Personnes âgées abandonnées, femmes victimes de violences : les dépenses dérisoires allouées par l’Etat algérien pour les personnes fragiles

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Le gouvernement algérien vient de débloquer un budget de plus de 673 millions de Da, à savoir l’équivalent de 4,7 millions de dollars USD, pour prendre en charge les besoins et tenter de soulager les souffrances des personnes les plus fragiles de la société algérienne à l’image des femmes victimes de violences ou des personnes âgées abandonnées à leur triste sort par leurs proches. Or, il s’avère que ce budget demeure dérisoire par rapport aux besoins de ces catégories les plus nécessiteuses de notre société. 

Il faut savoir, à titre d’exemple, que l’Algérie compte au moins 33 centres pour personnes âgées et 7 Diar Errahma. Or, pour assurer le bon fonctionnement de ces établissements, le ministère de la Solidarité Nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme, a attribué depuis ce mois d’octobre 2022 une subvention publique de 6,6 millions de Da, soit même pas 47 mille dollars USD.

Le centre national d’accueil pour les jeunes filles et femmes victimes de violence et en situation de détresse de Bousmail va bénéficier d’une subvention de 400 mille Da, soit l’équivalent de moins de 3 mille dollars USD ! De son côté, le centre national d’accueil pour jeunes filles et femmes victimes de violence et en situation de détresse de Mostaganem va bénéficier d’une subvention de 1,2 million de Da alors que le centre national d’accueil pour jeunes filles et femmes victimes de violence et en situation de détresse de Annaba jouira d’une subvention de… 400 mille Da.

Force est de constater que ces subventions sont ridicules au regard de l’ampleur de plus en plus inquiétante des fléaux sociaux touchant de plein fouet les algériennes victimes de diverses violences ou les personnes âgées privées de foyers.  Le développement de la croissance démographique d’une moyenne d’un million d’habitant/an, ainsi que la crise financière que traverse le pays, provoquent l’aggravation des problèmes sociaux sur l’ensemble du territoire algérien. Et la fragilité de certaines catégories de la population nécessite une attention particulière. C’est pour cette raison que des voix appellent depuis 2019 au lancement d’une réflexion avec les autres ministères du gouvernement autour de l’élaboration d’une planification familiale à même de permettre aux pouvoirs publics de mettre sur pied une stratégie future pour rationaliser les dépenses et gérer directement les départements concernés, à l’image de la Santé, de l’Education et la formation. En l’absence d’une telle réflexion, les souffrances des personnes les plus fragiles face aux violences sociales de notre pays seront malheureusement négligées.