Présidence de la République, Ministère de la Défense Nationale, les Moudjahidines ou Premier-ministère explosent leurs budgets 2022 grâce aux nouveaux revenus des hydrocarbures

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Les nouveaux revenus gagnés par l’Algérie grâce aux augmentations des cours mondiaux des hydrocarbures vont beaucoup profiter aux institutions les plus névralgiques du pouvoir algérien. Présidence de la République, ministère de la Défense nationale, ministère des Moudjahidines ou Premier-ministère, plusieurs institutions de l’Etat algérien ont décidé d' »exploser » leurs budgets en profitant des nouvelles dotations budgétaires financées grâce aux nouveaux revenus des exportations du pétrole et du gaz.  La loi de finances complémentaire pour l’année 2022 confirme cette tendance « budgétivore » qui soulève de nombreuses interrogations sur le bien-fondé et l’utilité de toutes ces nouvelles dépenses publiques qui pèseront sur les finances du pays.

Signée le 3 août dernier par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la nouvelle loi de finances complémentaire pour 2022 a été publiée au Journal officiel (JO) n 53. Et elle nous apprend d’ores et déjà que les nouveaux revenus tirés des exportations du pétrole et du gaz vont d’abord et avant tout profiter aux institutions les plus influentes du pouvoir algérien.

A titre d’exemple, le Palais Présidentiel d’El-Mouradia, à savoir la Présidence de la République, va terminer l’année 2022 avec un budget dépassant les 20,1 milliards de Da, à savoir l’équivalent de 140 millions de dollars USD ! C’est un budget historiquement élevé et jamais égalé dans l’histoire de l’Algérie et ce depuis l’indépendance du pays. Ce budget colossal fait de la Présidence algérienne l’une des présidences les plus dépensières du monde.

A titre de comparaison, le budget de la Présidence française, ce qui est appelé communément l’Elysée est depuis 2020 de 106,8 millions d’euros. En 2021, les dépenses de la Présidence française se sont élevées à 107 millions d’euros. En clair, en 2022, la Présidence algérienne va dépenser beaucoup plus d’argent que l’Elysée, à savoir la Présidence de l’une des 10 puissances mondiales les plus riches et les plus prospères !

Le train de vie de la Présidence algérienne se rapproche, et ressemble, de plus en plus à celui de la Présidence turque dirigée par le controversé d’Erdogan qui estimé depuis 2020 à l’équivalent de plus de 200 millions de dollars USD. Cependant, la Turquie est un pays nettement plus puissant et riche que l’Algérie. Le Produit Intérieur Brut (PIB) de la Turquie est de plus de 720 milliards de dollars USD alors que celui de l’Algérie est d’à peine 163 milliards de dollars USD.

Il n’y a pas que la Présidence de la République qui va s’offrir un budget colossal pour le deuxième semestre de l’année 2022. Le Premier-ministère a augmenté considérablement son budget qui a tout bonnement doublé puisqu’il passe de de 4,5 milliards de Da à 9,3 milliards de Da, soit l’équivalent de 64 millions de dollars USD.

Le ministère de la Défense Nationale bénéficie, quant à lui, d’une légère augmentation budgétaire puisque ses dépenses passent de 1300 milliards de Da à  1310 milliards de Da, à savoir l’équivalent de plus de 9 milliards de dollars USD. Le ministère des Moudjahidines et ayants droit est l’autre département ministériel qui sort largement gagnant de ces nouvelles augmentations budgétaires débloquées par l’Etat algérien à la suite de l’engrangement des nouveaux revenus en devises provenant des exportations des hydrocarbures. Il faut noter à ce propos que les revenus provenant de la fiscalité pétrolière devront passer à 3211,92 mds DZD, soit l’équivalent de  22,2 milliards de dollars USD, contre 2103,90 mds DZD prévus initialement au début de l’année 2022.

Les Moudjahidines termineront ainsi l’année 2022 en bénéficiant d’un budget qui passe de 232 milliards de Da jusqu’à 234 milliards de Da, soit l’équivalent de 1,6 milliard de dollars USD.  Ces nouvelles augmentations des dépenses de fonctionnement des institutions et ministères du gouvernement algérien ne manqueront pas de susciter des polémiques sur la légitimité de ces nouvelles dépenses alors que l’Algérie est plombée encore et toujours par une faible croissance économique et énormément de problèmes sociaux.