Plus de 1,2 million d’euros de bourses d’études seront dépensées en 2021 en Algérie dans une totale opacité

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L’Algérie va financer en 2021 des bourses d’études et formations à l’étranger à hauteur de 180 millions de Da, à savoir l’équivalent de 1,2 millions d’euros. Or, ce budget sera réparti dans une totale opacité sans aucune traçabilité, a constaté Algérie Part au cours de ses investigations. 

Ce budget a été accordé au ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique qui doit l’intégrer au chapitre de l’action culturelle et éducative de l’année 202, a-t-on constaté ainsi lorsque nous décortiquons la répartition des crédits ouverts au titre du budget de fonctionnement de 2021 de l’Etat algérien, décidée dans le cadre des comptes financiers approuvés par la Loi de Finances de 2021.

Force est également de constater que ce budget sera géré sans aucune transparence puisqu’il n’y a aucun critère précis qui a été établi pour expliciter les catégories qui vont profiter de ces bourses et formations à l’étranger. S’agit-il d’étudiants méritants ? D’enseignants ou de chercheurs expérimentés ? Ces bourses seront-elles offertes à la suite de concours scientifiques ouverts à tous les publics universitaires ? Quelle est la commission qui sera chargée de l’attribution de ces bourses d’études ? Aucune réponse à ces questions n’est fournie par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.

Ce département ministériel a toujours entretenu le flou et le mystère autour de l’attribution des bourses à l’étranger. De nombreux dirigeants algériens ont permis à leurs enfants de profiter de ces bourses financés par l’argent public. La liste des fils et filles des hauts responsables ayant profité de ces bourses d’études pendant ces dernières années est longue, très longue.

Officiellement, ces bourses sont gérées par la Direction de la coopération et des échanges inter-universitaires, organisme du ministère de l’Enseignement supérieur, qui gère l’attribution des bourses pour la poursuite des études à l’étranger. Officiellement, un “concours annuel est organisé à Alger, Oran et Constantine” est organisé pour sélectionner les étudiants devant aller étudier à l’étranger. En général, ces concours sont organisés au printemps. Entre 50 et 60 bourses sont normalement officiellement octroyées. A noter que le nombre a beaucoup baissé comparativement aux années 70 et 80. Les étudiants sélectionnés s’envoleront pour “la Jordanie, la Chine, la France et l’Angleterre”. D’après la réglementation universitaire algérienne, “il faut être major de promotion dans son université et sa filière pour candidater à une bourse d’étude et les filières techniques et scientifiques sont les plus privilégiées”.

Il est à souligner qu’en Algérie, il n’y a pas que le ministère de l’Enseignement Supérieur qui accorde ses bourses d’études à l’étranger. Sonatrach en accorde aussi pour suivre des cursus à Nice, Aix-en-Provence et Paris en France ainsi que Londres en Angleterre. Mais qui peut bénéficier de ces bourses et quels sont les critères de sélection ? A Sonatrach, personne ne souhaite parler de ce sujet. L’opacité perdure depuis des années. Au ministère des Affaires Etrangères, un système de bourses existe aussi pour les enfants des diplomates en poste. Mais comment fonctionne-t-il ? Là encore, motus et bouche cousue. Les bourses d’études à l’étranger demeure encore un véritable sujet tabou en Algérie.

 

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