Plus de 250 cliniques privées d’hémodialyse risquent la faillite en Algérie et 25 000 malades livrés à leur sort

Plus de 250 cliniques privées d’hémodialyse vivent une situation financière désastreuse et risquent de faire faillite en raison des charges très élevées et des déficits qui se creusent d’un mois à un autre faute d’une politique de remboursement de la Caisse Nationale de l’Assurance Sociale (CNAS) qui refuse de revoir ses tarifs en les adaptant à la nouvelle réalité économique du pays qui a émergé depuis la pandémie de la COVID-19 et ses effets désastreux sur le secteur privé algérien.

Selon nos investigations, l’Association nationale des propriétaires de clinique d’hémodialyse a saisi officiellement le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, pour lui exposer les graves financiers qui menacent les cliniques privées au risque de mettre en péril la prise en charge médicale de plus de 25 mille patients recensés sur l’ensemble du territoire national. Dans un courrier datant du 3 janvier 2021, cette association avait mis en garde contre les conséquences de l’inadéquation des clauses de la convention-type régissant la coopération entre les organismes de la CNAS et les cliniques privées d’hémodialyse.

Les prix de plusieurs médicaments et équipements indispensables à la prise en charge des hémodialysés à l’image du Lovenox, un médicament qui empêchant les caillots sanguins existants de grossir et de les empêcher nuire à la santé humaine, dont les prix sont passés de 320 DA la boite à 742 DA. En plus, ce médicament est en rupture de stock en Algérie. Plusieurs autres consommables ont fait l’objet d’une vertigineuse augmentation des prix depuis 2020 à cause de l’effondrement de la valeur du dinar algérien et des augmentations des coûts de production à l’étranger.

Les cliniques privées en Algérie font face également à la hausse de leurs charges, loyers, factures d’eau et d’électricité ce qui les contraint à souhaiter une augmentation de leurs tarifs proposés aux patients. Mais sans l’aval de la CNAS qui doit prendre en charge le remboursement de ses soins lourds, il n’est passible de procéder à cette révision des tarifs. Depuis début 2021, les autorités algériennes n’ont pas pris en compte le cri de détresse des cliniques privées dont certaines ont commencé d’ores et déjà à déposer leurs bilans et préparer leur fermeture abandonnant ainsi à leur sort des patients désorientés face à cette crise inédite.