Plaintes contre le régime algérien rejetées par l’ONU : comment l’APS a produit une FAKE News pour manipuler les Algériens

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Algérie Part a pu prouver aujourd’hui jeudi 3 septembre que l’information rapportée dans une dépêche de l’APS indiquant que le Bureau des Contentieux de l’ONU à Genève avait rejeté des plaintes contre le régime algérien est une sinistre Fake News. 

Ce jeudi matin, Algérie Part a pris attache avec Marta Hurtado, la porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme à Genève, qui a réagi sans aucun faux-fuyant aux informations controversées diffusées mardi dernier par l’agence de presse étatique algérienne, l’APS. Marta Hurtado a démenti catégoriquement les informations rapportées et diffusées par l’APS tout en exprimant son étonnement face à cette dépêche de l’APS qui a été reprise massivement par tous les médias algériens.

« Faux, nous n’avons rejeté aucune plainte contre les autorités algériennes à notre niveau », a indiqué à ce propos Marta Hurtado dans une déclaration à Algérie Part. “Nous avons reçu effectivement deux plaintes déposées contre les autorités algériennes concernant les violations des droits de l’homme en Algérie notamment l’emprisonnement arbitraire de nombreux journalistes et activistes politiques qui ont usé de leurs droits à la liberté d’expression”, a confié encore Marta Hurtado en expliquant que « le traitement de ces plaintes est toujours en cours et les autorités algériennes seront prochainement contactées par nos services pour recueillir leurs explications”.

Les propos de Marta Hurtado démontrent clairement que l’information rapportée par l’APS est totalement infondée. Nous encore approfondi davantage nos recherches jeudi après-midi en prenant attache avec la radio Monte Carlo Doualiya (MCD) qui est citée comme étant la seule source de l’information rapportée mardi dernier par l’APS.

En effet, l’APS cite comme source dans sa dépêche controversée les déclarations qui auraient été faites par un haut responsable égyptien, à savoir un certain Issam Al Muhammadi, de l’ONU sur les ondes de la Radio Monte Carlo internationale. Cette radio est affiliée au groupe France Médias Monde qui supervise l’audiovisuel extérieur de la France à l’image de la chaîne de télévision France 24. Son siège est basée à Paris et plus exactement à Issy-les-Moulineaux.

Nous avons contacté le service information de la radio MCD dont la réponse fut cinglante et très claire : « si vous ne trouvez pas cette information dans nos émissions, cela signifie qu’il s’agit d’un pur mensonge », a expliqué à Algérie Part un responsable de cette radio panarabes devenue depuis 2012 une filiale de la société nationale de programme France Médias Monde. « Toutes nos émissions sont disponibles sur notre site internet en podcast. Il suffit juste de vérifier pour vous rendre compte si les propos de ce responsable égyptien sont réellement fondés », assure encore une fois notre interlocuteur.

Justement, sur le site internet de MCD, il n’y a pas la moindre trace des déclarations fracassantes d’un certain Issam Al Muhammadi. Aucune émission n’a été enregistrée ou diffusée par MCD rapportant les propos de ce monsieur sur les plaintes contre le régime algérien rejetées par l’ONU.

Pis encore, monsieur Issam AL Muhammadi n’a aucune existence au sein de l’organigramme de l’ONU ! Nous avons effectivement procédé à toutes les vérifications possibles et imagines auprès de l’office des Nations-Unies à Genève. Ni Marta Hurtado ni aucun fonctionnaire de l’ONU à Genève ne connait ce monsieur Issam Al Muhammadi. Il n’y a pas la moindre trace de l’existence d’un fonctionnaire de l’ONU prénommé Issam Al Muhammadi.

D’autre part, l’organisme cité par l’APS, le Bureau des Contentieux de l’ONU à Genève n’existe pas aussi au sein de l’organigramme officiel de l’office des Nations-Unies. L’ONU est dotée d’une instance officiellement appelée le Tribunal du contentieux administratif des Nations Unies. Il ne s’agit nullement d’un « Bureau des Contentieux ».

Le Tribunal du contentieux administratif des Nations Unies est la juridiction à laquelle peut s’adresser tout fonctionnaire de l’Organisation des Nations Unies pour contester la décision administrative prise par une entité relevant de sa compétence, lorsqu’il estime qu’elle emporte violation de ses droits. Le Tribunal est entré en activité en 2009, dans le cadre du nouveau système interne d’administration de la justice alors instauré par l’Assemblée générale.

Il est considéré comme la juridiction de première instance du système de justice interne à deux niveaux parce que c’est à lui que doivent d’abord s’adresser les fonctionnaires anciens et en activité. Le Tribunal d’appel des Nations Unies est quant à lui considéré comme la « seconde instance ». Le Tribunal compte neuf juges professionnels permanents, soit trois juges à temps complet (un à Genève, un à Nairobi et un à New York) et six juges à mi temps. Les juges à mi-temps sont déployés pour une durée de 6 mois au maximum, si les affaires inscrites au rôle le justifient et en cas d’absence ayant des conséquences sur l’avancée des travaux du Tribunal. Le Président du Tribunal, après consultation avec le Greffier en chef, décide tous les trois mois du déploiement de juges à mi-temps et de leur lieu de déploiement le cas échéant.

Les juges du Tribunal du contentieux administratif sont nommés pour un mandat unique non renouvelable de sept ans. Les affaires portées devant le Tribunal sont instruites par un juge siégeant seul à moins d’être particulièrement complexes ou importantes, auquel cas un collège de trois juges peut être constitué.

Le Tribunal fonctionne à plein temps et est appuyé par un greffe distinct dans chacune des villes de New York, Genève et Nairobi, où il dispose d’une salle d’audience. Cette instance n’a aucun lien avec le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. Ce tribunal n’est nullement habilité pour s’exprimer sur des plaintes déposées au niveau de l’ONU contre les Etats accusés de violations flagrantes des droits de l’homme.

En guise de conclusion, on peut aisément affirmer que l’APS a inventé de toutes pièces une FAKE NEWS abominable et totalement absurde. Que va faire maintenant le ministre de la Communication Amar Belhimer habitué aux leçons de déontologie qu’il inflige quotidiennement à la presse nationale et internationale ?