Plus de 81 morts et 425 disparus : les routes maritimes qui relient l’Algérie à l’Espagne, un cimetière en mer pour les Harragas algériens

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Les routes maritimes empruntées par les Harragas algériens pour relier le sud de l’Espagne sont en train de se transformer en un cimetière en mer, avertissent de nombreuses ONG espagnoles et organisations internationales. A la suite du terrible drame qui a englouti près de 50 vies de Harragas algériens entre le 17 et 18 septembre dernier, ces routes maritimes reliant l’Algérie à l’Espagne sont devenues un sujet de préoccupation majeure car depuis le début de 2021, c’est une véritable hécatombe à laquelle les autorités espagnoles sont en train d’y assister. 

D’abord, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a tiré la sonnette d’alarme depuis la mi-août dernier. La route migratoire qui relie l’Algérie aux côtes d’Almeria, Murcie, Alicante et les îles Baléares au sud de l’Espagne « est actuellement la plus active, après celle des îles Canaries », a estimé ainsi l’OIM. Jusqu’à la mi-août, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait enregistré 81 morts et disparus sur cette route, sur un total de 425 migrants portés encore disparus. Ces migrants morts ou disparus tentaient de rejoindre les côtes espagnoles depuis les côtes algériennes de la wilaya de Mostaganem, Oran ou Tlemcen au niveau de Ghazaouat.

Plusieurs ONG espagnoles affirment que la majorité extrême de ces morts et personnes portées disparues sont des ressortissants algériens. L’Algérie est devenue ainsi parmi les principaux exportateurs de malheurs et de désolation depuis les rives sud de la Méditerranée vers les rives nords de l’Europe, à savoir les côtes espagnoles.

De son côté, l’Asociación Pro Derechos Humanos de Andalucía (APDHA), une association de défense des droits de l’homme qui opère en Andalousie, a lancé également un véritable cri de détresse en présentant son rapport sur la situation de l’immigration irrégulière en 2020.  L’année dernière, au moins 1 717 personnes ont perdu la vie en tentant une dangereuse traversée de la Méditerranée pour atteindre l’Espagne. C’est le chiffre le plus élevé depuis de très nombreuses. Parmi ces morts, au moins 55 ressortissants algériens ont pu être identifiés grâce aux analyses effectuées sur les cadavres récupérées par les unités d’intervention des gardes-côtes espagnols.

C’est dire que cette année, à savoir 2021, le nombre des morts des Harragas algériens a d’ores et déjà dépassé le seuil atteint auparavant en 2020. La tragédie des Harragas algériens s’aggravent à la lumière de la forte détérioration des conditions de vie et de l’appauvrissement accéléré de la population algérienne. Les bilans alarmants des ONG espagnoles comme ceux de l’OIM témoignent enfin de l’impact préjudiciable de des fortes tensions politiques qui caractérisent l’Algérie depuis le début 2021. La répression massive, les incarcérations arbitraires, les poussées autoritaires du pouvoir algérien incitent plus que jamais les jeunes algériens à fuir leur pays en quête de dignité, de liberté et d’une vie meilleur sous les cieux européens. Malheureusement, au péril de leur vie et en laissant derrière eux des familles endeuillées pour toujours.

 

3 COMMENTS

  1. La répression massive, les incarcérations arbitraires, les poussées autoritaires du pouvoir algérien incident plus que jamais les jeunes algériens à fuir leur pays en quête de dignité, de liberté et d’une vie meilleur sous les cieux européens. 

    DONC TANT QUE LA JUNTE TIENT LE POUVOIR, L’EUROPE ET SURTOUT LA FRANCE DOIT SE PRÉPARER A RECEVOIR DES CENTAINES DE MILLIERS D’ALGERIENS. QUE VA FAIRE MACRON FACE A CETTE DONNÉE A 8 MOIS DE LA PRESIDENCIELLE FRANÇAISE ?

  2. La France et la junte sont en passe d’instaurer une diplomatie « Ping-Pong » avec les pauvres harragas !
    Ces deux entités ont reçu pour héritage de faire suer le burnous au peuple algérien et ce, depuis 1830 !!!!!
    Ne disait-on pas « qu’un français m’a agressé et je dois me plaindre auprès de son frère » !
    Alors, la boucle est boulée. Souffres et tais toi…, si…