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mercredi, février 1, 2023

Pourquoi un deuxième tour de l’élection présidentielle est très peu probable et Tebboune largement avantagé par l’administration algérienne

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Encore une fois, les algériens devront se serrer un peu plus la ceinture pour faire face à une série de mesures, décidées par le gouvernement Bedoui, pour limiter le déficit budgétaire qui s’établira à près de -2400 Milliards de Dinars en 2020 !

Adoptée par le gouvernement le 13 Octobre 2019, le projet de loi des finances 2020 viendra en effet accentuer la pression financière sur la population, par l’entremise de nombreuses taxes telle la TVA, qui se verra par exemple augmentée d’un point, passant de 19 à 20%, mais également d’autres charges fiscales qui touchent le tabac, les billets de transports aériens, maritimes et le patrimoine,

Et si l’autorisation d’importation de véhicules d’occasion fait préalablement le bonheur des petites bourses, cette mesure sera accompagnée de plusieurs taxes dont l’assurance auto, Taxe sur intérieure de consommation qui passera de 30 à 60%, et une taxe qui concernera les non-résidents, charge qu’il faut rappeler, contrevient au sacro-saint principe de l’égalité des citoyens devant l’impôt.

Par ailleurs, nos compatriotes, éternelles victimes collatérales de l’administration, se verront certainement répercuter plusieurs autres taxes, telle la taxe de solidarité exigée sur les importations, qui augmentera de 1 % supplémentaires pour passer à 2%.

Aussi, si les élections présidentielles du 12 Décembre 2019, ne souffrent pas d’un nouveau report et se tiennent dans les délais initiés par l’Armée, ces élections tendraient forcément vers un scrutin uninominal à un tour et à la consécration d’un candidat qui devra obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. Car un second tour est techniquement impossible.

En effet, le prochain locataire d’El Mouradia, convaincu ou pas, doit obligatoirement ratifier la loi de Finances avant la fin de l’année, au risque de mettre en péril le fonctionnement de l’Armée, de l’Enseignement et toutes les institutions budgétivores du pays.

Un second tour est inenvisageable car il déborderait forcément sur l’année 2020.

En effet, avant de proclamer les résultats des élections, le conseil constitutionnel devra examiner les rapports émanant de ses délégués et statuer sur les réclamations formulées par les candidats, les électeurs ou le Wali concernant les irrégularités qui auraient pu être commises dans un bureau de vote ou sur l’ensemble des opérations électorales. Et cela lui prendra au minimum une semaine.

Puis une fois arrêtés les résultats du premier tour, il désignera deux candidats pour le second tour des élections présidentielles qui doivent avoir lieu quinze jours après la proclamation des résultats du premier tour. Donc en Janvier 2020…

A la peur de voir le prochain scrutin présidentiel à nouveau abandonné et compromettre les promesses de sortie de crise, l’Armée et le gouvernement, qui ne se risqueront pas sur une voie qui les mènerait à essuyer un nouveau camouflet planétaire, synonyme de disparition définitive de cette classe de dirigeants incapables et l’effondrement de ce régime d’incompétences, devront redoubler d’ingéniosité pour réussir le vote du 12 Décembre à même de sauvegarder leurs privilèges.

Dans une conférence tenue il y a quelques jours à Paris, le politologue et professeur Belaid Abane affirmait que la crise que traverse l’Algérie trouve ses causes dans l’essence de l’Etat algérien, et dans le fait que le militaire avait très tôt primé sur le politique.

Toujours selon lui, le conflit actuel émane de l’Armée algérienne qui tient à appliquer la constitution pour se diriger vers des élections présidentielles, à contre-courant des aspirations des algériens ne souhaitant pas d’une élection de façade et imposée par un régime qui a orienté l’Algérie vers une faillite multidimensionnelle.

Il a par ailleurs affirmé que le système, qui est rentré dans une forme d’autoritarisme d’un autre temps, doit s’ouvrir à l’écoute et accepter de s’adapter aux aspirations démocratiques et modernistes tout en ajoutant que le peuple se sent renforcé dans sa démarche et ses revendications par l’attitude rigide de l’armée.

Toutefois, il se démarque de la tendance générale et déclare que l’armée constitue une donnée incontournable et qu’il faudra compter avec elle dans les négociations sur un projet de société. Pour lui, il est impératif d’associer l’armée à la discussion.

L’armée doit, toujours selon lui, prendre connaissance que sa démarche rigide met le Pays en danger. Aussi, dit-il, l’Armée devrait revoir sa feuille de route actuelle et aller vers un dénouement paisible et honorable pour le haut du haut commandement de l’ANP.

Aussi et afin d’en arriver coûte que coûte à ses fins, l’Administration a été mise à contribution pour permettre qu’un seul et unique candidat, Tebboune selon nos informations, puisse émerger et être élu haut la main avec une majorité absolue dès le premier tour. C’est là leur dernière carte !

Beaucoup d’entre nous ont vu ces dernières heures, à travers les réseaux sociaux, les scandaleux contrôles et vérifications de façade, concernant les formulaires de parrainages (istimarates) des candidats à la magistrature suprême.

‘’ On se serait cru assister à une bien mauvaise pièce de théâtre dans un piètre registre tragi-comique.’’ Résume un journaliste de la rédaction d’un journal partenaire.

Mais ce n’est là que la partie visible de l’iceberg étant donné que peu d’entre nous savent que les Entreprises Nationales ont été, elles aussi, sollicitées par les pouvoirs politiques de tutelles pour participer à la mise en place de cette vaste mystification démocratique.

En effet, en ce mois d’Octobre 2019 et comme à la veille de chaque échéance électorale depuis 20 ans, l’Entreprise Publique Naftal, filiale à 100% du géant Sonatrach, a demandé au personnel de ses unités de faire parvenir à leur direction, les copies de l’extrait de Naissance S12 et une copie de la carte d’identité biométrique.

 

 

Si l’issue à ce conflit, qui oppose le peuple algérien et l’armée, parait incertaine, il y a lieu de souligner que des solutions existent.

L’homme politique Ali Benouari, qui est intervenu lors de la même conférence aux cotés du Professeur Belaid Abane, estime qu’il est nécessaire d’aller vers des présidentielles, mais avec des préalables et la mise en place d’un Directoire de compétences nationales souverain, idée qu’il partage d’ailleurs avec le Pr Belaid Abane.

Pour lui, l’Etat Major de l’Armée devra être contraint par la pression populaire à s’asseoir à la table des négociations et proposer des personnes compétentes acceptées par le peuple, qui prendront la tête du Directoire et prépareront les conditions à des présidentielles réellement indépendantes.

Si une majorité d’Algériens reste opposée à une élection présidentielle dans les conditions actuelles, une partie d’entre eux s’y résigne pourtant, dans la perspective d’une crise économique à venir et pour des raisons évidentes de stabilité.

Quoiqu’il en soit, il y a ceux qui ont décidé de participer à cette théâtralisation loufoque de la vie politique, à une comédie d’intrigues peu amusante et tout aussi désuète que mortifère, alors que d’autres, plus nombreux et plus déterminés, se sont résolus à réécrire tous les actes de la pièce pour une œuvre plus juste et plus moderne.

L’Histoire regorge d’exemples de dictateurs et de despotes balayés par l’inexorable aspirations des peuples à la liberté et à la démocratie.

Les générations futures définiront sûrement l’action de ceux qui veulent actuellement priver le peuple algérien du désir commun de pourvoir à la prospérité, comme le « mal absolu », au même titre que l’action de Bouteflika et ses supports depuis ces vingt dernières années.

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