Da. Et  les bureaux de la Poste de la catégorie R1 accèdent à un financement quotidien de 8 millions de Da, à savoir 800 millions de centimes.

Les receveurs de ces bureaux de Poste doivent donner chaque jour une « situation précise », à savoir un état des lieux détaillé des liquidités disponibles dans les caisses de leurs bureaux. Cette « situation » est communiquée à la recette principale à la fin de chaque journée. Ensuite, le lendemain matin, la recette principale envoie des convois de fonds pour approvisionner les bureaux de Poste qui relève de sa compétence territoriale.

Les directeurs de wilayas d’Algérie Poste, les premiers responsables des recettes principales, ne doivent pas la moindre entorse au règlement sinon ils risquent d’être pénalement poursuivis et incriminés en cas d’un approvisionnement irrégulier et non-autorisé. De de fait, lorsque les receveurs des bureaux réclament davantage de liquidités pour répondre à la demande les citoyens, les recettes principales refusent de donner une suite favorable à leurs sollicitations. C’est ce qui explique pourquoi il y a autant de tensions devant les bureaux de Poste en Algérie depuis le début de la crise sanitaire. Les bureaux de Poste n’ont plus les réserves nécessaires pour permettre les retraits massifs en espèces en cas de forte demande des usagers. A travers cette nouvelle politique, la Banque d’Algérie et Algérie Poste ont réduit drastiquement les détournements des fonds publics tout en rationalisation l’utilisation du cash. Mais les conséquences furent désastreuses sur le quotidien des usagers algériens privés de leur propre… argent.

 

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