Révélations. Comment la Sonatrach a bradé les intérêts de l’Algérie pour les « beaux yeux » du chinois SINOPEC

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Encore une nouvelle fumisterie à Sonatrach. La compagnie nationale des hydrocarbures et le chinois Sinopec ont annoncé le 29 mai dernier à Alger la conclusion un contrat d’un montant de 490 millions de dollars américains pour le partage de la production des hydrocarbures dans le sud du pays. Il s’avère que cette annonce est totalement fausse et s’appuie sur un nouveau montage financier et fiscal qui porte un énorme préjudice aux intérêts économiques de notre pays. Révélations.

« Sonatach et son partenaire Sinopec Overseas Oil & Gas Limited (SOOGL) ont procédé samedi 28 mai 2022 à Alger à la signature d’un contrat de partage de production relatif au périmètre contractuel de Zarzaitine, situé dans le bassin d’Illizi (sud-est du pays), avait précisé le 29 mai dernier un communiqué de la direction générale de Sonatrach d’après lequel que les deux parties s’engagent à exécuter un programme de travaux de développement et d’exploitation dont l’objectif est la récupération et la valorisation des hydrocarbures dans le champ de Zarzaitine.

Ces affirmations sont de purs mensonges, a pu constater Algérie Part au cours de ses investigations. Et pour cause, le gisement de Zarzaïtine est l’un des plus anciens gisements d’hydrocarbures du pays. Il a été découvert en janvier 1958 et son exploitation remonte à l’époque du colonialisme français. Il se trouve à quelques 35 kms au nord Est de In Amenas vers la frontière algéro-Lybienne. En vérité, l’association Sonatrach/Sinopec existe depuis 2003 et avait pour objectif l’augmentation du taux de récupération du champs de Zarzaitine qui était exploité pendant de longues années par Sonatrach uniquement avec ses propres fonds et unités d’exploration.

Selon nos investigations, la production du gisement de Zarzaïtine était nettement meilleure avant l’arrivée de l’associé chinois Sinopec. Ce partenaire chinois n’a apporté aucune valeur ajoutée à ce projet d’hydrocarbures, bien au contraire, l’exploitation de ce gisement  subit de nombreux dysfonctionnements depuis l’arrivée de SINOPEC. Preuve en est, le champ avait été fermé pendant une année et demie sur décision de l’agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) suite à l’arrêt total de la station de compression composée de trois turbo-compresseurs pour la récupération des gaz associés qui étaient totalement torchés à l’atmosphère pendant des années par SINOPEC.

Pendant 20 ans, les résultats de l’association de Sonatrach avec le chinois SINOPEC ont été très médiocres et aucune augmentation du taux de récupération des hydrocarbures de ce gisement n’a été enregistré alors que les exigences contractuelles avaient été révisées à la baisse par Sonatrach vers 2013. Nous avons pu confirmer au cours de nos investigations qu’aucun investissement significatif n’a été réalisé par SINOPC durant toute cette longue période.

Et au lieu d’accepter l’expiration du contrat en 2023 pour que Sonatrach puisse récupérer l’exploitation intégrale de ce vieux gisement ou bien se lancer à la recherche d’un autre partenaire étranger beaucoup plus crédible et efficace, la Direction actuelle de Sonatrach a opté pour la formule du gré à gré avec la concrétisation d’un nouveau contrat en basculant sur les modalités de la nouvelle loi sur les hydrocarbures ratifiée et adoptée depuis 2019.

Celle-ci offre que des avantages inouïs pour le chinois Siponec alors que ce partenaire est défaillant pendant 20 ans. Malgré ce bilan chaotique, ce partenaire chinois encombrant va  bénéficier désormais d’une fiscalité pétrolière avantageuse au détriment du Trésor Public de notre pays puisqu’il va perdre au moins 20 % des recettes fiscales prélevées. Le niveau de taxation des revenus provenant des activités de SINOPC passera en Algérie de 85 % à 65 %. Mais SINOPEC bénéficiera notamment de la formule de partage production au lieu d’une rémunération en fonction de l’exigence de niveau de production à réaliser qu’elle n’avait jamais pu réaliser depuis 20 ans.

Pour rappel, la nouvelle loi sur les hydrocarbures 2019 ne concerne pas en principe les anciens champs en production dont les association avec les partenaires étrangers ont été conclues avec les anciennes lois mais concerne plutôt les nouveaux gisements ou bien les gisements qui ne sont pas encore mis en production depuis 2013. Le traitement de faveur accordé par le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, et ses plus proches collaborateurs à SINOPEC a intrigué tous les experts du secteur des hydrocarbures en Algérie. Il démontre une volonté manifeste de privilégier les intérêts mercantiles et directs de cet opérateur chinois et confirme les révélations récentes d’Algérie Part concernant les tenants et aboutissants d’une mainmise des sociétés chinoises les plus controversées sur les gisements pétroliers ou gaziers du pays.

C’est une violation pure et simple des intérêts suprêmes de l’Algérie. La Présidence de la République est-elle consciente de l’ampleur de ces pratiques scandaleuses ? Abdelmadjid Tebboune va-t-il rester indifférent face à cet énième scandale dans le seul secteur qui garantit à notre pays plus de 96 % de nos recettes en devises ?