Près de 1,2 million de compétences algériennes au chômage et sans perspectives socio-professionnelles

0
507

Au moment où l’Algérie a cruellement besoin de ses enfants les plus compétents et qualifiés pour assurer son développement, le chômage et la précarité sociale frappent de plein fouet les catégories les plus prestigieuses du marché du travail, à savoir les cadres hautement qualifiés, cadres supérieurs ou les techniciens supérieurs. 

Près de 1,2 million de ces actifs qualifiés sont au chômage en Algérie depuis la fin du mois de mai 2022, nous apprennent ainsi les statistiques récemment actualisées des services de l’Agence Nationale de l’Emploi (ANEM), l’organisme responsable du service public de l’emploi en Algérie. Cette catégorie de travailleurs réputés pour leurs compétences professionnelles représentent jusqu’à 24 % de l’ensemble de la population des chômeurs en Algérie. Ce qui représente un seuil alarmant et intriguant pour un pays en voie de développement qui a besoin de ces compétences pour rattraper son retard industriel et économique dans plusieurs secteurs stratégiques.

Les statistiques de l’ANEM nous apprennent encore que 904 323 cadres et cadres supérieurs recherchent activement un emploi. 180 977 techniciens supérieurs sont également au chômage depuis fin mai 2022 et pas moins de 70 652 personnes hautement qualifiés, à savoir des ingénieurs et ouvriers spécialisés dans des métiers techniquement complexes, sont aussi au chômage et enregistrés au niveau des services de l’ANEM ainsi que ses diverses annexes locales.

Le chômage de ces catégories de travailleurs est un signal dangereux pour l’économie algérienne. C’est le reflet d’une panne économique généralisée car en l’absence d’une véritable croissance économique, l’Algérie peine à faire travailler ses compétences dans les secteurs les plus productifs de richesses ou de valeur ajoutée. Les cadres et compétences les plus qualifiées paient ainsi un lourd tribut au chômage à cause de la récession économique nationale. Ces compétences nationales risquent ainsi de souffrir pendant longtemps de l’absence de perspectives socio-professionnelles sur le marché de l’emploi.